INTRODUCTION ΧΙΧ
Tel est son état d'esprit : 1] n’en ἃ pas changé quand 1] ἃ abordé l'histoire du Montanisme, mais 1] n’en ἃ pas non plus aggravé l’amère rigueur. Examinons par quelle méthode 1] a traité cette histoire.
Donner la parole à Montan et à ses prophétesses, extraire de leurs écrits, si d'aventure il les avait sous la main, les passages les plus propres à faire connaître leurs idées, voilà à quoi 1l n’a sans doute point songé. Il n’est pas dans ses habitudes de citer textuellement les hérétiques, ΠῚ même de dresser le catalogue de leurs œuvres : c’est un honneur qu'il réserve systématiquement aux écrivains orthodoxes 1. Un oracle de Maximilla ?, une prophétie de cette même Maximilla #, voilà tout ce qu'il a recueilli d’originellement montaniste dans les sources qu'il exploitait ; et encore n'était-ce qu'en vue des discussions hostiles que ces citations amorçaient.
Il ἃ donc cherché parmi les nombreux ouvrages consacrés à la réfutation du Montanisme ceux qu'il lui serait le plus avantageux de mettre à contribution. Il peut paraître surprenant qu'il ait laissé de côté l’œuvre d'Apollinaire, l'illustre évêque d’'Hiérapolis, après un simple memento honorifique. J'ai dit quelle arrière-pensée de polémiste, M. Harnack a cru démêler chez Eusèbe à cette occasion. Mais il n’est pas nécessaire de lui supposer encore plus d’étroitesse qu’il n’en ἃ manifesté réellement. Apollinaire avait écrit à l’aurore même du mouvement montaniste 4 Dès lors Eusèbe avait tout avantage à lui préférer des auteurs dont la rédaction beaucoup plus tardive était par là même tout autrement nourrie de renseignements sur les avatars de la secte.
Son choix ἃ été évidemment guidé par cette préoccupation : préoccupation d’historien soucieux de recueillir le plus possible de données positives. Et à ce souci il en faut joindre un autre : souci d’apologiste, heureux de découper les passages où la polémique des auteurs qu'il utilise dénonce avec le plus de force et de virulence les tares d’adversaires exécrés.
On pourrait évidemment souhaiter plus de détachement, plus de sérénité ; mais un tel état d'esprit n’est ni celui d’Eusèbe, ni celui d'aucun hérésiographe ecclésiastique. Prenons-en notre parti et rendons à Eusèbe cette justice que, sans lui, les origines de la secte demeureraient enveloppées
SCHWARTZ, art. Eusebius (PAULy-Wiss., col. 1398). NV, XNL κα ΣΕ SOUECES,: D: 735 τῆς
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IV, xxvVIr (n° 67).