Lettre, scienoes et arts
Le mouvement des idées est intense et général, du moins chez les esprits cultivés. Mais il s'applique uniquement aux questions politiques et sociales. Jamais on n'a tant disserté sur le bien public, ni si souvent fait appel aux vertus de dévouement, de désintéressement, de sacrifice. Jamais non plus on n'a tant écrit et tant parlé sur les matières de droit, sur l'Etat abstrait, sur les conditions de la régénération commune, sur la guerre aux rois, aux nobles et aux prêtres. Les brochures publiées en ce temps à Limoges se comptent par centaines.
Quant à la production littéraire du crû, elle se réduit à peu de chose. Les fantaisies poétiques disparaissent avec les derniers
(1) La maison n* 17 porte la date de 1703 du côté de la rue des Ur^uliaes.
numéros de la Feuille hebdomadaire, el Thistoriographie provinciale n*a laissé aucun manuscrit, si petit soit-il.
Seule réloquence prepd corps pour nous dans quelques sermons d'églises, dans les discours d'apparat prononcés au Collège jusqu'en 1793, dans les motions des clubs, et dans les lettres pathétiques adressées aux pouvoirs centraux parles administrateurs aux abois. Par contre l'éloquence judiciaire semble réduite à rien. Mais il y a peut-être des découvertes à faire sur ce domaine.
La Société d'agriculture, fondée en 1759, avait cessé de se réunir un peu avant la Révolution. Quelle place ses membres dispersés lirent-ils désormais aux spéculations de science pure qui les avaient occupés jusqu'ici?
Même question à Tégard des professeurs du Collège royal, qui cessèrent leurs fonctions dès 1792, sans cesser néanmoins d'appartenir au Collège.
Dans une ville comme le Limoges de ce temps, les arts plastiques étaient représentés :
1® Par les fabricants de statuettes de saints, les orfèvres d'églises, les sculpteurs de retables, dont sûrement l'industrie subit un temps d'arrêt;
2* Par une famille d'émailleurs, les Nouailher, dont le fourneau ne s'éteignit qu'en 1804 ;
3* Par des architectes, dont le nombre était d'ailleurs très restreint.
Il ne serait pas sans profit de rechercher comment les uns et les autres traversèrent la période révolutionnaire.
De bibliothèques, d'archives et de musées, il est à peine question dans les délibérations des pouvoirs du temps. Les préoccupations politiques et militaires empêchèrent l'exécution des mesures prescrites par le gouvernement central (L. 333-336). Une faible part seulement put être sauvée des richesses considérables dont la Nation venait d'hériter par les confiscations opérées sur le Clergé et la Noblesse.
L'analyse que nous avons tentée paraîtra dans quelques années insuffisante. Pour ne rien laisser dans l'ombre il faudrait prendre en considération, les uns après les autres, les milliers de lois ou décrets rendus par les assemblées de la Révolution et en étudier les effets dans la Haute-Vienne. Ce sera l'œuvre du Comité de l'histoire du département.
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