‹ Les sources de l'histoire du Montanisme, textes grecs, latins, syriaquesChapitre 164 sur 339 · EUGENE" ΕΘ · texte numérisé non relu

EUGENE" ΕΘ

l'on apporte parmi nous une plus sérieuse raison pour observer la neuvième heure, de manière à imputer cette raison à Pierre lui aussi, s’il a fait station jusqu'à ce moment-là.

p. 289 ; ŒuLER, 1, 869 ; P. L., 11, 1010).

« C’est l'esprit du diable », dis-tu, à Psychique. Comment se fait-il alors qu'il prescrive des devoirs envers notre Dieu et (qu'il les prescrive) comme devant n être rendus à nul autre qu'à notre Dieu?

Affirme que le diable a lié parti avec Dieu ou tiens Satan pour le Paraclet. Tu certifies que c’est un homme-antechrist : car c'est de ce nom que les hérétiques sont appelés chez Jean. Mais quel qu'il soit, d’où vient qu'il ait, au nom de notre Christ, l'égard du Seigneur, alors que les

déterminé ces devoirs à

antechrists, eux, ont toujours marché contre contre Christ ? Par quel côté penses-tu

Dieu, notre qu'il soit avéré que l'Esprit est bien parmi nous : est-ce quand il commande ou quand il approuve ce que notre Dieu a toujours commandé, toujours approuvé ? Mais encore une fois vous plantez des à Dieu des limites, en ce qui touche la grâce

poteaux pour fixer comme en ce qui touche la discipline, pour les charismes comme:

pour les rites réguliers. Ainsi vous arrêtez le développement de nos

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devoirs, comme aussi des bienfaits de Dieu et vous niez qu'il nous impose aujourd’hui encore des obligations, parce quici aussi (vaut la parole) « la loi et les prophètes (ont Superest ut totum auferatis, quan- duré) jusqu'à Jean ». Il ne vous reste tum in uobis, tam otiosum. plus qu'à supprimer Dieu tout enüer, dans la mesure de votre pouvoir, puisqu'il vous ennuie tant.

38. — Jbid., xi1 (REIFFERSCHEID- WissOWA, p. 201; ŒunLer, 1, 871 ; PL", 1022).

Ideo sobrietatis disciplinam qui C’est pourquoi ceux qui prêchent praedicant pseudoprophetae, ideo la sobriété sont de faux prophètes ; haeretici qui obseruant. Quid ergo c’est pourquoi ceux qui la mettent cessatis Paracletum, quem in Mon- en pratique sont des hérétiques. tano negatis, in Apicio credere ? Pourquoi donc hésitez-vous à croire

que le Paraclet, que vous refusez de reconnaître chez Montan, réside en Apicius ἢ

39. Jbid., xi11 (REIFFERSCHEID- WissOWa, p. 291 ; ŒuLer, 1, 872; P. L,. 11. 1023.)

Bene autem, quod et episcopi Un fait qui vient servir ma uniuersae plebi mandare ieiunia thèse, c'est que les évêques presadsolent, non dico de industria crivent eux aussi des jeünes à la stipium conferendarum, ut uestrae totalité des fidèles, je ne dis pas : capturae est, sed interdum et ex avec l’arrière-pensée de faire de aliqua sollicitudinis ecclesiasticae l’argent — ce qui serait dans le causa. Îtaque si et ex hominis goût de votre rapacité ! —, mais edicto et in unum omnes rarewo- parfois aussi en vertu de quelque φρόνησιν agitatis, quomodo in nobis préoccupation d'ordre ecclésiasti-

1 L’acception où je prends ici captura me paraît plus voisine du sens habituel du mot que celle qu’indique Ηορρε (Syntax τι. Stil des Tertullian, Leipzig, 1903, p. 119) et que s’approprie le Thesaurus : captura — captus — Auffassung. Sans doute les économies réalisées grâce à ces abstinences étaient-elles versées à l’autorité ecclésiastique, qui avait dès lors (au gré de Tertullien) intérêt à les ordonner. Cf. Hermas, Simil., IIT, 111, 7.

ipsam quoque unitatem ΘΙ Πδῖ10num et xerophagiarum et stationum denotatis? Nisi forte in senatus consulta et in principum mandata coitionibus opposita delinquimus.

