‹ Les sources de l'histoire du montanismeChapitre 146 sur 207 · AUGUSTIN · texte numérisé non relu

AUGUSTIN

ou dans je ne sais quel Manès ou Manichée, comme le disent les Manichéens. Ces gens-là sont à ce point aveugles qu'ils ne comprennent pas les Ecritures, malgré leur clarté, ou si négligents de leur propre salut qu'ils ne les lisent pas du tout. Peut-on ne pas comprendre, pour peu qu'on l'ait lu, ce qui est écrit dans l'Évangile après la résurrection du Seigneur, quand le Seigneur déclare : « Moi, je vous envoie le don que mon Père vous a promis. Quant à vous, demeurez ici dans la ville jusqu’à ce que vous soyez revêtus de la force d’en haut. »

Et- dans les Actes des Apôtres, quand le Seigneur eut disparu aux yeux de ses disciples et fut monté au ciel, ils ne prennent pas garde que, dix jours plus tard, au jour de la Pentecôte, l'Esprit saint survint de la manière la moins équivoque. Les apôtres étaient dans la ville, selon l’ordre du Christ; l'Esprit les remplit et ils se mirent à parler en langues.

Car, en dépit de la diversité des nationalités alors présentes, chaque auditeur les entendait dans sa propre langue. — De tels hommes dupent ceux qui, insoucieux de la foi catholique, ne veulent pas apprendre leur propre foi manifestement exprimée dans les Écritures, et qui, chose plus grave et plus déplorable encore, sont aussi empressés à prêter l'oreille aux hérétiques que négligents à vivre (selon les règles de) l'Église catholique.

140. — Contra Faustum, xxxtr, 17 (ZvcHa, dans CV, KXV, pars 1 [1891], p. 777;

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Huc accedit, quia ea dicta sunt in promissione Paracleti, ut Manichaeum post tam multos annos uenientem, ab ista suspicione prorsus excludant. Quia enim post resurrectionem et ascensionem Domini Continuo uenturus erat Spiritus sanctus, apertissime dictum est a Johanne : « Spiritus enim nondum erat datus, quia Jesus nondum fuerat clarificatus. » (JEAN, vir, 30.) Si haec itaque causa erat ut non daretur, quia nondum erat clarificatus Jesus, procul dubio clarificato Jesu iam causa erat ut statim daretur. Nam et Cataphrygae se promissum Paracletum suscepisse dixerunt, et hinc a fide catholica deuiarunt, conantes prohibere quod Paulus concessit, et damnare secundas nuptias, quas ille permisit, sub his uerbis insidiantes, quia scriptum est de Paracleto : « [pse uos inducet in omnem ueritatem »

(JEAN, xvi, 13), quod videlicet non omnem ueritatem Paulus et ceteri Apostoli docuisset ac locum Cataphrygarum Paracleto reseruassent. Ad hoc et illud traxerunt, quod Paulus ait : « Ex parte enim scimus, et ex parte prophetamus ;

1 TiLLEMONT, XIII, 202.

Ajoutez que ce qui a été dit dans la promesse du Paraclet exclut totalement l’hypothèse qu'il soit venu en Manès tant d'années après. Jean a déclaré en termes non équivoques que l'Esprit saint viendrait aussitôt après la Résurrection et l’Ascension.

« Car l'Esprit n'avait pas encore été donné, parce que Jésus n'avait pas encore été glorifié. » Si la raison pour laquelle il n'était pas donné est que Jésus n’avait pas encore été olorifié, il n’est pas douteux qu'une fois Jésus glorifié, il y avait une raison pour qu'il fût donné aussitôt.

Les Cataphrygiens eux aussi ont dit qu'ils avaient reçu le Paraclet promis et c’est là qu'ils ont dévié de la foi catholique, en voulant interdire ce que Paul permettait et condamner les secondes noces qu’il a autorisées. [15 s’appuyaient insidieusement sur les paroles, où 1] est écrit du Paraclet : « Il vous conduira lui-même à toute vérité »; comme si, n'est-ce pas, Paul et les autres apôtres n'avaient pas enseligné toute vérité et qu'ils eussent réservé une place au Paraclet des Cataphrygiens ! C’est encore vers ce sens qu'ils ont tiré ce mot de Paul :

cum autem uenerit quod perfectum est, quod ex parte est euacuabitur »

ἀξ όχι XI SOS ΟΣ AUTASCIICeTAEX parte sciens et prophetans Aposto- [ISO IX ER EOUOMENEU MAMA CIAT non peccat si nubat » (2b2d., vit, 36), et ideo perfectum Paracleti Phrygiae hoc euacuauerit. — Ad haec cum eis dictum fuerit, quod sint ecclesiae tanto ante promissae et toto orbe diffusae auctoritate damnati, respondent. hinc etiam in se illud esse completum, quod de Paracleto dictum est, quod « mundus eum accipere non potest » (JEAN, XIV, 17).

