CXXXVI INTRODUCTION
qu'il fut un des plus féconds écrivains du XIIe siècle, et qu'il exerça son activité littéraire dans les directions les plus diverses 1.
Son liber de Haeresibus forme le complément de son De luminaribus ecclesiae. Dans ce dernier opuscule, il avait compilé, puis continué, les de Viris illustribus de saint Jérôme, de Gennadius et d’Isidore de Séville. Comme contre-partie à ce glorieux catalogue, 11 veut énumérer ceux qui ont déshonoré « tetro fumo haeretici dogmatis » la doctrine de l'Église.
ΤΙ n’y donne rien qu’il n’ait trouvé dans Isidore de Séville 3. 1] abrège encore ici et là l'exposé déjà décharné d'Isidore.
On ne peut dire qu’au point de vue historique le Montanisme bénéficie, parmi les hérésies ou schismes primitifs, d’une condition particulièrement favorable. Nous ne possédons aucune œuvre originale des novateurs phrygiens, mais seulement dix-neuf « oracles » fort courts, dont un très probablement apocryphe, et deux autres douteux $. Les documents épigraphiques se réduisent à un seul 4 C’est presqu'uniquement à l’aide de témoignage indirects qu'il en faut reconstituer l'essence, et marquer les étapes de son développement.
Ces témoignages, on les trouvera dans la présente collection. Je l'ai constituée par un dépouillement attentif des deux Patrologies grecque et latine, et d’un bon nombre de publications postérieures à Migne. Grâce à des concours obligeants, j'ai pu y incorporer aussi divers textes syriaques jusqu'ici peu connus. La plupart de ces morceaux n'avaient jamais été transposés dans notre langue : Je les 81 traduits, et je les présente en indiquant chaque fois leur provenance, l’époque et le lieu de leur rédaction. Les citations scripturaires y ont été aussi plus minutieusement notées
1 Cf. Jos. ANT. ENDRES, Honovrius Augustodunensis. Beitrag zur Geschichte des geistigen Lebens im 12. Jahrhundert, Kempten et München, 1906. Voir dans la préface de cet ouvrage la polémique de ENDRES contre JOH. von KELLE qui, dans les Sitz.-Ber. de l’Acad. de Vienne, Bd. CLII, Abt. II (1905), a contesté à Honorius la paternité d’un certain nombre des écrits qui lui sont attribués.
2 ENDRES, p.173.
8 Voy. La Crise Montaniste, p. 105.
4 No 152.
ὧν mn Pr