‹ Les sources de l'histoire du montanismeChapitre 61 sur 207 · NOELDECHEN, MONCEAUX, HARNACK, ADAM · texte numérisé non relu

NOELDECHEN, MONCEAUX, HARNACK, ADAM

Si une limite est désormais imposée au mariage, limite prescrite chez nous par une raison spirituelle que le Paraclet nous suggère et qui ordonne de ne contracter après la foi conquise qu’une seule union, c'est que celui-là même qui jadis avait laissé flottante cette limite a le droit maintenant de la fixer. Il a semé, il va recueillir. Il a planté la forêt, il va la couper. Il a ensemencé, il va récolter la moisson. Il va dire : « [l reste que ceux qui ont des épouses soient comme s'ils n'en avaient point », lui qui disait autrefois : « Croissez et multipliez ». A qui ἃ fait le commencement, la fin appartient aussi.

Mais si l’on abat la forêt, ce n’est pas qu’elle soit coupable; si l’on coupe la moisson, ce n’est pas pour

la punir : c’est que pour l’une et

securem et falcem admittit sanctitatis, sed ut matura defungi, ut 1psi reseruata, cui caedendo

Unde

deum Marcionis,cum matrimonium

sanctitati praestaret esse. iam dicam ut malum et impudicitiae negotium reprobat, aduersus ipsam facere sanctitatem, cui uidetur studere...

l’autre le moment est venu. Il en va pareillement du mariage. [] reçoit les coups de la hache et de la faux de la sainteté, non pas qu'il soit mauvais en soi, mais parce qu'il 65. AMUMDOUTACELLEMÉNTE VE MEET réservé pour la sainteté elle-même à laquelle, étant coupé, il permet d’être. — Et voilà pourquoi je prétends que le Dieu de Marcion, en réprouvant le mariage comme mauvais et entaché d'impudicité, agit au détriment de la chasteté, dont il a l’air de prendre les intérêts.

Ἂς: TOILE EX INC (KR ROYMANN D τ]. {πὴ A MOS ERP LE 11, 384).

… De restitutione uero [udaeae, quam et ipsi [udaei ita ut describitur sperant, locorum et regionum nominibus inducti, quomodo alle-

gorica interpretatio in Christum et

in Ecclesiam et habitum et fructum eius spiritaliter competat, et longum est persequi et in alio opere digestum, ΠΌΘΟΣ inscribimus De Spe Fidelium, et in praesenti vel eo otiosum, quia non de terrena, sed de caelesti promissione sit quaestio.

Nam et confitemur in terra nobis sed caelum, sed alio statu, utpote post

regnum repromissum, ante resurrectionem in mille annos in ciuitate diuini operis Hierusalem caelo delatum, quam et Apostolus « matrem nostram sursum » (cf.

Gal., iv, 26) designat, et politeuma nostrum, id est municipatum, in

Quant au rétablissement de la Judée que les Juifs même espèrent tel qu'il est décrit [— au sens littéral}, trompés par les noms de lieux et de pays, il serait trop long de démontrer que le sens allésorique (qu'il comporte) s'applique spirituellement au Christ, à l'Eglise, à son état et à ses fruits. J'ai d’ailleurs traité le sujet dans un autre ouvrage intitulé « L'’Espoir des Fidèles ».

Pour le moment, une telle enquête serait fastidieuse, puisqu'il s’agit non d'une promesse terrestre, mais d'une promesse céleste. D'ailleurs nous reconnaissons qu'un royaume nous est promis sur terre, mais avant le ciel, et dans un état différent, je veux dire quand, après la résurrection, il sera descendu du ciel pour une durée de mille ans

caelis esse pronuntians (cf. Phail., ΠῚ. 20), alicui utique caelesti ciuitati Faremeteezecniel nouit (cf. Ezechiel,, xLvur, 30-35),

eum deputat.

et apostolus loannes vidit(cf. Apoc., XXI, 2) et qui apud fidem nostram est nouae prophetiae sermo testatur, ut etiam effigiem ciuitatis ante repraesentationem eius conspectui futuram in signum praedicarit.

