‹ Les sources de l'argot ancienChapitre 78 sur 157 · Un voleur convie sa sœur au baptême de son fils · texte numérisé non relu

Un voleur convie sa sœur au baptême de son fils

Frangine d'altèque,

Je mets l'arguemine à la barbue, pour te bonnir que ma largue aboule de momir un momignard d'altèque, qu'on trimbalera à la chique à six plombes et mèche, pour que le ratichon maquille son truc de la morgane et de la lance ; ensuite on renquillera dans la taule à mézigue pour refaite! gourdement et chenument pavillonncr et picter du pivois sans lance.

Chenu sorgue ; roupille sans taffe.

Tout à tézigue,

Ton frangin.

LETTRES ARGOTIQUES IQ I

3. Un voleur apprend à son frère et à sa sœur qu'il vient d'être arrêté :

Frangin et frangine,

Je pésigne le pivot pour vous bonnir que mézigue vient d'être servi inaron à la lègre de Canelle ; j'avais balancé la bogue que j'avais fourliné, et je ne litrais que nibergue en valades ; mais des parrains aboulés dans le burlin du quartd'œil m'ont remouché et ont bonni qu'ils reconobraient ma frime pour l'avoir allumée sur la placarde du fourmilion, au moment du grinchissage. Je n'ai pas coque mon centre de tafle du ravignolé ; ainsi si vouzailles brodez à mézigue, il faut balancer la lazagne au centre de Jean-Louis Laurent, au Castuc de Canelle.

Le curieux a servi ma bille, mais j'ai balancé mes escraches.

l\. Un voleur raconte l'exécution d'un camarade :

En enquillant dans la vergne d'Amélie, pastiquant sur la placarde, j'ai rembroqué un abadis du raboin, en balançant mes chasses j'ai remouché la béquille et la cognade à gayet servant letrèpe pour laisser abouler une roulotte farguée d'un ratichon, de chariot et de son larbin, et d'un garçon de cambrouze que j'ai reconobré pour le Petit Nantais : il rigolait malgré le sanglier qui voulait lui faire remoucher et bécoter Hariadan Barberousse. J'ai prêté loche pour entraver le boniment du garçon qu'on allait brancher, etc., etc.

5. Voici maintenant une note trouvée dans les papiers de l'un des complices de Sallambier, chauffeur des provinces du \ord, exécuté à Bruges il y a déjà plusieurs années :

Un suage à maquiller la sorgue dans la toile du ratichon du pacquelin, on peut enquillcr par la venterne de la cambriolle de la larbinc qui n'y pionce quelpoiquc, elle roupille dans le pieu du raze, on peut les pésigner et les tourtouser en leur

I<p DOCUMENTS JARGONNESQUES

bonnissant qu'ils seront escarpés s'il y a du criblage, on peut aussi leur faire remoucher les bayafes : alors le taffetas les fera dévider et tortiller la planque où est le carie ; le vioque a des flaculs pleins de bille ; s'il va à Niort, il faut lui riffauder les paturons.

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