INTRODUCTION CXI
la notice du de Haeresibus, il s’adressa naturellement aux deux hérésiologues auxquels il avait d'abord renvoyé Quoduultdeus, c’est-à-dire Épiphane et Philastre. Il trouvait chez eux des matériaux plus que suffisants pour le compendium succinct que les démarches de Quoduultdeus avaient extorqué à son obligeance.
Examinons d’abord le chapitre XXvI. — Les deux premières phrases renferment quelques données générales analogues à celles par où Épiphane et Philastre avaient ouvert leur exposé. Il n’est pas impossible que les mots « etiamnunc in eisdem partibus populos habent » 1 dérivent de renseignements oraux recueillis par Augustin. Mais 1] y ἃ de grandes chances pour qu'il ait résumé ainsi l'indication qu'avait consignée Épiphane au chapitre XLVIII, xiv : « Cette secte (pouvait lire Augustin en ce passage) existe encore en Cappadoce, en Galatie et, comme je l’ai dit déjà, en Phrygie.… On la rencontre aussi en Cilicie et à Constantinople. »
A la différence d’Épiphane (XLVIII, 1) et de Philastre (xLIX), Augustin ne mentionne pas les articles orthodoxes des théories montanistes. Il voulait faire court et, n'ayant d’autre objet que de caractériser en quelques mots chaque hérésie, il était naturel qu’il allât droit aux divergences doctrinales sans s’attarder aux éléments corrects qui s’y pouvaient associer. Il rappelle donc en quelques mots l’idée phrygienne de la venue du Paraclet en Montan. Cette conception lui était déjà familière. Au surplus, Philastre y avait fait également allusion. — Sur la question des secondes noces à laquelle il touche ensuite, Philastre ne dit rien. Épiphane, par contre, y avait consacré tout un paragraphe (XLVIIT, 1x). Mais sans doute Augustin se souvient-1l surtout de lui-même, de ce qu’il avait écrit (vers 400) dans le Contra Faustum ?. Je remarque en effet qu'il cite comme un argument allégué par les montanistes le texte de saint Paul, Z Cor., XII, 9 ; or 1] l'avait déjà rappelé au même titre dans le Contra Faustum, et on ne le rencontre ni dans l'exposé d'Épiphane ni dans celui de Philastre.
Augustin ne croit pas devoir passer sous silence l’accusation de
analogues à d’autres textes allégués par Tertullien, et tout à fait conformes à l’esprit qui l’anime, ne figurent pas dans celles de ses œuvres qui ont survécu. La manière dont Augustin amorce JEAN, XIV, 17 : « Ad haec cum eis dictum fuerit... etc. » pourrait faire penser qu’il savait par ouï-dire que c'était là un des mots de combat dont se servaient, de son temps même, les partisans de la secte.
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? No 140.