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RES

À nos bienheureux seigneurs et frères en Jésus-Christ, Lovocatus et

Dominis beatissimis in Christo fratribus Louocato et Catiherno

1 ZôPrreL, dans RES, VI, 475; BARDENHEWER, p. 535; cf. DurourcQ, Gesta Martyrum, IV, 166 et s.; FriEbrICH, dans les Sitz.-Ber. der Ak. d. Wiss. zu München, phil.-philol. u. hist. Klasse, 1888, I, p. 83-85 (opine pour 533 ou peu après). E. von Dosscaürz, das Decretum Gelasianum, TU, xxxvunr, 4 (1912), p. 348, voit dans le pseudo-décret un « gelehrter Privatarbeit >» composé en Italie dans la première moitié du VI siècle.

? L. DUCHESNE, art. cité, p. 7 et JüLicHer. — J'utilise la traduction de DucHEsne, revue sur le texte de JüLICHER, et j'ajoute un apparût critique.

le ms de Münich, n° 5508, 5. 1x.

le texte proposé par FRIEDRICH.

le texte proposé par DUCHESNE.

LICINIUS, MELANIUS, EUSTOCHIUS

presbyteris Licinius !, Melanius et Eustochius episcopi ?.

Viri uenerabilis Sperati 6 presbyteri relatione cognouimus, quod gestantes 5 quasdam tabulas per diuersorum ciuium capanas 5 circumferre non desinatis, et missas ibidem adhibitis ? mulieribus in sacrificio diuino, quas conhospitas nominastis, facere praesumastis ; sic ut 8 erogantibus uobis eucharistias 3. illae uobis positis calices teneant et sanguinem Christe populo administrare praesumant.

Cuius rei nouitas et superstitio nos non 19 leuiter con-

inaudita

tristauit, ut tam horrenda secta, quae intra Gallias numquam fuisse probatur, nostris temporibus uideatur mergere 11, quam patres orientales pepodianam 15 uocant, pro eo quod Pepodius auctor huius scismatis fuerit... 1, mulieres sibi in sacrificio diuino socias habere praesumpserint #, praecipientes Ut uoluerit inherere, a communione ecclesias-

quicumque huic errori

tica reddatur extraneus.

Qua de re caritatem uestram in

Catihernus, prêtres, — Licinius Melanius et Eustochius, évêques.

Par un rapport du vénérable prêtre Speratus, nous avons appris que vous ne cessez point de porter chez vos compatriotes, de cabane en cabane, certaines tables sur lesquelles vous célébrez le divin Sacrifice de la messe, avec l’assistance de femmes auxquelles vous donnez le nom de conhospitae ; pendant que vous distribuez l’eucharistie, elles prennent le calice et osent administrer au peuple le sang du Christ ας

C'est là une nouveauté, une superstition inouie; nous avons été profondément contristés de voir réapparaître de notre temps une secte abominable, qui n'avait jamais été introduite en Gaule; les Pères orientaux l'appellent Pépodienne, du nom de Pépodius, auteur de ce schisme. A l'égard de quiconque oserait s'associer des femmes dans le divin Sacrifice ὃ, ils ont décidé que tout partisan de cette erreur doit être exclu de la communion ecclésiastique.

Aussi avons-nous cru devoir

a Le vobis positis est peu clair. JüLICHER, art. cité, p. 667, croit le texte altéré.

δ Si l’on admet la correction de FrIepRiCH, praesumpserit, il devient inutile de supposer une lacune comme le fait JüLiIGHER, et c’est Pepodius qui est sujet de praesumpserit.

mHbecinios Mr Episcopus MT ΝΣ Mr Ὁ Sparati MF 5 Gestant εχ M5. ἢ ὁ capannas F ἴ adhibetis M 8 sicut F 9 eucharistiae Εἰ: eucharistiam D 19 superstitionis non M; superstitio non F 11 emergere D 15 pepondianam M 18 JüLICHER suppose ici une lacune. Une expression comme si qui serait tombée. Et mulieres D H præsumpserit FD.

