‹ Les sources de l'histoire du Montanisme, textes grecs, latins, syriaquesChapitre 16 sur 339 · INTRODUCTION XVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XVII

Τ ἱστορία consiste pour lui, non pas dans la mise en valeur, dans l’exploitation littéraire des documents transmis par la tradition, mais seulement dans le choix diligent et le classement commode de ces documents euxmêmes. Un florilège des textes les plus utiles à la connaissance du passé chrétien, l’Hastoire ecclésiastique n'est pas autre chose 3.

Eusèbe se trouvait donc cette fois très abondamment pourvu, et sans doute ne faut-il pas chercher d’autres causes du développement anormal qu'il a donné à cette partie de son exposé ?.

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Or il s’est attiré de vives critiques pour la partialité dont il aurait fait preuve à l'égard du Montanisme. M. Harnack, en particulier, s’est montré fort animé contre lui. Il lui ἃ reproché d’avoir choisi à dessein, parmi les autorités dont 1] pouvait tirer parti, les plus violemment, les plus inintelligemment hostiles, afin de réduire à une querelle misérable un des plus curieux et des plus complexes mouvements du Christianisme primitif. « Jamais, comme historien, Eusèbe n’a peut-être péché davantage que dans les chapitres relatifs au Montanisme 8.» Ainsi, Eusèbe se contentet-1l d’une simple allusion à l’écrit d’Apollinaire contre l’hérésie montaniste sans en donner aucun extrait, Harnack soupçonne aussitôt qu’Apollinaire ne lui aurait pas paru assez décidé contre le Montanisme, au gré de son haineux parti-pris 4.

Le grief ne va à rien de moins qu’à ôter presque toute valeur à notre principale source de renseignements sur les premières manifestations du Montanisme. Il mérite donc un sérieux examen.

Eusèbe est dur assurément pour le Montanisme, quand 1] en parle

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? M. SCHWARTZ (dans PauLzy-Wiss., article Eusebius, col. 1308, et CB., Eusebius, IIT [1909], p. 30) suppose que ce détail inaccoutumé s’explique par le fait qu’au temps d’Eusèbe il y avait encore des montanistes, et que leur « réalisme enthousiaste » lui déplaisait particulièrement. — Mais d’autres sectes, celle des Marcionistes, par ex., gardaient aussi un grand nombre d’adeptes, et Eusèbe ne leur prête qu’une attention beaucoup moins soutenue.

3 « Vielleicht hat Eusebius als Historiker nirgendwo mehr gesündigt als Hast. Eccl., V, xiv-x1x » ZKG., III (1879), p. 373.

4 TU. I, 1 (1883), p. 233 : « Apolinarius war ihm hôchst warscheinlich noch zu wenig entschieden. » Cf. Sources, p. 67, 23 ; 69, 11.

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