‹ Les sources de l'histoire du Montanisme, textes grecs, latins, syriaquesChapitre 120 sur 339 · CXX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

CXX INTRODUCTION

Alexandre (ὃ xXv1), les Cathares par Sixte II ($ xxxvirr). Et il se trouve que ces diverses désignations sont ou douteuses ou certainement inexactes. Voilà qui crée un préjugé médiocrement favorable à celle qui nous occupe en ce moment. — D'autre part le Praedestinatus ouvrira ainsi le ὃ LXXXVI : « Tertullianistas olim ἃ Sotere papa Romano damnatos legimus. » Il va de soi que Soter n’a pu condamner les Tertullianistes, puisque la secte se constitua plus de quarante ans après sa mort. Dira-t-on qu'il y a là simple erreur de terminologie, et que par « Tertullianistes », il entend les « Montanistes », le prestige des écrits de Tertullien favorisant cette confusion verbale ? Mais non ! 1] sait très bien à quoi s’en tenir sur ce groupement tardif, puisqu'il travaille sans presque quitter des yeux l’opuscule d'Augustin, qui les avait très nettement distingués les uns des autres.

Ces bévues dénotent chez le Praedestinatus une telle légèreté, disons mieux, un goût de mystification si désobligeant, qu'elles ôtent toute envie d'ajouter foi à une donnée que la chronologie, sans la rendre inacceptable, ne favorise guère, et qui n’a, en tout cas, d'autre garant que lui.

Si, comme l'’admet Zahn1, le Praedestinatus l'avait puisée directement dans le de Ecstasi, on s'explique mal la façon dont 1] résume la riposte de Tertullien à Soter : «.… agens contra Soterem supradictum urbis papam, asserens jfalsa esse de sanguine infanhs, trinitatem in unitate deitatis, paenitentiam lapsis, mysteriis eisdem unum pascha nobiscum. » On serait tenté de mettre en contradiction deux affirmations du Praedeshinatus (dont la seconde a été déjà rappelée plus haut) 1° « Tertullianus.. asserens falsa esse de sanguine infantis. » 20 « ΗἸ... qui contra eos (— les Montanistes) scripserunt, nihil hinc (— au sujet du meurtre rituel) penitus memorarunt. » — Admettons toutefois que Tertullien ait pu combattre ces rumeurs sans qu'aucun adversaire du Montanisme eût encore osé les présenter par écrit comme fondées. Aussi bien, 1] leur suffisait, pour nuire, d’avoir été accueillies par l'opinion ? Mais l’asserens paenitentiam lapsis heurte trop rudement les vraisemblances. Il faudrait ignorer à fond les théories de Tertullien montaniste sur la pénitence, son inflexible rigueur à l'égard

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? Peut-être n’y a-t-il chez le Praedestinatus qu’une réminiscence vague des chapitres vui-viir de l’Apologeticus, où justement Tertullien traite la question du sacramentum infanticidii et démontre aux païens l’absurdité de ce grief dirigé contre les chrétiens en général. (Il ne pouvait être question des montanistes, que Tertullien ignorait encore.)

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