LXXXII INTRODUCTION
que certains parmi eux se rattachent à Proclus, d’autres à Eschine ; qu’en dépit de leurs affirmations communes sur des points tels que la non-réception du Paraclet par les Apôtres ou que la supériorité de l’enseignement de Montan relativement à celui du Christ, ils diffèrent en ceci que les partisans d’Eschine prétendent « Christum ipsum esse filium et patrem ».
J'ai déjà résumé les discussions auxquelles ce texte a donné lieu entre Harnack et Lipsius. Il s’agit de démêler si ce partage de la secte montaniste en deux branches était déjà indiqué dans le Syntagma, ou si c’est seulement dans l’Aduersus ommnes haëereses qu'il se trouvait mentionné pour la première fois. La grosse objection qui préoccupait Lipsius et Harnack, c'était le silence d’Épiphane et de Philastre sur cette double subdivision. Je crois, pour ma part, qu'il n’y a pas heu de s’en embarrasser. Épiphane, nous l’avons vu, semble bien avoir négligé complètement le Syntagma dans l’ample chapitre qu'il a consacré au Montanisme. Quant à Philastre, 11 a subi l'influence du Panarion qui, pour les parties de son exposé qui touchent au Montanisme, a obnubilé à ses yeux les données du Syntagma. Dès lors, leur mutisme s'explique. — Que le Syntagma ait explicitement signalé les noms de Proclus et d’'Eschine comme ceux de deux protagonistes montanistes, à tendances divergentes sur le point de l’économie trinitaire, c'est ce que nul ne peut affirmer sans dépasser les limites de nos connaissances effectives. Mais 1l n’y a pas d’objection décisive contre cette hypothèse, et elle tire quelque confirmation de la comparaison avec les Philosophoumena, où Hippolyte distingue à deux reprises (VIII, xix et X, xxvi) entre montanistes orthodoxes et montanistes patripassiens.
On aimerait à être fixé sur l'identité de l’auteur de l’Aduersus omnes haereses. Les critiques du XVIIe siècle, Tillemont par exemple 1, ont quelquefois hésité à en dénier à Tertullien la paternité. Ce qui paraît avoir fait impression sur l'esprit de Tillemont, c’est une donnée de saint Augustin d’après laquelle Tertullien aurait été le destructeur des Monta-
Quelquefois aussi en dehors de ces formules consacrées : vg. Itala, Cod. Palat. Vindob. 1185, S. IV-V, JEAN, v, 4 : « Angelus enim cata tempus (χατὰ χαιρόν : la Vulgate a secundum tempus) descendebat. » Plusieurs ex. aussi dans la Peregrinatio dite de ΟΣ γα Στ ΣΧ το:
τ Mémoires, t. III, p. 658-650.