Spiritus sanctus, cum in quibus uellet terris et per quos uellet praedicaret, ex prouidentia imminentüium siue ecclesiasticarum temptationum siue mundialium plagarum, qua Paracletus id est aduocatus ad exorandum iudicem dicitur, huiusofficiorum remedia mandanunc ad exercendam

modi bat, puta, sobrietatis et abstinentiae disciplinam ; hunc qui recipimus, necessario etiam quae tunc constituit obseruamus. Aspice ad Judaicos fastos et inuenies nihil nouum, si, quae patribus sunt praecepta, omnis

- deinceps posteritas hereditaria reli-

gione custodit. Aguntur praeterea per Graecias illa certis in locis concilia ex uniuersis ecclesiis, per quae et altiora quaeque in commune tractantur, et ipsa repraesentatoi totius nominis Christiani magna ueneratione celebratur. Et hoc quam dignum fide auspicante congregari undique ad Christum ! uide, « quam bonum et quam iucundum habitare lratres πη Πππαπ ηι. ὦ 9. ΟΧΧ χα 9: Tr). »

Hoc tu psallere non facile nosti,

que. Et donc si, sur l'ordonnance d'un homme, vous vous mettez tous à pratiquer la ταπεινοφοόνησις 1, pourquoi critiquer chez nous la même unité de jeûnes, de xérophagies et de stations? À moins que par hasard nous ne péchions contre les sénatus-consultes et les décisions impériales qui prohibent toute réunion ! Quand l’Esprit-Saint prèchait dans le pays qu'il avait choisi, par l'organe de ceux qu'il avait choisis, pour parer aux tentations suspendues sur l'Eglise, aussi bien qu'aux fléaux suspendus sur le monde (et c'est en cela même qu'il était « paraclet », autrement dit « appelé en vue de fléchir le juge ? »), il ordonnait comme remède des pratiques de ce genre, pour exercer, en l'espèce, la discipline de sobriété et d’abstinence. Nous qui le recevons, il faut bien que nous observions les règles qu'il a alors établies.

Jetez les yeux sur les fastes juifs :

vous ne trouverez aucune nouveauté là où les générations successives gardent avec une piété héréditaire les préceptes imposés aux aïeux. Dans les provinces grecques se tiennent en des endroits déterminés ces fameux conciles formés de toutes les églises, qui traitent en commun les ques-

! C'est-à-dire l'humilité, en tant que le jeùne en est le signe ou le ferment. Le mot apparaît aussi dans le Pasteur d'Hermas, Sim., VIII, vi, 6, Ταπεινοφρονεῖν est très fréquent chez Hermas et déjà chez Clément de Rome.

? Tel était en effet, dans la langue grecque profane, le sens propre de παράχλητος. Voir USsEnER, dans Archiy. f. lat. texic. 11, 330.

nisi quo tempore cum compluribus cenas. Conuentus autem 1lli stationibus prius et ieiunationibus operati dolere cum dolentibus et ita demum congaudere gaudentibus norunt. Si et ista sollemnia, quibus tunc praesens patrocinatus est sermo, nos quoque in diuersis prouinciis fungimur in spiritu inuicem repraesentati, lex est sacramenti.

AO. — Jbid., xv (REIFFERSCHEID- WissOWA,

Reprobat etiam illos qui iubeant cibis abstinere ([ T?m.,1v, 3), sed de prouidentia spiritus sancti, praedamnans iam haereticos perpetuam abstinentiam praecepturos ad destruenda et despicienda opera Creatoris, quales inueniam apud Marcionem, apud Tatianum, apud [ouem, hodiernum de Pythagora haereticum, non apud Paracletum. Quantula est enim apud nos interdictio

tions d'intérêt supérieur. Du fait que tout le nom chrétien s'y trouve représenté, ils se déroulent au milieu d'un grand respect. Qu'il est beau en eflet de se réunir ainsi aux pieds du Christ sous les auspices de la foi ! « Qu'il est bon, qu'il est doux, quand on est frères, d’avoir même demeure! » Voilà un cantique que vous ne savez guère entonner, vous autres, que lorsque vous faites ripaille en nombreuse compagnie !