Denique proxime expunctum est orientali expeditione. Constat enim ethnicis quoque testibus in [udaea per dies quadraginta matutinis momentis ciuitatem de caelo pependisse, euanescente de profectu diei, et

omni moeniorum habitu alias de proximo nullam. Hanc dicimus excipiendis de resurrectione sancus et refouendis omnium bonorum, utique spiritalium, copia in compensationem eorum, quae in saeculo uel despeximus uel amisimus, a Deo prospectam, siquidem et iustum et Deo dignum iüllic quoque exultare famulos eius, ubi

sunt et adflicti in nomine ipsius.

Haec ratio regni subcaelestis. Post cuius mille annos, intra quam aetatem concluditur sanctorum resurrectio pro meritis maturius uel tardius resurgentium, tunc, et mundi

dans la Jérusalem, œuvre divine.

que l’Apôtre appelle notre mère d'en haut. Quand Paul déclare que notre « c'est-à-dire notre droit de cité, est au ciel, c’est,

Politeuma »,

bien entendu, à quelque cité céleste qu'il l’attribue. Cette cité, Ezéchiel l'a connue, l'apôtre Jean l’a vue, et la parole qui est, selon notre foi, celle de la prophétie nouvelle, l’atteste : elle a prédit qu'avant même que (la Jérusalem) apparaisse réellement, on en entreverrait l’image, comme un signe (de la réalité à venir). Cette promesse s’est réalisée dernièrement pendant l'expédition d'Orient. Il ressort de témoignages émanant des païens eux-mêmes qu'en Judée l’on vit, chaque matin, pendant quarante jours, une cité suspendue au ciel. La ligne des remparts s'évanouissait avec le jour:

déPpres MplusérienmO estrcettercité que nous disons avoir été aménagée d'avance par Dieu pour recevoir les saints après la résurrection et leur y prodiguer en abondance tous les biens — je parle des biens spirituels — en compensation de ceux que nous avons ou dédaignés ou perdus en ce siècle-ci. N'est-il pas équitable et digne de Dieu que ses serviteurs triomphent là même où ils ont souffert pour son nom? Telle est la raison d’être du royaume souscéleste. Quand il aura duré mille ans, période au cours de laquelle s'achève la résurrection des saints,

destructione et iudicii conflagratione commissa, demutati in atomo in angelicam substantiam, scilicet per illud incorruptelae superindumentum, transferemur in caeleste regnum.…

ressuscitant plus tôt ou plus tard

selon leurs mérites, alors s’opé-

rera la destruction de l'univers et la conflagration du jugement. En un moment nous serons changés en substance angélique, revêtant le manteau d'incorruptibilité, et transportés dans le royaume céleste.

18. — Ibid., IV, xxr1 (KROYMANN, p. 402 ; ŒRHLER, 11, 215 ; P. L. τ 443).

[giturvetPetrus #merito COontue bernium Christi sui agnoscens in indiuiduitatem eius, suggerit COnSIilium : « Bonum est nos hic esse »

(bonum plane ubi Moyses scilicet et Helias), et, « Faciamus hic tria tabernacula, unum tibi, et Moysi

sed «nesciens quid diceret»(Luc, 1x, 33).

Uaum ἰδ ΕΠ δ ΟΠ ων:

— Quomodo nesciens?r Utrumne simplici errore, an ratione qua defendimus in causa nouae prophetae gratiae ecstasin, id est amentiam, conuenire ? [In spiritu enim homo constitutus, praesertim cum gloriam Dei conspicit, uel cum per ipsum Deus loquitur, necesse est excidat sensu, obumbratus scilicet uirtute divina. De quo cum inter nos et psychicos quaestio est, interim facile est amentiam Patri probare.