« Car nous ne savons qu’imparfaitement, nous ne prophétisons qu'imparfaitement. Mais lorsque sera venu cé qui est parfait, ce qui est imparfait sera aboli. » Ils supposent que l’Apôtre parlait en homme qui savait et prophétisait imparfaitement quand il a dit

« Qu'elle fasse ce qu'elle voudra, elie ne pèche point si elle se marie. » Et voilà pourquoi la perfection du Paraclet de Phrÿgie a aboli cette tolérance. — Lorsqu'on leur répond qu'ils ont été condamnés par l'autorité de l'Eglise qui ἃ été promise longtemps auparavant et qui est répandue dans tout l'univers, ils répondent qu’en eux aussi s’est réalisé ce qui a été dit du Paraclet :

« Le monde ne peut le recevoir ».

141. — Ep. cxvir, 12, ad Dioscorum (GoLppacner, dans CV, XXXIII, pars ΕΠ ἀοιδοῦ: LEE TT Se AC

Sed circuli atque conuenticula partim fugacia, partim etiam audaciter prompta uel Donatistarum, 16] Maximianensium, uel Manichaeorum uel etiam, ad quorum greges turbamque uenturus es, Arrianorum, Eunomianorum, Macedoniorum, Cataphrygarum caeterarumque pestium innumerabiliter perstrepant. Quorum omnium errores si cognoscere piget, quid nobis

L TiLLEMONT, XIII, 488.

Les cercles et les conventicules — les uns qui se dérobent, les autres qui s’étalent’audacieusement — des Donatistes, des Maximianistes, des Manichéens, ou encore de ceux dont tu vas citer la foule turbulente, Ariens, Eunomiens, Macédoniens, Cataphrygiens et autres fléaux, font entendre leurs innombrables clameurs. Si cela nous ennuie de connaître les erreurs de tant

SAINT

est propter defensionem christianae religionis quaerere, quid senserit Anaximenes, et olim sopitas lites inani curiositate recoquere, cum

quorundam etiam haereticorum, qui nomine christiano gloriari

uoluerunt, ut Marcionistarum et Sabellianorum multorumque praeterea 1am dissentiones quaestionesque sileantur ? Tamen, si opus est ut dixi ueritati aduersantes praenoscere aliquas et pertractatas habere sententias, de haereticis potius qui se christianos uocant quam de Anaxagora et Democrito nobis cogitandum fuit.

AUGUSTIN ἥ

d’hérétiques, quel besoin aurionsnous, pour défendre la religion chrétienne, de rechercher ce qu'a pensé Anaximène, de réchauffer par curiosité vaine des débats assoupis, alors que déjà le silence se fait sur les dissensions et les difficultés de certains hérétiques qui prétendaient se glorifier du nom de chrétiens, les. Marcionistes par exemple et les Sabelliens ? Cependant, s'il est besoin, comme je l’ai dit, de connaitre d'avance et d'approfondir les opinions hostiles à la vérité, c’est aux hérétiques qui s'intitulent chrétiens plutôt qu'à Anaxagoras et à Démocrite qu’il nous aurait fallu songer.

142. — Ep. ad lulianam uiduam de bono uiduitatis, 1v, 6 (AC dans TONER KE ΘΟ ΡΟ PEUX κι, 799) 4.5.

Quapropter hoc primum oportet ut noueris, bono, quod elegisti,

non damnari secundas

sed bonum sanctae uirginitatis, quod

nuptias, inferius honorari. Nam sicut elegit filia tua, non damnat unas nuptias tuas, sic nec uiduitas tua cuiusquam secundas. Hinc enim maxime Cataphrygarum ac Nouatianorum haereses tumuerunt, quas buccis sonantibus, non sapientibus etiam Tertullianus inflauit, dum secundas nuptias tanquam inlicitas

1 TiLLEMONT, XIII, 630.

C’est pourquoi il y a une chose qu'il te faut savoir d’abord : c'est que le bien que tu as choisi ne condamne pas les secondes noces, mais qu'il se les subordonne pour l'estime qu’on en doit avoir. De même que le bien de la sainte virginité, tel que ta fille l’a choisi, ne condamne pas le mariage unique par01.contracté ; 6: :mémelita viduité le second mariage de qui que ce soit. C'est surtout cette question qui à pro-

ne condamne

maledico dente concidit, quas omnino licitas apostolus sobria mente concedit.

voqué la fermentation de l’hérésie des Cataphrygiens et de celle des Novatiens. D'une bouche plus sonore que raisonnable, Tertullien lui-même les a enflées d’arrogance, en déchirant d'une dent malveillante les secondes noces que l’Apôtre, dans sa sagesse, avait autorisées comme parfaitement licites.

TAG UE OTUCN Mn 8 0 PA SE 102)

Non quia innuptarum bonum honestum dixit (Paulus) (cf. [ Cor...

vi, 35), ideo putare debemus turpe esse uinculum coniugale ; alioquin etiam primas nuptias condemnabimus, quas nec Cataphryges nec Nouatiani nec disertissimus eorum astipulator Tertullianus turpes ausus est dicere.

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