‹ Les sources de l'histoire du Montanisme, textes grecs, latins, syriaquesChapitre 20 sur 339 · INTRODUCTION XXI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXI

chapitres xvI et xvII. On lit, en effet, au début du chapitre xvir : « II (—l’Anonyme) mentionne encore dans ce livre l'écrivain Miltiade, comme ayant écrit, lui aussi, un livre contre l’hérésie susdite.. « J'ai trouvé ces remarques, déclare-t-1l, dans un écrit où... ce Miltiade démontre qu'il ne faut pas qu’un prophète parle en extase et je les ai résumées. »

Jérôme considérait donc Rhodon comme l’auteur de ces fragments.

A. Hilgenfeld 1 accepte cette donnée. Il admet que, sur ce point spécial, Jérôme en a su plus long qu'Eusèbe, et que sans doute 1] avait lu de ses yeux l’ouvrage en son entier.

C’est faire à Jérôme trop de crédit. L'hypothèse serait plausible si, dans les notices relatives à Rhodon et à Miltiade, on pouvait relever wn seul trait par où Jérôme eût manifesté quelque indépendance à l'égard d'Eusèbe. En fait, c'est d'Eusèbe que procède tout ce qu'il rapporte de ces écrivains : il se contente d’agrémenter ses emprunts d’épithètes laudatives ?.

Pour s'étonner que Jérôme ait été chercher ce Rhodon, signalé par Eusèbe trois chapitres plus haut (V, XVI, 13) comme un énergique adversaire du Gnosticisme, et qu'il lui ait gratuitement attribué l’opuscule anonyme, il faudrait oublier sa légèreté coutumière en matière d’érudition, . et aussi ses ignorances parfois surprenantes sur la littérature chrétienne du second siècle 4 Ne lui arrive-t-il pas, dans la notice suivante. (XL) relative à Apollonius de faire précéder une citation authentique d’Apollonius d’une donnée qui appartient, non pas à Apollonius, mais à l’Anonyme ὅ ? On sent que, dans une lecture rapide, il a collectionné pêle-mêle un grand nombre de notes qu'il distribue ensuite sans se donner le loisir de vérifier à nouveau ses sources, au moment de les mettre en œuvre.

1 Ketzergesch., p. 565, n. 960.

? Plurima, praecipuum, elegantes, insigne (xxXVII) ; praecipuum (xxxIx).

3 On notera que, d’après Eusèbe, l’activité littéraire de Rhodon se développe à Rome, bien plutôt qu’en Orient.

4 Voy. sur ce point SYCHOWSKI, op. cit., p. 49 et s.; GRÜTZMACHER, Hieronymus, 11, 134.

5 «...quo asserit Montanum et insanas uates eius perisse suspendio ». Cf. Eusèbe, V, XVI, 13. — Toutefois il me paraît inexact de dire, comme le fait TH. ZAHN (Forschungen, V, p. 10 et 16) que Jérôme attribue l’ouvrage anonyme tantôt à Rhodon, et tantôt à Apollonius. C’est bien à Rhodon et à Rhodon seul que Jérôme songe. S'il prête à Apollonius la responsabilité d’une indication qui appartient en propre à l’Anonyme, c'est par une de ces confusions si fréquentes dans le de Vir. ill., et dont on aurait tort d’abuser pour lui imputer supplémentairement une contradiction si grossière.

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