‹ Les sources de l'argot ancienChapitre 80 sur 157 · I. — Un dialogue en argot · texte numérisé non relu

I. — Un dialogue en argot

Les morceaux qui méritent d'être cités, en dehors des documents argotiques proprement dits, sont en très petit nombre, dans la première moitié du xixc siècle, et ils deviennent rarissimes dans sa seconde moitié. Nous reproduisons les suivants que nous ne donnons d'ailleurs qu'à titre secondaire.

Dans un ouvrage1 destiné à faciliter l'intelligence des Mystères de Paris d'Eugène Sue, on lit ce dialogue en argot sur la manière dont la Pègre maquille son truque

i. Dictionnaire complet de l'Argot employé dans les Mystères de Paris. Ouvrage éminemment utile à toute personne honnête, puisqu'il divulgue à la société les mots dont les filous, voleurs, jloueurs, chevaliers d'industrie composent leur conversation. Ouvrage recueilli par M. D. D'après les renseignements donnés par un ex-surveillant de la Roquette et un ancien gardechiourme du bagne de Brest... Paris, s. d. (18/14), in-3a.

pour poissancher les peintres, « dont les voleurs se prennent pour voler les honnêtes gens » (p. 35 à 58) :

— Arçonne ce pantre, remouche si sa filoche est chouette, il est marquant, si tesigue peux le fourliner, je vais te nonner et nous faderons des sigues.

— La trèpe aboule, esbigne-toi et cavale dure.

— Calte, le pantre se réchauffe.

— Remouche donc la bride de cette gonzesse, c'est du jonc.

— Elle doit avoir un bogue, remouche la tournante.

— Cette sorgue j'ai aquigé ma menesse.

— - Ce qui me met à renaud, c'est d'être entiflé de G.

— Mesigue je ne suis qu'engoncé.

— Quand mésigue ne l'aura plus à la bonne, je la balance.

— J'ai le béguin pour une mistonne de G.

— Raplique à la vanterne, rembroque qu'esqu'aboule.

— Veux- tu morfiller de la jaffe ?

— Nous irons, sur le grand trimar escarper un gonse.

— J'ai abloqui des empafs une roue de derrière.

— Mon gonse est au col.

— Rifodons-nous ce satou la go ?

— Le premier qui bonit une lofïitude, je l'aquige.

— Aboule icigo.

— Nibergue, je ne veux pas m'aquiger avec tésigue.

— Je lansquine des chasses, ma frangine est esbasie.

— Ma daronne m'a renaudé, je n'irai plus à la piaule.

— J'ai floué aux brèmes et j'ai paumé du pognon.

— Gamberge la gouline et fonce moi mon fade.

— J'ai poissé la fauf d'un drague, c'est du blancard.

— Conobles-tu un fourgue qui bille bien ?

— Calte, la rousse à l'arnache rapplique.

— Bille à picter aux griviers quand ils seront pionvilles, nous esbignerons.

— Si on ne te conoble pas, bonis un centre à l'estorgue.

— Bâcle la lourde et au pieu.

— Pictanchons-nous pour deux ronds d'eau-d'af ?

— Nibergue, j'ai le soufflet aquigé.

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