Et donc Pierre. reconnaissant#à juste titre les compagnons de son Christ en tant qu'inséparables de lui, suggère un avis : « Il nous est

bon d’être ici », dit-il. — Bon, cela

‘va de soi, (signifie bon) d’être où

sont Moïse et Hélie. — « Dressons ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse, une pour Hélie. »

« Mais il ne savait ce qu'il disait. »

— Comment cela, ne savait-il pas ce qu'il disait ἢ... Etait-ce simple erreur, ou en vertu du principe qui nous fait soutenir, dans l'affaire de la nouvelle prophétie, que l’extase, c'est-à-dire le ravissement de l’esprit, doit accompagner le charismer Car lorsque l'homme est sous l’influence de l'Esprit, surtout lorsqu'il contemple la gloire de Dieu ou que Dieu parle par sa bouche, il faut

nécessairement qu'il perde le senti-

ment, la puissance divine étendant SUnMUL,SOngOMmbreREtTROESTHElANTE grand débat entre nous et les Psychiques. En attendant, il est aisé de démontrer que Pierre tomba en extase.

19. — De Anima, 1x (REIFFERSCHEID- Wissowa, dans CV. t. XX [τ8οο], p. 310 ; ΘΕ ΗΕ M ΟΠ 700) Vers τὸ“.

Est hodie soror apud nos reuelationum charismata sortita, quas in ecclesia inter dominica sollemnia per ecstasin in Spiritu patitur ; COnuersatur cum angelis, aliquando etiam cum Domino, et uidet et audit sacramenta, et quorumdam corda dinoscit et medicinas desiderantibus submittit. lam vero prout Scripturae leguntur aut Psalmi canuntur aut allocutiones profe-

runtur aut petitiones delegantur,

ita inde materiae uisionibus sub-:

ministrantur. Forte nescio quid de anima disserueramus, cum ea soror in spiritu esset. Post transacta sollemnia, dimissa plebe, quo usu solet nobis renuntiare quae uiderit (nam et diligentissime digeruntur, ut etiam probentur), inter cetera, inquit, ostensa est mihi anima corporaliter, et spiritus uidebatur, sed non inanis et vacuae qualitatis, immo quae etiam teneri repromitteret, tenera et lucida et aeri coloris et forma per omnia humana.

1 NOELDECHEN : 210-211 ; MONCEAUX :

[Il y a aujourd'hui parmi nous une sœur qui ἃ reçu en partage le charisme des révélations. Elle les subit dans l'Eglise au cours des solennités dominicales, en extase, sous. l'influence de l'Esprit. Elle converse avec les anges, parfois méniéravecuie Scieneur.Elle/voit, elle entend les vérités mystérieuses :

elle lit dans le cœur de quelquesuns, et elle procure des remèdes à ceux qui en ont besoin. Soit qu'on lise les Ecritures, ou qu'on chante les Psaumes, ou qu'on adresse des allocutions, ou qu’on offre des fournit matière à ses visions. [1 nous était

Prières achaquemexercice arrivé de tenir je ne sais quel discours sur l’âme, pendant que cette sœur était sous l'influence de | Esprit. Une fois la solennité terminée, quand le peuple eût été congédié, fidèle à son habitude de nous annoncer ce qu'elle ἃ vu — car on a grand soin de classer ses (révélations) pour en mieux contrôler 18 vérité —, elle nous dit : « Entre autres spectacles, une âme s'est montrée à moi corporellement. Elle paraissait être esprit, mais non pas dépourvue de consistance et de telle

forme : bien au contraire,

HaARNACK : 208/9-213 ; ADAM : 207-211.

Haectuisio est." Deus testis et Apostolus charismatum in ecclesia futurorum idoneus sponsor : tu, nec si res ipsa de singulis persuas-

erit, credas P

qu'elle était, elle semblait susceptible d'être saisie, moëlleuse, lumineuse, couleur d'azur, et de forme toute pareille à celle du corps humain. »

Telle fut sa vision. Dieu en fut témoin, et aussi l’apôtre, garant si compétent des charismes qui devaient survenir dans l'Eglise. N'y croirez-vous point, même si l'événement lui-même vous persuade sur toute la ligne?

