XIV INTRODUCTION
services à l’histoire de la pensée chrétienne par leurs ciseaux diligents. — Quelques œuvres durent aussi leur survie à des malentendus, à des fraudes 1. D'autres demeurèrent comme enfouies dans des idiomes peu connus en dehors d’une étroite sphère, jusqu’au jour où les érudits modernes les en ont exhumées 5.
Ce ne sont point là les seules forces de conservation qui aient agi 3 ; mais bien plus nombreuses et efficaces ont été les forces de destruction 4,
1 Outre leur intérêt romanesque, les Homélies Clémentines ont été certainement protégées par le nom de saint Clément. Les Canones in Pauli apostoli epistulas, de Priscillien, furent répandus sous le nom de saint Jérôme (Voir CV., XVIII, p..340). Beaucoup d’écrits d’Apollinaire furent attribués à Grégoire le Thaumaturge, à Athanase, au pape Jules II. L'auteur de l’opuscule Aduersus fraudes Apollinaristarum (P. G., LXXXVI, 1948) signale ces supercheries. Trois homélies de Nestorius ont été compilées dans le sermon Ἥλιος ui, de Pseudo-Chrysostome (P. G., LxI, 683). Voir aussi pour 52 autres sermons de Nestorius l’hypothèse de P. BATIFFOL, Rev. biblique IX (1900), p. 329-353. D’après SALTET, (BLE, 1906, p. 300 et s.), les Lucifériens seraient les auteurs réels de deux lettres attribuées à Athanase (P. G., xxVI, 1181 ; CV, xIv, 322 et 5.) et du de Trinitate de Pseudo-Athanase (édition bénéd. [Paris, 1698], II, 601-622), etc.
? La Pistis Sophia a été retrouvée dans un manuscrit copte saec. V ou VI, du British Museum. C. SCHMIDT ἃ publié encore d’autres opuscules gnostiques d’après des manuscrits coptes (TU., VIII, 1-2 [1893]). Plusieurs sont actuellement inédits (cf. BOUSSET dans PAULY-WissoWA, art. Gnosis, col. 1504). FLEMMING et LIETZMANN (Abh. d. kel. Ges. d. Wiss. zu Gôttingen, Phl.-hist.-kl., N. F., VII, 4, Berlin, 1904) ont découvert des traductions syriaques de certains écrits ou fragments dogmatiques d’Apollinaire de Laodicée. Le Liber Heraclidis, de Nestorius a été publié et traduit d’après le syriaque par BEDJAN, BRIÈRE et NAU, en 1910, etc.
3 Théodoret, H. E., I, τν a inséré une lettre d’Arius. Il y a un formulaire arien dans Socrate, H.E.,I,xxvi. Voir aussi Athanase, de Syn., xV1; Sozomène, H. E., 11, xxvu1. — Les Actes du Concile d'Ephèse en 431 ont conservé des citations de Nestorius : cf. Rev. biblique, IX, 331. Quelques textes hérétiques ont été sauvés aussi par les florilèges, où on les insérait pour compromettre tel adversaire en montrant la parenté
de sa doctrine avec celle de dissidents notoires : voy. le recueil très caractéristique
réédité en 1907 par FRANZ DIEKAMP, Doctrina Patrum de Incarnatione Verbi, Münster i. W. Il est composé d'extraits (plus ou moins authentiques, il est vrai) empruntés à Hébion, Paul de Samosate, Nestorius, Théodore de Mopsueste, Manès, Apollinaire de Laodicée, etc., pour faire pièce aux monothélistes.
8. Parmi celles-ci, il faudrait compter encore les initiatives malencontreuses des copistes qui, au lieu de se contenter d’injurier en marge l’auteur suspect qu'ils transcrivaient (ne relève-t-on pas dans le Codex Paris. du Commentaire d’'Origène sur saint Jean, des notules telles que βλασφημεῖς. βλασφημεῖ, οὐαί σοι. ἀνάθεμά σοι. αἱρετιχέ ?), pratiquaient des coupures dans son texte. C’est ainsi que l’oracle de la prophétesse Prisca cité par Tertullien dans son de Exhort. Cast., X (ŒHLER, I, 752), ne figure plus que dans l’Agobardinus et a disparu de tous les autres manuscrits. — On notera que certaines œuvres aujourd’hui perdues existaient encore à
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