Jbid., xIv (Œuer, 1, 784: P. L
Si Christus abstulit quod Moyses praecepit, quia « ab initio non fuit SIC» CT MT EX IX 6) nECxSiCAdeO ab alia uenisse uirtute reputabitur Christus ; cur non et Paracletus abstulerit quod Paulus indulsit, quia et secundum matrimonium ab initio non fuit, nec ideo suspectus habendus sit, quasi spiritus alienus, tantum ut Deo ét Christo dignum 81 quod superducitur ?
Si DeotetmONEISto die ΠΣ Π1Π11 « duritiam cordis » (cf. Mr., 1h14.) tempore expleto compescere, cur non dignius sit et Deo et Christo infirmitatem carnis tempore iam
collectiore discutere ? Si iustum est
Si le Christ a supprimé ce que Moïse avait prescrit, parce qu’ « il n’en était pas ainsi dès le début ».
et que, malgré cela, nul ne songe à croire que le Christ soit venu au nom d'une autre puissance, pourquoi le Paraclet ne pourrait-il annuler aussi certaines concessions de Paul, puisque le second mariage n'exista pas dès le début, et que, d'autre part, on ne saurait considérer (le Paraclet) comme suspect, ni comme un Esprit étranger, du moment que ce qu'il apporte par surcroît est digne de Dieu et du Christ? S'il a été digne de Dieu et du Christ de faire échec à la « dureté
matrimonium non separari, utique et non iterari honestum est. Denique apud saeculum utrumque in bona disciplina deputatur, aliud concordiae nomine, aliud pudicitiae. Regnauit duritia cordis usque ad Christum mitas carnis usque ad Paracletum.
regnauerit et infir-
Noua lex abstulit repudium (habuit quod auferret); noua prophetia, secundum matrimonium, non minus repudium prioris. Sed facilius duritia cordis Christo cessit, quam infirmitas carnis. Plus haec sibi Paulum defendit, quam [118 Moysen ; si tamen defendit cum indulgentem eum captat, praescribentem recusat, quae potiores sententias et perpeiuas uoluntates eius eludit ; quae non sinit nos hoc Apostolo praestare, quod mauult.
Et quousque infirmitas ista impu-
dentissima in expugnando meliora
perseuerabit? Tempus ‘eius donec Paracletus operaretur fuit, in quem dilata sunt ἃ Domino, quae tunc sustineri non poterant, quae Δ ΠῚ
des cœurs », une fois le moment venu, pourquoi ne serait-il pas plus
digne encore et de Dieu et du Christ
de secouer l’infirmité de la chair, quand déjà les temps sont devenus plus courts P S'il est juste de ne pas dénouer l'union conjugale, il est honorable aussi de ne pas la réitérer.
Au surplus, dans le monde même, ces deux modes d'agir sont réputés d’excellent exemple, l’un sous 16 nom de concorde, l’autre sous le nom de pudicité. La « dureté des cœurs » ἃ régné jusqu'au Christ
que l'infirmité de la chair n'ait régné que jusqu'au Paraclet ! La Loi nouvelle ἃ supprimé le divorce :
c'était assez faire. La prophétie nouvelle supprime le second mariage, qui n'est rien de moins que le divorce du premier. Mais la dureté des cœurs a cédé plus aisément au Christ que linfirmité de la chair.
Celle-ci appelle Paul à la rescousse plus encore que celle-là ne faisait Moïse : si toutefois c’est se prévaloir de lui que de faire état de ses indulgences et de récuser ses prescriptions, d'éluder ses opinions préférées et ses constantes volontés, et de ne point permettre à l’Apôtre de mettre au premier plan ce qu'il aime le mieux. Jusques à quand cette impudente « infirmité » continuera-t-elle à évincer le mieux?
Elle a eu son temps, avant que n’intervint le Paraclet, jusqu'à la venue duquel le Seigneur a différé
nemini competit portare non posse, quia per quem datur portare posse non deest. |
συν ἐς Ibid., xv ((ŒHLER,
Quae igitur hic duritia nostra, si non facientibus uoluntatem Dei renuntiamus ? Quae haeresis, si secundas nuptias, ut illicitas, iuxta adulterium iudicamus ? Notat apostolus eos qui in totum nubere prohibebant, qui et de cibis interdicebant quos Deus condidit (cf.
FRET EN RS EN OS magis nuptias auferimus, si secun-
uEro non
das recusamus, quam cibos reprobamus, si saepius ieiunamus. Aliud est auferre, aliud temperare ; aliud est legem non nubendi ponere, aliud est modum nubendi statuere.
