‹ Les sources de l'histoire du Montanisme, textes grecs, latins, syriaquesChapitre 115 sur 339 · CXIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

CXIV INTRODUCTION

mière, 1l les avait signalées. En somme, si Tertullien a eu réellement une période « antimontaniste », 1] n'en est resté nulle trace dans ses écrits ; et, sauf ces quelques mots d’Augustin, la tradition est muette sur ce point.

La relation d’Augustin est donc, à tout prendre, en étroite affinité avec celles d’Épiphane et de Philastre. Une réminiscence de saint Jérôme, une ou deux menues réflexions personnelles : c’est à cela qu'il borne son indépendance à l'égard de ses autorités principales. L'intérêt essentiel de sa relation consiste dans les renseignements consignés au ὃ LXXXVI, tels que je viens de les analyser.

Je n’examinerai pas avec une attention aussi minutieuse les écrivains qui ont parlé du Montanisme à partir du VE siècle. Appliquée à des « sources » si tardives, une telle curiosité serait vaine. Toutefois, je crois devoir faire une exception pour le compte rendu du Praedestinatus, qui est en rapport assez étroit avec celui d’Augustin. Les historiens s’en sont beaucoup servis, — à tort, je le crois — et il importe de déterminer ce que nous en pouvons légitimement recueillir.

Le traité en trois livres connu sous le titre de Praedestinatus fut découvert par le Jésuite J. Sirmond (1559-1651) dans un manuscrit de la bibliothèque de la cathédrale de Reims, et publié par lui en 16431 Ce ms., qui était déjà connu d’Hincmar, le fameux archevêque de Reims, au [ΧΕ siècle ?, ne donne pas le nom de l’auteur. Sirmond étendit à tout l’ouvrage la dénomination de Liber Praedestinatus qui apparaît au livre IT, $ ΙΧ, attribuée à l’opuscule inclus dans le livre II et réfuté au livre suivant.

L'objet du Praedestinatus est, comme on sait, d'attaquer, sous une forme détournée et circonspecte et avec toutes sortes d'effusions de respect à l’égard de saint Augustin, la doctrine de la Prédestination. « Ce livre

1 SIRMOND donna une seconde édition améliorée qui figure dans ses Opera uaria par les soins de LA BAUXNE, Paris, 1606, t. I, p. 449 et 5.

? Hincmar le consulta pour écrire sa seconde dissertation de Praedest. Der et lib. arbitrio, ὃ τ (P. L., cxxvV, 70). — Il existe aussi un Augiensis (— manuscrit de Reichenau), du IX"e siècle, inférieur au Remensis (cf. HANS ν. SCHUBERT, TU,., N.F., IX, 4 (1903), p. 3 et 5.; 135 et s.). Deux manuscrits italiens ont été conservés, l’un au couvent San Marco, à Florence (signalé par MABILLON, Îter 1tal., p. 178), l’autre à Monte-Cassino (décrit par REIFFERSCHEID, dans les Sifz-Ber. de l’Acad. de Vienne, Phail.-Hist. KI., t. 71 [1872], p. 155 et s.).

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