INTRODUCTION CXXVII
Aug. Praed.
ab ipsis (— Cataphrygis) A guibus postea diuisus, ne diuisus sua conuenticula propagauit. plebs Montani nomen Tertulliani uideretur excludere, fudit a se
omnem Phrygiae uanitatem, et T'er-
tullianistarum conuenticula propa
gauit, nhil tamen in fide mutauit
Très certainement ἢ ne sait rien de plus qu'Augustin, chez qui 1] s’approvisionne. Mais 1] en dit bien davantage. Il aggrave la brouille de Tertullien avec le parti phrygien, et explique cette complète rupture par une raison d’orgueil ou de vanité : plutôt que de se voir renier par ses anciens amis, Tertullien préfère briser totalement avec eux. C’est broderie pure, appliquée sur le texte dont 1l se sert.
Le Praedestinatus n'utilise pas le renseignement que donne Augustin sur la théorie de Tertullien relative à la transformation des âmes des méchants en démon. Sans doute juge-t-1l qu'il s’est suffisamment appesanti sur la « psychologie » de Tertullien, et 1l ne veut pas surcharger les détails qu'il a déjà fournis à ce propos.
On voit le peu de fond qu’il convient de faire sur les informations dues au Praedestinatus. Des légèretés involontaires, des altérations voulues, des additions gratuites, d’équivoques arrière-pensées dogmatiques, pour tout dire un tissu d’à peu près et de faussetés, voilà de quoi est formée la trame de son exposé, là où il est indépendant d’Augustin. Α part l’anecdote qui ouvre le ὃ LXXxvI et qu'aucune raison décisive n’oblige à rejeter (en dépit d’une inexactitude*de détail), tout le reste est à peu près inutilisable pour l’histoire du Montanisme, ou fait double emploi avec les notices de saint Augustin. S'il est un écrivain à l'égard duquel le Μέμνησο ἀπιστεῖν soit pour la critique un devoir de prudence, c’est assurément 16 Praedestinatus.