20. Jbid., Lv (ReirrerscHEID- Wissowa, p. 388; Œucer, 11, 642 ; P. L., 11 780).

Et quomodo Iohanni in spiritu paradisi regio reuelata, quae subicitur altari (Apoc., VI, 9), nullas alias animas apud se praeter martyrum ostendit? Quomodo Perpetua fortissima martyr sub die passionis in reuelatione paradisi solos 1llic commartyres suos uidit 1, nisi quia nullis romphaea paradisi ianitrix cedit nisi qui in Christo decesserint, non in Adam? noua mors pro 960 et extraordinaria pro Christo alio et priuato excipitur hospitio. Agnosce

itaque differentiam ethnici et fidelis

in morte! Si pro Deo occumbas, ut Paracletus monet, non in mollibus febribus et in lectulis, sed in martyriis, Si crucem tuam tollas et sequaris Dominum, ut ipse praeοἰ ΓΙ ΣΝ ΟΥΤΩΣ o ΟῚ

Comment la région, sous-jacente a l'autel quo révéléenamean en extase ne lui découvrit-elle pas d’autres âmes en son sein que celles des martyrs ? Comment l’héroïque martyre Perpétue, dans la révélation qu'elle eut du Paradis, le jour de sa passion, n'y vit elle que les seuls martyrs, ses compagnens, sinon parce que l'épée qui garde la porte du Paradis n’en permet l'entrée qu'à ceux qui sont morts en Christ, et non en Adam? Une nouvelle mort pour Dieu, une mort extraordinaire pour le Christ donne accès à un lieu de réception différent et particulier. Remarquez donc

. la différence entre le fidèle et Île

païen. dans la mort! Si vous succombez pour Dieu, comme le Para-

! La vision que Tertullien attribue à Perpétue est perçue en réalité par Saturus. Passio ss. Felicitatis et Perpetuae, x1 (Knopr, Ausgew. Märtyreracten, 1901,p.51. 1. 33).

paradisi clauis tuus sanguis est 1.

Habes etiam de paradiso ἃ nobis libellum, quo constituimus omnem animam apud inferos sequestrari in diem Domini.

clet vous y invite, et non pas dans la langueur des fièvres ni dans votre lit, mais dans le martyre, si vous prenez votre croix et que vous suiviez le Seigneur, comme il l’a prescrit lui-même, votre ‘sang est l'unique clé du Paradis. L’on a encore de nous un traité sur le Paradis où nous établissons que toute âme est séquestrée dans les enfers jusqu'au jour du Seigneur.

21. — Joid., νι (ReirrerscHein- Wissowa, p. 3095 ; ŒHLER, 11, CAO PES Fi 700),

In summa, cum carcerem illum (cf. Mr., v, 25), quem euangelium demonstrat, inferos intelligimus et nouissimum quadrantem (cf. 1014...

26) mora resurrectionis

modicum quoque delictum illic luendum interpretamur, nemo dubitabit animam aliquid pensare penes inferos salua resurrectionis plenitudine per carnem quoque. Hoc etiam Paracletus frequentissime commendauit, si qui sermones eius ex agnitione pro-

missorum charismatum admiserit.

Au total, puisque, par ce cachot que nous montre | Evangile, nous entendons les enfers, et que nous interprétons « le dernier quaarans »

en ce sens que même le péché léger doit être expié là avant la résurrection, personne ne doutera que l’âme n'ait dans les enfers quelque chose à acquitter, sans préjudice de la plénitude de la résurrection où la chair aussi (recevra son dû). C’est là un point sur lequel le Paraclet a fréquemment insisté — pour ceux qui admettent ses paroles et y reconnaissent les charismes promis.

22 De Corond, D ΒΗ ΚΕΝ, τς τ) Paule, 06) 2112

Exinde sententiae super illo (milite), nescio an christianorum —

Voici qu'on exprime sur le compte (de ce soldat) ? certaines opinions,

1 À la différence de KR. W., je coupe la phrase après in morte et je supprime le point après praecepit : le sens me paraît plus satisfaisant ainsi

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