LXXX VIII INTRODUCTION
Montan. Il paraît avoir été frappé surtout par celles qui concernaient le jeûne. Il est le seul qui signale l'usage des « raphanophagies » (ῥάφανος — chou, ou radis). — D'autre part, 1l laisse tomber la donnée relative à la distinction que les montanistes faisaient entre l'Esprit et le Paraclet (n° 2) : il avait dû la noter dans le Syntagma, puisqu'elle figure chez Pseudo- Tertullien. — Il passe également sous silence, dans les Philosophoumena, les noms de Proclus et d’'Eschine. Sans doute, au moment où Hippolyte rédigeait son traité, ces deux coryphées du Montanisme romain avaient-ils disparu de la scène ; et cela n’a rien de surprenant si l’on se rappelle que dans l’Adu. Valentinianos (qui est probablement de 207/8), déjà Tertullien considérait Proclus comme un vieillard, « ... uirginis senectae dignitas. (KR. p. 182, 1. 13) : or les Philosophoumena durent être rédigés entre 222 et 230.
Les renseignements fournis par les Philosophoumena sont d’une réelle importance. Ici Hippolyte a été obligé de laisser de côté les manuels où il s’'approvisionne d’ordinaire. Irénée de Lyon, son guide de prédilection 1, ne lui fournissait rien non plus. Mêlé aux luttes intellectuelles de son époque, 1] avait certainement pris contact avec les agents du Montanisme qui menaient dans les milieux romains une campagne si ardente et si habile qu'un pontife romain faillit s’y laisser conquérir 2. A-t-1l lu quelques ouvrages montanistes ? Il ne le dit pas explicitement, mais 1] le laisse entendre par le jugement qu'il porte sur eux 3 : or ces écrits, c’est aux initiateurs même du mouvement qu'il en fait remonter l’origine # Il avait donc pu se former une idée, non pas seulement du Montanisme romain, mais auesi du Montanisme phrygien.
Son impression sur la secte est au total assez méprisante. Il raille le manque d'esprit critique dont ses partisans font preuve 5, leur entêtement à ne pas écouter ceux qui pourraient les instruire 6, leur respect à l'égard des divagations des « femmelettes » qui les endoctrinent ?,
1 Cf. Lipsius, Quellenkr. Epiph., p. 46 et 5. ? Tertullien, adu. Pr., 1 (Sources, p. 43, 16). 3 Sources, p. 58, 5.
4 Jbid., p. 57, 8.
ART OECLIE: