‹ Les sources de l'histoire du montanismeChapitre 46 sur 207 · CXXXII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

CXXXII INTRODUCTION

d'ajouter, au chapitre xx, une mention d’Apollinaire d’'Hiérapolis, qu'il emprunte sans doute au de Viris illustribus de saint Jérôme ($ xxvI). — Il ἃ laissé tomber la notice d’Isidore (1x1) sur les Tertulhanistes.

L'Indiculus de Haeresibus de Pseudo-Hieronymus fut publié pour la première fois par CI. Menard 1 en 1617 sous le titre suivant : « 5. Hieronymi Stridoniensis Indiculus de Haeresibus Iudaeorum. Nunc primum in lucem editus cura CI. Menardi, luliomagi Andium Propraetoris. Lutetiae Parisiorum. Apud Sebastianum Chappelet, via Iacobaeà sub signo Olivae MDCXVII. Cum privilegio Regis. »

Dans la préface de cet opuscule de trente et une pages, Ménard rapporte — en fort mauvais latin — qu'il en a trouvé le texte dans un manuscrit tout gâté, à la suite du livre VIIT d’Isidore ?. Le signalement est un peu vague.

L'auteur de l’Zndiculus n’est certainement pas saint Jérôme : c'est un plagiaire sans originalité, mais assez érudit. Il me paraît vraisemblable que l’idée d'écrire ce catalogue lui ἃ été suggérée par une phrase de saint Augustin dans l’épilogue du de Haeresibus liber. S'adressant à Ouoduultdeus, saint Augustin écrit : « Audiui scripsisse de haeresibus sanctum Hieronymum, sed ipsum eius opusculum nec in nostra bibliotheca inuenire potuimus, nec unde possit accipi scimus. » Le renseignement dont Augustin fait état était inexact : saint Jérôme n’a composé aucun travail spécial sur les hérésies 3, Mais 1] a suffi qu'Augustin eût fait allusion à cet ouvrage imaginaire pour qu'il se trouvât un compilateur qui se sentit d'humeur à le réaliser. L'auteur de l’Zndiculus a certainement connu l’ouï-dire erroné d’'Augustin, car 1l ἃ eu sous les yeux, comme nous allons le démontrer, le de Haeresibus liber.

1 I] s'intitule Propraetor Tuliomagi Andium (— Angers). L'ouvrage est dédié à l’évêque de Nantes, Carolus Burgonorius (— Charles II de Bourgneuf de (πος qui occupa le siège de Nantes de 1598 à 1617 : il était fils de Messire René de Bourgneuf, chevalier, baron d’Orgères, seigneur de Cucé, premier président au parlement de Bretagne).

? «Inter cariolas [Ὁ] putresque membranas ». Le mot cariola ne figure ni dans le Thesaurus ni chez Du CANGE. C’est, je suppose, un diminutif de caries formé par MÉNARD. — Le titre était ainsi libellé, d’après MÉNARD : « Incipit Indiculus Hienonymi de haeresib. »

3 G. KRüGER, Luzifer, Bischof von Caleris, und das Schisma der Luziferianer, Leipzig, 1886, p. 66, fait observer que l’indication donnée par l’Indiculus, ὃ XX, relativement aux Lucifériens est absente de l’Altercatio Luciferiani et Orthodoxi composée par saint Jérôme, entre 382 et 385.

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