INTRODUCTION CV
la Trinité ? Le hors-d’œuvre s'explique mieux si Didyme s’approvisionne dans le Dralogue : il n'aura pas voulu laisser tomber un développement qui s'offrait à lui tout préparé. |
Cette conclusion me paraît judicieuse, et bien que certaines formules de la Διάλεξις soient plus vives et plus fortes que celles du de Trinitate, en tels passages qui se correspondent 1; la postériorité de ce dernier traité doit être considérée comme très vraisemblable.
Il serait intéressant de pouvoir déterminer avec quelque certitude l’origine du dialogue. M. Ficker fait remarquer (p. 462) que si le fragment déjà publié dans Migne est mis sous le nom de saint Athanase, c'est en raison d’une contiguité fortuite avec certaines œuvres, authentiques ou non, d'Athanase. Il estime, pour sa part, que le dialogue appartient sûrement au IVe siècle : certaines expressions telles que τῶν ὑποστάσεων ἡ ἰδιοτή ? nous transportent en un temps qui ne peut être antérieur à la jeune orthodoxie nicéenne ; 1l en va de même de l’objection du montaniste qui reproche à son adversaire d'enseigner trois dieux par sa distinction entre ἄλλος xai ἄλλος χαὶ ἄλλος 3. Voilà le ferminus a quo. — Le terminus ad quem est fixé approximativement par la dépendance probable du de Trinitate à l'égard de la Διάλεξις, et aussi par la loi de 398 4 qui, ordonnant l’anéantissement des livres montanistes, aurait rendu à peu près inutile toute discussion ultérieure sur le zus scribendi des prophétesses, comme celle qui se déroule dans la dernière partie de la Διάλεξις. M. Ficker songerait volontiers à un théologien de l'école d’Antioche, sans se croire, d’ailleurs, en droit de désigner lequel. L'hypothèse me paraît peu satisfaisante. On sait le peu de sympathie de cette école à l’endroit de la méthode allégorique 5. Or, dans la dernière section de la Διάλεξις, le catholique donne justement une interprétation allégorique fort audacieuse de l'obligation imposée par saint Paul aux femmes de se voiler la tête pour prier et pour prophétiser ; il montre à son adversaire, qui proteste 6, qu’il est impossible de prendre au sens littéral les paroles de l’Apôtre, et il n’hésite pas à fonder sur elles sa suspicion contre les femmes qui « écrivent » 7! Ce n’est pas là, pour
1 Voy. en particulier les considérations sur la πίστις, p. 95, 18, en y com-
Parant D. 157,:3 ets,
Sources, n° 153.
HARNACK, DG, II 4, 78 ; TIXERONT, Hist. des Dogmes, IL, 13. PF r0660126:
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