La lettre suivante peut servir de réponse à cette note
Nous voulons bien maquiller le suage de ton rochet, l'ouvrage nous paraît bon ; mais nous ne pouvons le maquiller qu'à la condition de tout conir : il n'y a que les refroidis qui ne rapliquent nibergue. En goupinant de cette sorte, les parrains seront estourbis ; il sera donc impossible de jamais être marrons. Si tu consens à nous laisser rebâtir le ratichon et sa larbine, nous irons pioncer dans le sabri du rupin de ton villois, à cinquante paturons de la chique de la daronne du mec des mecs : nous ne voulons enquiller chez aucun tapissier, c'est se mettre sur les fonds du baptême : voilà notre dernier mot. Nous attendons ta salade.
7. Dans l'Intérieur des Bagnes par Sers (a* éd., Angers. 1842, p. 4q), on lit une lettre en argot qui « a été trouvée en décousant la doublure d'une veste appartenant à un condamné, mort dernièrement à l'hôpital ». C'est la lettre d'un forçat transporté de Rochefort à Toulon :
De la traverse de Lontou d.
Mon chouette camerluche, me voilà enfin décarié du sein de ce maudit ponton d'amarrage, par la grâce du Mèkc ou du barbet et sans être aquigé, qui nous a trimballé igo après nous avoir secoué pendant quinze reluis au milieu des prés salés.
(. C'est à tort que Larchey (p. xi) attribue cette lettre à l'inspecteur Kabasse, qui n'a fait que la transcrire de V Intérieur de% Uujncs.
LETTRES ARGOTIQUES ÏÇ)'6
Tu m'a bonni avant de décarrer que je te recorde par une lazagne «lu truc dont les artoupans de cette traverse nous ont Dessignés.
Je bonnirai qu'ils nous ont embroqués d'un chasse moustique, attendu que le quart-d'œil de Rochefort nous a rallies la manquesse auprès de son camerluche de cette traverse.
lis gaffiers sont plus moncliiques que lago ; il faut igo ;i\oir le loubion en poigne pour leur jacter ou ils vous bousculenl en véritables artoupans. La cavale est plus difficile que lago : cependant lesmessiers de cambrouze n'ont pas la même chaleur à pessigner les fagots au crompe.
La tortillade est la même pour la quantité, mais le pivois est plus chenu, le larton un peu plus savonné que lago et la batouse à limasse plus chenue aussi. La satonnade roule à balouf; le loc est un bridou de gave qui a une poigne esquintante.
Rien de plus à te bonnir si non que la Fouine, Classique, Escarpe et Crève-Cœur, te rafdent leurs bécots de chouette. Et pour mon arga, crois que je serai jusqu'au moment de caner, ton dévoué
La Hyène.
8. En 1802, dans la banlieue de Paris, on a capturé des malfaiteurs qui pratiquaient d'ordinaire le vol au charriage. Sur l'un d'eux on trouva cette lettre qu'il écrivit à un de ses camarades placés sous la surveillance de la police dans une ville de province (d'après le journal La Patrie, du 2 mars 1802) :
Vieux camaro,
Je ne te conseille pas de casser ta canne pour rappiquer à Paris. Rien à y faire.
La rousse y pousse comme de champignons, et même dans la cambrouse ils viennent vous dénicher. Si tu es un peu tranquille et que tu puisses becqueter, ne décarre pas.
Les Sources de l'Argot Ancien, t. II. 13
10,^ DOCUMENTS JARGONNESQUES
Attends que le bon moment vienne : faut espérer que le démoc cnquillera, et alors tous les trucs seront lombem pour arriver à quelque chose.
Quant à moi, je maquille une afï, après laquelle j'espère me débiner pour m'éloigner de la rousse. Si ça réussit, j'aurai du carme à vioc, et je tâcherai de ne plus travailler et de vivre paisible. Rien de nouveau, sinon que Bonisson et Tafanet sont au plan. Suis mon conseil, je crois que tu t'en trouveras bien.
Tout à toi.