INTRODUCTION CXIII
(LXXIV). La phrase « dicentes » ἃ primis hominibus..…. celebratas 1 » est une explication propre à Augustin.
Le $ LxxxvI est consacré tout entier à Tertullien, et Augustin y abandonne les sources jusqu'ici exploitées. Le corps du paragraphe est consacré à la discussion de la théorie de Tertullien sur la corporéité de l’âme et de Dieu. C'était là une question qui avait déjà attiré à diverses reprises l'attention d’Augustin 2. Il résout la difficulté par une interprétation bénigne du point de vue de Tertullien.
On y rencontre également, vers le début et la fin, des indications non sans prix pour l’histoire du Montanisme en Afrique. Nous y apprenons 1° que Tertullien s'était brouillé avec les montanistes et, après cette scission, avait formé une secte à part ; 20 que les « tertullianistes » avaient duré, à Carthage, très réduits en nombre, jusqu’à l’époque d’Augustin ; qu'ils y possédaient même une basilique ; 3° que sous l'influence d’Augustin les derniers représentants du parti rentrèrent dans le giron de l’Église, à qui ils firent remise de leur basilique à.
Pourquoi douter d’un témoignage aussi précis et aussi autorisé ἡ Augustin, ayant pris contact avec ces sectaires, avait pu et dû les interroger sur les origines de leur conventicule. D'autre part, il présente leur réconciliation avec l’orthodoxie comme un fait de notoriété publique ( « me autem 101] posito ante aliquot annos, qguod eham te [il s'adresse à Quoduultdeus] meminisse arbitror). Ni les vraisemblances psychologiques, ni aucune raison d'ordre historique n’infirment l'attestation qu'il apporte.
Il y a pourtant dans la dernière partie du ὃ LXXXVI une donnée assez embarrassante, car elle est tout à fait isolée, et aucun autre renseignement parallèle, aucun fait connu de nous, ne nous en permet le contrôle. C’est le « quos ante destruxerat ». Tertullien aurait donc été l’adversaire du Montanisme avant d’en devenir le champion. Tillemont, je l’ai dit plus haut, se prévalait de cette indication pour conjecturer que l’Aduersus omnes haereses pouvait bien avoir été rédigé par Tertullien, « peut-être à la prière de quelque ami ». Cette hypothèse est aujourd’hui abandonnée. Tillemont lui-même en avait vu les difficultés, et, avec sa loyauté coutu-