Plane qui exprobrant nobis duriin hac causa
tiam uel haeresim
aestimant, si in tantum fouent car-
‘nis infirmitatem, ut in nubendo
frequenter sustinendam putent, cur illam in alia causa neque sustinent neque uenia fouent, cum tormentis expugnata est in negationem ἢ
les mesures qui ne pouvaient être encore supportées, mais que personne aujourd'hui n'a plus le droit de ne pouvoir supporter, puisque celui-là est venu par qui il est donné de les pouvoir supporter.
EMTEC TE O0O
Ici donc quelle dureté 1] y a-t-il de notre part, à rompre avec ceux qui ne font pas la volonté de Dieu ?
Quelle hérésie, si nous condamnons le second mariage, en tant qu'illicite, tout comme l’adultère ἢ L’Apôtre flétrit ceux qui prohibaient complètement le mariage, et qui interdisaient certains des aliments créés par Dieu. Nous autres, nous ne supprimons pas plus l’union conjugale, en repoussant les secondes noces, que nous ne réprouvons les aliments, en jeünant plus souvent.
Supprimer est une chose, modérer en est une autre. Autre Chose-est de poser en loi l'interdiction du mariage, autre chose d’assigner au
mariage une limite. À dire vrai,
ceux qui nous chargent du reproche de dureté ou qui parlent d’hérésie en ce cas-ci, s'ils ont un tel souci de la faiblesse de la chair qu'ils croient devoir lui venir en aide par la réitération des mariages, pourquoi ne la soutiénnent-ils pas ni ne la favorisent-ils de leur indulgence en un autre cas, quand les tortures lui ont arraché une apostasie ἢ
39. — De leiunio, 1 (REIFFERSCHEID- WISSOWA, P. 274; ŒMBLER, I,
P. L:, 11, 1003). Date incertaine !.
Piget iam cum talibus congredi, pudet etiam de eis altercari quorum nec defensio uerecunda est. Quomodo enim protegam castitatem et sobrietatem sine taxatione aduersariorum ? Quinam isti sint, semel nominabo : exteriores et interiores botuli psychicorum. Hi Paracleto controuersiam faciunt: propter hoc nouae prophetiae recusantur ; non quod alium Deum praedicent Montanus et Priscilla et Maximilla, nec quod Îlesum Christum soluant, nec quod aliquam fidei aut spei regulam euertant, sed quod plane doceant saepius ieiunare quam nu- Arguunt nos, quod ieiunia propria custodiamus, quod stationes plerumque in vesperam producamus, quod etiam xerophagias obseruemus, siccantes cibum ab omni carne et omni uirulentia et uuidio-
J'ai honte de me commettre avec de pareilles gens | — les Psychiques ; jai honte de discuter sur des agissements qu'on ne peut condamner même sans impudeur. Mais conrment protéger la chasteté et la sobriété sans donner mon appréciation sur ceux qui les combattent ?
Ce que sont (ces adversaires), je veux le dire une fois pour toutes :
ce sont les bedaines (conflées) au dedans, (proéminentes) au dehors?, des Psychiques. Ce sont elles qui cherchent querelle au -Paraclet. Et voilà pourquoi l'on rejette les prophéties nouvelles : non que Montan, Priscilla et Maximilla prêchent un autre Dieu, ni qu'ils dissolvent Jésus-Christ, ni qu'ils renversent sur aucun point la règle de foi et d'espérance ; mais tout simplement parce qu'ils enseignent à réitérer les
1 NOELDECHEN : MONCEAUX : HARNACK :
ADAM : après 217.
2 Botulus veut dire boudin. saucisse. Cf. Aulu-Gelle, Nuits Att., XVI, vi, 11 « Laberius, in mimo qui Saturnalia inscriptus est, botulum pro farcimine appellat. » Telle est aussi la signification du mot dans l’Apologeticus, 1x, 14 (RAUSCHEN, p. 38). Mais, de même que φύσχη en grec, botulus était employé aussi dans le sens d’intestins (cf. Claudianus Mamertus, de statu Animae, éd. ENGELBRECHT, CV, XI, p. 175. 1). C’est dans cette dernière acception que Tertullien le prend ici. Il fait choix délibérément d’un mot burlesque pour donner plus de mordant à sa raillerie. Znteriores botuli, ce sont donc les boyaux des psychiques, trop friands de bonne nourriture. Exteriores botuli (si l’on tient compte de l’opposition que marque Tertullien dans le contexte entre castitatem et sobrietatem, ieiunare et nubere) doit avoir un sens obscène. GEORGES traduit dans son Dictionnaire latin-allemand, 8”* éd., 1012 « die vor Wollust
gespannten Glieder ».