INTRODUCTION CXXIII
Jérôme 1, perdait beaucoup de son crédit depuis le début du VE siècle, grâce à la campagne menée par saint Jérôme lui-même. Mais il n’était nullement abandonné 2. Présenter cette opinion libre comme réprouvée par la fides catholica, ce n’est rien d'autre qu'une fiction destinée à atteindre Augustin, et où se satisfont les secrètes rancunes du Praedestinatus.
Le chapitre XxxvI1 est calqué sur le chapitre qui porte le même numéro dans le de Haeresibus liber. Ce que le Praedeshinatus ajoute à sa source est faux sens ou déduction purement logique. Ainsi saint Augustin avait écrit : « Dicunt enim Quintillae et Priscillae in eadem ciuitate Pepuza Christum specie feminarum reuelatum... » Le Praedeshnatus transcrit ainsi : « Dicunt enim duas ecclesias Quintillae et Priscillae, in eadem ciuitate Pepuza. » La phrase commence de même, puis, soit lecture trop rapide, soit manie de déformation, elle s’achemine aussitôt vers une invention tout arbitraire. — Le Praedeshinatus laisse tomber la mention du crime rituel, ayant déjà, au chapitre précédent, donné son avis sur ce sujet. — S'il attribue aux Pépuziens un orgueil spécial, c’est pas réflexion personnelle sur le texte d’Augustin. Il ἃ jugé vraisemblable que des gens qui vivent là où leurs prophètes ont vécu, en tirent quelque fierté. Et 1l convertit aussitôt en affirmation une hypothèse psychologique, qui n'est pas déraisonnable, mais qu’on aurait tort d'accepter comme une donnée de première main. — On remarquera qu'il supprime le petit débat relatif à la dénomination qui convient à Pépuze, ciuitas ou willa. Il ne retient que ce dernier mot, comme moins prestigieux sans doute. — Le paragraphe se clôt sur la victoire remportée sur ces dissidents par Apollonius, « évêque des Éphésiens ».
Le chapitre XXvVIII reproduit, sauf d’insignifiantes modifications de forme, le chapitre correspondant de saint Augustin. Pour une si minuscule hérésie, le Praedestinatus ne prend pas la peine d'imaginer un réfutateur particulier. Il remplace cette désignation superflue par une phrase dédaigneuse : « Contra quos nullus dignatus est nec loqui. »
Le chapitre LXXXVI s'ouvre sur une erreur chronologique qui a déjà été appréciée plus haut. Cette transition fâcheuse permet au Praedestinatus d'amorcer (assez maladroitement du reste) l’histoire d’'Octauiana et de
1 Ép. cLxV (parmi celles de saint Augustin).
2 TURMEL, art. cilé, P. 137.