Christi amore pro ecclesiae unitate et fidei catholicae <integritat > εἴ imprimis credidimus admonendam.

obsecrantes, ut, cum ad uos nostrae peruenerunt paginae ? litterarum, repentina 8 de praedictis rebus emendatio subsecuta #, id est, de antedictis tabulis 5, quas a presbyteris non dubitamus ut decet 6 consecratas, et de mulieribus illis, quas conhospitas dicitis, quae nuncupatio non sine quodam tremore?

dicitur animi, uel auditur, quod clerum infirmat, et sancta 8 in religione tam detestandum nomen pudorem incutit et horrorem.

Idcirco secundum statuta patrum caritati uestrae praecipimus ?, ut non solum huiuscemodi mulierculae sacramenta diuina pro inlicita administratione non polluant, sed etiam praeter matrem, auiam, sororem uel neptem intra tectum cellolae suae si quis ad cohabitandum habere uoluerit, canonum sententia ἃ sacrosanctae 109. Jiminibus ecclesiae arceatur.

Conuenit itaque uos 1], fratres Carissimi, Si ita est, ut ad nos de supradicto prouenit ? negotio,emen-

LICINIUS, MELANIUS, EUSTOCHIUS

vous avertir et vous supplier, pour l'amour du Christ, au nom de l'unité de l'Eglise et de l'intégrité de notre commune foi, de renoncer, aussitôt que la présente lettre vous sera parvenue, à ces abus des tables en question, que nous ne doutons pas avoir été consacrées comme il convient par des prêtres, et de ces femmes que vous appelez conhospitae, d'un nom quon n'entend ni ne prononce sans une certaine frayeur d'âme, d'un nom propre à diffamer le clergé et à jeter la honte et le discrédit sainte religion.

C'est pourquoi, selon les décisions des Pères, nous ordonnons à votre charité, non seulement d’empêcher ces femmelettes de souiller les sacrements divins en les administrant illicitement, mais encore de n’admettre à habiter sous votre toit aucune femme qui ne soit votre

sur notre

mère, votre aïeule, votre sœur ou votre nièce, les contrevenants devant être éloignés du seuil sacrosaint de l'Eglise, conformément aux canons.

C'est pour vous un devoir, très chers frères, si les choses se passent ainsi qu'on nous l’a fait connaître,

1 Le mot a disparu dans M par suite de l’arrachement d’un coin du feuillet. Societate D : e F ? pagina M; nostra peruenerit pagina D *repentinam M 4 JüLICHER propose subsequatur, déjà introduit par D dans son texte ὅ ut antedictas tabulas MF 5 dicitis MFD ? primo M; periculo (Ὁ) F $Ssanctae M; sancta D. 9 praecipem M 19 sacrosancto M ; sacrosanctis F ; sacrosanctae D 11 nobis ΜΕ; JüLicHer admettrait uobis: uobis D ut si ita est prouenit M; si ita est. perueniat F ; peruenit D.

LICINIUS, MELANIUS, EUSTOCHIUS

dationem celerrimam ! exhibere, quia pro salute animarum et pro aedificatione populi res ab ecclesiastico ordine tam turpiter deprauatas uelociter expedit emendare, ut nec uos pertinacitas huius obstuinationis ad maiorem confusionem exhibeat, nec nobis necesse sit cum uirga ad uos uenire apostolica (cf. 1 Cor., 1v, 21), Si Caritatem renuatis, et tradere Satanae in interitum carnis, spiritus possit saluari (cf. [ Cor., v, 5), hoc est, tradere Satanae, cum ab ecclesiastico grege pro crimine suo

ut

quisquis fuerit separatus, non dubitet se a daemonibus tamquam lupis rapacibus deuorandum (cf. Act., Ἐπ 20 et. PIERRE, V, 8)-Srimiliter et euangelica commouemur sententia 2, ubi ait : « Si nos nostra scandalizauerint membra, < hoc est >?

quicumque ecclesiae catholicae 4 haeresim intromittit, ideo utilius ὅ tro unum: membrum, qui Ὁ totam commaculat ecclesiam, abscidatur, quam tota ecclesia in interitum deducatur (cf. Mr., v, 29-30).