Or ces assises s'ouvrent par des stations et par des jeünes : on y sait souffrir avec ceux qui souffrent pour se réjouir ensuite avec ceux qui se réjouissent. Ces usages, que j'ai appuyés jadis, y étant présent, de ma parole, si nous les pratiquons nous aussi, dans les diverses provinces en nous mettant par l'esprit en présence les uns des autres, nous nous conformons (en cela) à une

obligation imposée par la foi.

p. 203; ŒLER, 1, 874 ; P. L., 11, 1025).

(L’A pôtre) réprouve ceux qui prescrivent l’abstention de certains aliments. C’est qu'éclairé par la prévoyance de l'Esprit saint, 11 condamnait d'avance les hérétiques qui devaient ordonner une abstinence perpétuelle pour détruire et ravaler les œuvres du Créateur :

de tels chez Marcion, chez Tatien,

jen vois

chez Jupiter, l’hérétique d'aujourd’hui (sorti de l’école) de Pythagore,

ciborum ? Duas in anno hedomadas xerophagiarum, nec totas, exceptis scilicet sabbatis et dominicis, offerimus Deo, abstinentes ab eis quae non reicimus, sed differimus.

mais non chez le Paraclet. Bien

est chez nous

l'interdiction alimentaire. Deux se-

chétive, en effet, maines de xérophagies dans l’année, et encore pas entières, puisque nous en exceptons le jour du sabbat et le jour du Seigneur, voilà ce que nous offrons à Dieu; et les mets dont nous nous abstenons, nous ne les réprouvons pas, nous en ajournons l'usage.

AREA du: Praxean, 1 (KROYManN, ed. minor, dans la Sammlung KrüGEr, Tübin-

sen 00 7%ps τ dans ον ο XXXXVIL-p: 227; Œnrer, 11,053; ἘΠῚ Lu 172)

Date incertaine !.

Nam iste primus ex Asia hoc genus peruersitatis intulit Romanae humo <homo> et alias inquietus, insuper de iactatione martyrii inflatus ob solum et simplex et breve carceris taedium ; corpus

quando, et si tradidisset exurendum, nihil profecisset, dilectionem Détnonvhabens (cf: 1"Cor:xir3); cuius charismata quoque expugna-

Nam idem tunc episcopum Romanum, agnoscentem 1am prophetias Maximillae, et ex ea agnitione pacem ecclesiis Asiae et falsa de

et ecclesiis eorum

Montani, Priscae, Phrygiae infeipsis prophetis adseuerando et

rentem,

auctoritates defendendo coëgit et litteras pacis reuocare 1am emissas et a proposito

praecessorum 6118

1 NOELDECHEN : 217; MONCEAUX :

après 213; HARNACK :

postérieurement aux traités les plus violents.

Ce fut Praxéas qui, le premier, importa d'Asie sur le sol romain cette forme d'erreur [l’hérésie patripassienne] : esprit inquiet, et de plus tout gonflé de l’orgueil du martyre, simplement pour avoir subi l'ennui d'un emprisonnement ordinaire et de courte durée, alors que, eüt-il livré son corps pour être brûlé, cela ne lui aurait servi à rien, puisqu'il n'avait pas l’amour de Dieu, dont il a combattu les charismes même.

Car c’est lui qui, alors que l'Evêque de Rome reconnaissait déjà les prophéties de Montan, de Prisca, de Maximilla et, en raison de cette reconnaissance, donnait la paix aux églises d'Asie et de Phrygie, l'obligea par ses rapports mensongers sur les prophètes eux-mêmes

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