‹ Les sources de l'histoire du Montanisme, textes grecs, latins, syriaquesChapitre 17 sur 339 · XVII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XVII INTRODUCTION

en son nom personnel. L'œuvre de Montan est pour lui l’œuvre de «l'ennemi de l'Église de Dieu » ; et c’est à des « reptiles venimeux » qu’il compare les partisans du prophète et des prophétesses 1. Mais manifeste-t-il à l'endroit de la secte une aigreur spéciale ? Prend-1l pour en parler un ton spécialement agressif ? Non pas. Il use simplement du vocabulaire sans aménité qui lui est habituel dès qu'il traite des groupements hétérodoxes 3. Il ne faut pas perdre de vue non plus que dans sa pensée, l’histoire qu’il raconte est une « démonstration évangélique » d’un genre particulier. Elle est le récit des étapes par où l’Église, fortement appuyée sur la tradition incarnée des évêques, éclairée par l’Esprit-Saint qui parlait en ses grands hommes, a passé successivement avant sa réconciliation providentielle avec le pouvoir romain 8. Pénétré de cette constante préoccupation apologétique, comment ne détesterait-1il pas les hérésies qui en ont ralenti la marche et qui ont tenté de la faire ‘dévier de la droite voie ? Aussi la secte de Simon est-elle pour lui une secte « immonde », dont les partisans se glissaient dans l’Église comme « une peste et une gale » pour infuser leur « venin » à ceux qui se laissaient corrompre 4 Ménandre a été « l’instrument de la puissance diabolique », un « imposteur » dont le démon s’est servi pour ruiner les dogmes de l’Église 5. Au lendemain de la mort du dernier apôtre, les hérétiques se sont faufilés en dehors de la « tanière » où ils étaient tapis et, profitant de la disparition des grands témoins de la prédication du Christianisme, ils ont essayé d’altérer la pureté de l'Église, jusqu'alors vierge et sans souillure$. La malice de Valentin fut cachée et sournoise comme celle d’un reptile qui se blottit dans un trou 7. — Dans les entreprises de ce genre, Eusèbe aperçoit toujours la main du démon, avide de ruiner les âmes et qui met tout en œuvre pour arriver à ses détestables fins 8.

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2 Ce répertoire d’épithètes faisait partie depuis longtemps du style d'Église. Voy. LELONG, Ignace d'Antioche (Coll. HEMMER-LEJAY), 1910, p. XLI ; saint Cyprien, de Unit. Eccl., $ 11 ; 1X ; X, etc. TH. DE CauzoNs, Hist. de l’Inquis. en France, X (1909), P: 125, 128, 131-133.

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