Sufficiant uobis haec pauca, quae de multis praediximus. Date operam multam 7, communioni $ caritatis, et uiam regiam”, a 10 qua paululum deuiatis, auidissima intentione ingredi procuretis, ut et uos

d'y apporter la plus prompte correction : il importe au salut des âmes et à l'édification du peuple qu'une si honteuse dérogation à la règle ecclésiastique soit rectifiée sans retard ; il ne faut pas qu'en vous obstinant dans cet abus vous vous exposiez à une plus grande confusion, ni que nous soyons obligés par un refus contraire à la charité, de venir à vous, tenant en main la verge apostolique, et de vous livrer à Satan pour que l'esprit puisse être sauvé par le châtiment de la chair.

Livrer quelqu un à Satan, c’est l’exclure, pour faute grave, du troupeau de l'Eglise et le laisser dévorer par les démons, comme par des loups rapaces. L'Evangile aussi nous rappelle nos devoirs, quand 1] nous parle des membres qui scandalisent, c'est-à-dire de ceux qui introduisent l’hérésie dans l’Eglise catholique. Il vaut mieux retrancher un membre qui souille l'Eglise que de la laisser entraîner tout entière dans la perdition.

endire bien davantage : que ces quelques mots

Nous pourrions

vous suffisent. Prenez à cœur la charité et l’unité de la communion; rentrez vaillamment dans la voie royale dont vous avez quelque peu

1 celeberrimam MD. ? euangelicam — sententiam M ὃ hoc est JüricHer 4 ecclesia

catholica M : in ecclesia catholica D 5. communionem MF ; dans MFD.

5 facilius communione D ?JüLICHER admettrait

ΜΒ quod,: F-Toperae:multa. M

rectam a manque

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fructum de oboëedientia capiatis, et nos uos pro exoratione nostra congaudeamus esse saluandos.

dévié ; vous recueillerez le fruit de votre obéissance et nous nous réjouirons de vous avoir sauvés par nos prières.

CODEX IUSTINIANUS

195. — I, v, 18, de Haereticis et Manichaeis et Samaritis (Parc KRrüGER, Berlin, 5° éd.-1892, p. 56). Sans date; mais encadrée entre une loi de 527 (n° 12) et une loi de 529 (n° 19).

«x = x Ἀ --- Ὁ ᾽ Γ À δὲ περὶ τῶν Σαμαρειτῶν ἐτύχομεν \ ΄ VAS ( ΣᾺ ἘΞ Ξ- op Le SOU " x 3 πεν ἤδη νομοθετήσαντες, χρατεῖν χαὶ ἐπὶ \

’ LA = , \ LTTE GUVAYOY TV τινα τολμᾶν αυτοὺυς

3 ’ ss 7 7 μήτε τὴν αὐτῶν ουσίαν δύνασθα! τιν!

"ὔ “ es ’ ΘΑ ἔχ σσου δίχαιον ἐν διαθήχαις Ἢ ἐξ AN ! >) , ΄ δὰ ἀδιαθέτου, χἂν εἰ συγγενής, XAV €

… Nous voulons que les mesures déjà portées contre les Samaritains soient également mises en vigueur contre les Montanistes, les Tascodrogites et les Ophites : autrement dit, qu'ils ne s’avisent point de tenir aucune réunion pour y prendre part à des discours ou à des actes impies et ridicules; qu'ils n'aient le droit de transmettre à personne leur fortune sous forme d'héritage ou de fidéicommis, par testament ou ab intestat, — que l'héritier soit leur parent ou qu'il leur soit étranger ; à moins que celui qui est appelé à recueillir leur succession ou qui est inscrit par eux comme héritier ou honoré d'un fidéicommis n'embrasse la foi catholique...

189. — Zbid., I, v, 19 (KrüGER, p. 58). 529 (Constantinople).

Omnibus uidelicet, quae nostrae constitutiones de poenis paganorum

Toutes les pénalités portées par nos constitutions contre les païens,

os: δυο αν.

CODEX IUSTINIANUS

et Manichaeorum et Borboritarum et Samaritarum et Montanistarum et Tascodrogorum et Ophitarum ceterorumque haereticorum causa constituerunt, ex hac nostra lege confirmandis et in perpetuum ualituris.

les Manichéens, les Borborites, les les Montanistes, les Tascodrogites, les Ophites et autres

Samaritains.

hérétiques sont confirmées par cette présente loi et resteront à jamais en vigueur.

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