‹ Les sources de l'histoire du Montanisme, textes grecs, latins, syriaquesChapitre 103 sur 339 · CII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

CII INTRODUCTION

Enfin, l’on relève dans les commentaires de Didyme sur les Actes et sur la ZIe Épître aux Corinthiens une critique de la fausse notion que les montanistes se sont formée de l’extase.

La Μοντανιστοῦ καὶ ᾿᾽Οοθοδόξου Διάλεξις a été trouvée par M. Gerhard Ficker dans le manuscrit X, 11 du couvent de l’Escurial, et publiée par lui dans la Zeitschrift für Kirchengeschchte, t. XXVI (1905), p. 447-463. Ce ms. du XIVe siècle renferme diverses œuvres, authentiques ou apocryphes, de saint Athanase. Notre dialogue y figure entre une Διάλεξις ᾿Απολιναρίου χαὶ ᾿Ορθοδόξου (cf. Migne P. G., ΧΧΥΤΙΙ, 1265 C à 1285 B) et la lettre d’Athanase à Épictète (Cf. P. G., xxvI, 1049 À à 1069 Β). Il était inédit, sauf quelques lignes publiées dans une série d'extraits (Dicta Magni Athanasti) qui se trouvent imprimés chez Migne, P. G., CXLI, 509 1.

On remarquera que le « dialogue » est une des formes de la littérature gréco-romaine que le Christianisme s’est le plus vite appropriées. Dès le milieu du [18 siècle, Ariston de Pella 2 et saint Justin s’en servent contre les Juifs. Au début du 1118 siècle, la polémique antimontaniste s’en empare : Caius écrit, à Rome même, un dialogue où 1] se met en scène, discutant avec Proclus. Ce cadre commode fut souvent employé au IVE siècle, soit chez les Grecs, soit parmi les Latins, pour l'exposé de thèses philosophiques ou dogmatiques 38. Il n'est pas surprenant qu'on ait songé à l'utiliser de nouveau contre le Montanisme.

On peut, ce me semble, diviser en cinq sections la Διάλεξις que ἃ. Ficker a fait connaître. τὸ L'Économie de la Révélation 4. — L'orthodoxe explique au montaniste, qui allègue les paroles de saint Paul dans la /re Épître aux Corinthiens, XIII, 9, le sens qu’elles comportent, et la véritable nature de cette « imperfection » avouée par l’apôtre, laquelle était toute en fonction du « siècle à venir ». 20 La Légitimité de la prophétie 5. Oui ou non, les catholiques rejettent-ils à priori toute prophétie postérieure au Christ ἡ —

1 Ces lignes correspondent au texte de FicKER (n° 79), p. 100, 25 à 101, 6. Elles portent comme en-tête : « Τοῦ αὐτοῦ [— Athanase] ἀπὸ τῶν ἐν εἴδει διαλέξεως Μοντανιστοῦ nai ᾿Ορθοδόξου. » Elles sont insérées parmi les Refutationes de Johannes Bekkos contre Camaterus.

? Mentionné par Origène, C. Cels., IV, Lt.

3 Il suffit de rappeler le nom de Methodius d'Olympe (mort en 311), d’Apollinaire de Laodicée, de Grégoire de Nysse, l’Altercatio Heracliani laici cum Germinio episcopo Sirmienti, les opuscules dialogués de saint Jérôme, de saint Augustin, etc.

4 Sources, P. 93, 11 à p. 96, 8.

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INTRODUCTION CIIT

Non pas, répond le catholique. Cette question est pour nous une question d'espèce. Ce n’est pas la prophétie en soi, c’est le pseudo-prophète que nous condamnons. 3° Le Problème trinitarre 1. La citation d’un « oracle » de Montan sert d’amorce à une longue discussion sur ce point. Le catholique accuse Montan et ses disciples de confondre en une seule les trois personnes de la Trinité. Le montaniste accuse les catholiques de les séparer indûment et de donner dans une sorte de trithéisme. Chacun d'eux paraphrase les textes scripturaires où son opinion prend appui. 4° Encore l'Économie de la Révélation ?. Les apôtres ont-ils reçu le Paraclet dans sa plénitude ? Ils n’ont reçu, soutient le montaniste, que le « gage de l'Esprit ». Le catholique essaie de lui montrer le véritable sens de ce mot. 5° Ze droit des femmes à prophétiser ἃ. Le montaniste reproche à son adversaire de leur contester ce droit, que des exemples de l’Écriture justifient pourtant. — Nous ne leur contestons, répond le catholique, que leur prétention de « dominer sur l’homme » et de signer des livres écrits par elles. Au surplus, solidaires de Montan, ses prophétesses méritent d’être enveloppées dans la même réprobation que lui.

L'argumentation de Didyme et celle de la Διάλεξις sont en connexion frappante l’une avec l’autre. Reprenons, pour le démontrer, chacune des sections que nous avons déterminées dans le texte de Ficker. a) La première section de la ᾿Διάλεξις offre le même raisonnement que celui qui est développé au $ 11 de Didyme # A la preuve tirée de 1 Cor., Xi, 8-10, l’orthodoxe d'un côté, Didyme de l’autre, opposent une explication qui ressortit à la véritable nature de la foi, laquelle ne possède 1ici-bas qu’imparfaitement les objets dont elle aura au ciel la complète jouissance. δ) Le seconde section nous montre la promesse formulée par le Christ (Mr., xxXII1, 34) qui se réalise dans les apôtres Pierre et Paul 5. Même interprétation au $ ΠῚ de Didyme, qui cite Étienne, Jacques, Pierre et Paul 6 c) L'appareil scripturaire est plus riche dans la troisième section que chez Didyme, $ 1. Mais les principaux textes se retrouvent de part et d'autre (— JEAN, X, 30; XIV, O, 16, 23, 26, 30) ; et, surtout, le même oracle de Montan (qui ne

ME ΟΣ ὦ ἡ ΤΟΙ 27.

2ÉPATOI. 25 ἃ ἸῸΝ, ΤΙ.

# P'°10$, 11 jusqu'à la fin du morceau.

4 Sources, p. 156.

5 Noter aussi la parité de la formule, p. 93, 13-14 et p. 156, 13-15. Pr 9: 2oretrs.

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