‹ Les sources de l'histoire de la Haute-Vienne pendant la revolutionChapitre 58 sur 64 · N. — ANALYSE DE L*HI8TOIRE DU DÉPARTEMENT 15H · texte numérisé non relu

N. — ANALYSE DE L*HI8TOIRE DU DÉPARTEMENT 15H

En 1790, il y atait dans la Haute-VienDe : l^" deux bataillons de milice prorinciale; S^'un régiment de ligne, le Royal-Navarre cavalerie.

Tous trois étaient recrutés par enrôlements volontaires.

Survint la première guerre contre l'étranger. On abolit lès milices qui furent transformées en gardes nationales sédentaires (1791), avec autant d^états-majors qu'il y avait de chefs-lieux de districts.

Puis, de cette garde sédentaire on tira deux bataillons de volontaires (de chacun 574 hommes) qu'on envoya aux frontières du Nord rejoindre l'infanterie de ligne; puis en 1792 et en 1793, deux autres bataillons (de chacun 800 hommes) qui rejoignirent l'armée des Pyrénées-Orientales. En 1793 on leva en outre 3,6S9 hommes pour l'armée de la Moselle, et 2,000 hommes environ pour combattre l'insurrection de Vendée.

Quant au Royal-Navarre, il perdit son nom et devint le 2£« régiment de cavalerie.

Ce qui doit préoccuper l'historien du département, ce ne sont pas les hauts faits de nos volontaires sur les champs de bataille de la Belgique et des bords du Rhin. C'est, plus prosaïquement, mais plus utilement, de dire comment se fit le recrutement, Tembrigadement, l'habillement, Tarmement de ces jeunes troupes, et si l'élan patriotique fut aussi grand dans la Haute-Vienne qu'il a pu l'être ailleurs.

L'importance de cette étude, tant au point de vue administratif qu'au point de vue social, apparaîtra aux yeux de tous quand on saura que la Haute- Vienne a fourni, de 1791 à 1794 inclusivement, 10.000 volontaires (1) aux armées de la France.

Par le système de conscription inauguré en l'an VII, elle fournit, d'entrée, un bataillon auxiliaire de dix compagnies dont six furent expédiées à l'armée des Pyrénées orientales (L. 1159). Ces sacrifices durent paraître d'autant plus lourds aux populations que la mortalité était grande dans les armées de la République. Les extraits mortuaires des soldats de la Haute-Vienne décédés au loin atteignent le chiffre de 4.800 (L. 1138 à 1156) pour la période de 1789 à 1800. Encore ne les avons-nous probablement pas tous. .

La tentative de Turgot d'établir des casernes à Limoges pour décharger les populations du poids des logements militaires n'avait point abouti. Elle fut reprise en 1793. L'ancien séminaire des Ordinands et l'abbaye des Allois furent affectés au logement des volontaires.

(1) Ces! le chiffre que nous indique M. le lieûtehadt de Font-Rëaulx (voir ci-dessus, p. 124). Il rectifie eelui de 5.001) dontié jadis {iar le baron G&y de Virtidn.

152 SOURCES DE l'histoire DE LA RÉVOLUTION

Un grand changement fut introduit dans l'organisation ecclésiastique par le décret du 22 juillet 1790. Limoges et son département furent soustraits à leur antique métropole de Bourges et rattachés à celle de Bordeaux dite du Sud-Ouest. Mais cette hiérarchie resta

sans effet pratique.

Assistance et Enseignement étaient sous TAncien régime deax services aux mains du Clergé. Ce n'est point du jour au lendemain que TEtat s'en empara. Les trente années qui précédèrent 1789 avaient vu éclore des projets en ce sens, qui préparèrent la laïcité voulue par la Révolution.

Pour l'Assistance, le grand centre, on pourrait presque dire Tunique centre, c'est l'Hôpital général de Limoges, dont l'existence fort tourmentée traversa trois phases :

L'une de prospérité relative, légèrement ébranlée par la suppression des droits féodaux, s'étend du mois d'août 1789 au décret du 23 messidor an II relatif à la vente des biens hospitaliers ;

L'autre, de gène croissante amenée par la réduction progressive des ressources et inversement par l'accroissement de la population hospitalisée. Elle dure depuis messidor an II jusqu'à la loi du 16 vendémiaire an V, qui rapportait la précédente;

La troisième va de la fin de 1796 au milieu de l'année 1800. C'est la phase de la détresse consécutive au non-paiement des subventions promises, à l'épuisement des approvisionnements, au découragement du personnel, à l'impuissance des pouvoirs publics, à la ruine financière. En janvier 1793 THôpital abrite 1,400 indigents, sans compter un millier de nourrissons tenus à la campagne. En sept. 1799, le Bureau fait cet aveu que sur deux cent cinquante enfants abandonnés aux portes de l'hôpital, cinq à peine sont sauvés de la mort.

Et ce que nous venons de dire de l'hôpital de Limoges s'applique à ceux de Magnac-Laval et de Saint-Yrieix, les seuls qui subsistèrent après 1794 des quinze établissements de ce genre que l'on rencontrait sur le territoire de la Haute- Vienne en 1789.

Quant à l'assistance publique en dehors de ces établissements, l'histoire en reste encore à faire. Le grand effort tenté par la Constituante pour l'extinction de la mendicité ne produisit pas tous les effets désirés. L'ancienne Maison de force de Limoges, transformée en Dépôt de mendicité, permit seulement de débarrasser les grands chemins des mendiants qui les encombraient.

Le Collège de médecine de Limoges, fondé en 1646, disparut

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