INTRODUCTION XV
— et de là des lacunes irréparables auxquelles l'intuition la plus divinatrice ne saurait suppléer.
Ces conclusions, d’un tour quelque peu pessimiste, conseilleraient, semble-t-il, l’agnosticisme, et devraient dissuader de tout exposé d'ensemble. En pratique, elles sont susceptibles d’être partiellement corrigées et adoucies. D'’espérer ressaisir en leur exacte tonalité les nuances morales ou doctrinales des hérésies primitives serait le plus souvent chimère. Mais par des voies indirectes, — par l’analyse littéraire des témoignages qui nous sont venus à leur propos ; par la confrontation de ces témoignages ; par le rapprochement minutieux de tous les indices propres à en éclairer l’histoire, — on peut encore pénétrer assez avant dans leur intelligence. Ne réussirait-on qu'à repérer les points décidément obscurs, les questions où il faut se résoudre à ignorer, cela même serait un gain, et non méprisable.
Le présent volume offre une collection des textes anciens relatifs au Montanisme. Ces textes sont d'importance très diverse. C’est à en évaluer l’autorité que je voudrais consacrer cette introduction. Quand nous aurons déterminé, autant que faire se peut, d’où proviennent les renseignements qui y sont inclus, le degré de confiance qu'ils méritent, la période à laquelle ils se réfèrent, les préoccupations particulières dont chaque auteur est animé, nous serons mieux à l’aise pour constituer avec les données reconnues valables une synthèse correcte de l’histoire du Montanisme.
une date assez tardive. Ainsi Photius possédait, au IXMe s., un recueil de 40 lettres d’'Eunomius (BATIFFOL, Lait. grecque, p. 276). ΒΙΡΕΖ et CUMONT (Rech. sur la tradition manuscrite des lettres de l’empereur Julien, Bruxelles, 1898, p. 132) estiment que la bibliothèque d’Aréthas, archevêque de Césarée (1Xme-Xme $s,) renfermait l’ouvrage de l’empereur Julien contre les chrétiens. Voir cependant NEUMANN, dans TLZ. 1699 Σ᾽. 9001 ets.