INTRODUCTION LXXXIII
Tillemont
nistes avant de devenir leur disciple 1. saint
suppose que Augustin attribuait à Tertullien l’Aduersus omnes haereses, où l'hérésie phrygienne est en effet combattue. Mais, lors même que saint Augustin aurait eu cette opinion, il faudrait convenir (et c’est à quoi Tillemont n'aime guère à se résoudre) qu’il a dû se tromper. Tout d’abord il est peu vraisemblable qu’un esprit aussi original que Tertullien se soit astreint à traduire ou à résumer le travail d'autrui avec cette sécheresse indigente. En outre, on remarquera que, ni dans le de Pyaescriptione, XXX, là où il parle des débuts de Marcion, n1 dans son grand traité en cinq livres contre ce même Marcion, Tertullien ne fait allusion à l’histoire scandaleuse rapportée dans l’Adu. omnes haereses et mise au compte de l’hérésiarque ?. Il a l’air de croire pour de bon à la continentia marcionensis ; et c’est à Apelle seulement, disciple de Marcion, qu'il reproche de l'avoir désertée 5.
Ces raisons suffisent, même si l’on fait abstraction du paragraphe relatif à l’hérésie phrygienne, pour qu'on puisse conclure légitimement que l’Adu. omnes haereses n'est pas de Tertullien.
KReprenant une hypothèse déjà émise par Œhler (T'ertull. opera, 11, 752), Harnack a proposé de l’attribuer à Victorin de Petau. Les arguments qu'il donne ne laissent pas que d’avoir leur prix. 1° Dans son de Viris illustribus $ LXXIV, saint Jérôme cite parmi les œuvres de Victorin un Aduersus omnes haereses. 29 Or Jérôme a sûrement connu notre opuscule. Il y a dans le traité contre les Lucifériens, au ὃ XX111, un passage qui est calqué, sauf quelques retouches de forme, sur le début de l’Adu. omnes haereses 5. Donc Jérôme ne nomme qu’un seul ouvrage de ce titre, et
1 Haer., LXxXXVI (Sources, p. 190, 18) : « .…transiens ad Cataphrygas quos ante destruxerat. »
2 S vi (KR., p. 223, 1. 4ets.) «…propter stuprum cuiusdam uirginis ab eccle-
siae communione obiectus. »
DEF Ῥγαδϑο., ΧΧΧ.
4 ZWT, XIX (1876), 116 et 5. — Cf. Chron., Il, 430-432.
ὺ Ps.-Tertullien. Jérôme.
Taceo enim Iudaïsmi haereticos, Dositheum inquam Samaritanum, qui primus ausus est prophetas quasi non in spiritu sancto locutos repudiare, taceo Sadducaeos, qui ex huius erroris radice surgentes ausi sunt ad hanc haeresim etiam resurrectionem carnis negare, prae-
Taceo de Iudaïsmi haereticis, qui ante aduentum Christi legem traditam dissipauerunt : quod Dositheus Samaritanorum princeps prophetas repudiauit, quod Sadducaei ex illius radice nascentes etiam resurrectionem carnis negauerunt, quod Pharisaei a Iudaeis diuisi propter quæ-