‹ Les sources de l'histoire du Montanisme, textes grecs, latins, syriaquesChapitre 122 sur 339 · CXXII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

CXXII INTRODUCTION

contre les psychiques, il faut savoir que c’est aux catholiques qu'il en a. » Cette indication s'applique évidemment au de Zeiumo, mais elle ne s’y applique pas exclusivement. Elle intéresse tous les traités où le mot psychicus est employé pour désigner les catholiques, c’est-à-dire aussi l'aduersus Marcionem, le de Monogamia, l'adu. Praxean, le de Pudicitia. Dès lors 1l n'y ἃ d'autre point d'attache entre la phrase discutée et le Ier chapitre du de Zeiunmio que le verbe recusare, employé dans l’une et dans l’autre. Il faut convenir que le lien est un peu frêle. |

Le Praedestinatus n'a pas reproduit la discussion esquissée par saint Augustin au chapitre LXXXvVI relativement à la corporéité de l’âme. Il y substitue une petite phrase assez sournoise qui ne doit pas passer inaperçue : « Obüciunt guidam Tertulliano quod animam ex traduce, id est animam dixerit ita gigni ex anima sicut ex corporibus corpus : guod catholica fides uehementer execratur. » Le dernier χῶλον (avec son verbe au mode indicatif) montre que le Praedestinatus prend à son compte la réprobation des quidam contre le traducianisme. Il reviendra à deux reprises encore sur cette question au chapitre LXXXVI : (« Tertullianum autem catholica hinc reprehendit auctoritas, quod animam ex anima nasci dicit.. » Et plus bas « ... Animam ex traduce uenire adserit…. »). Une telle insistance ne s’expliquerait guère, si l’on ne se souvenait des perplexités de saint Augustin sur la question de l’origine de l’âme, — perplexités d’où, vers la fin de sa vie, il n’était pas encore dégagé 3, — et aussi ses sympathies de théologien pour la doctrine traducianiste, dont 11] n’osait pourtant se déclarer convaincu 2. Les pélagiens, eux, avaient adopté, comme 1infiniment plus favorable à leur doctrine, la thèse créatianiste, et ils ne manquaient pas d’incriminer les complaisances (pourtant bien hésitantes) d’Augustin à l'égard de la thèse adverse 8. Le traducianisme, longtemps en faveur parmi les théologiens d'Occident, si l’on en croit saint

1 Cf. Rétract. [426-71, I, 1, 3 : « Nam, quod attinet ad eius originem, utrum de illo uno sit qui primum creatus est quando factus est homo in animam uiuam, an similiter ita fiant singulis singuli, nec tunc sciebam, nec adhuc scio. »

2 Cf. TURMEL, Le Dogme du Péché originel dans saint Augustin, RHLR, VII (1902), p. 136 et s. |

3 Voy. Contra ITulianum opus imperf., 11, 178 : « Credis ita esse animarum traducem in Tertulliani olim et Manichaei profanitate damnatam sicut est etiam corporum tradux » [phrase de Julien citée par Augustin]. Zbid., IV, 104 ; de Peccat. mer. et rem., 111, 5 ; Contra duas Epist. Pelag., 111, 26.

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