‹ Les sources de l'histoire du Montanisme, textes grecs, latins, syriaquesChapitre 34 sur 339 · INTRODUCTION XXXV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXXV

quand ils ont dit simplement et nettement ce qu'ils avaient à dire. Il est diffus, prolixe à l'excès, et se complait en de filandreuses homélies destinées à convaincre les hérétiques de leur malice, ou du moins à en persuader ses lecteurs.

J'ajoute que la logique de ses raisonnements est souvent contestable 1, qu'il n’évite ni les contradictions ni les à peu près, et que son style même pèche par l’imprécision et le bavardage 3.

Mais enfin, à défaut de finesse personnelle, Épiphane a eu tout au moins l’habileté de savoir profiter du travail d'autrui. Il ἃ fait son butin auprès des hérésiologues, ses prédécesseurs, et c’est principalement, sinon uniquement, par ce qu'il leur doit, que son Panarion constitue un monument important, et digne d’être étudié de près.

Nous sommes amenés ainsi à l'examen des sources où 1] ἃ puisé pour les chapitres relatifs à l’hérésie phrygienne. An début même du Panarion, Épiphane avait indiqué la méthode qu’il comptait suivre dans son exposé. Il tirerait, déclarait-il, ses renseignements de la φιλομαθεία, c'est-à-dire de l'étude érudite des documents écrits; des indications qu'il aurait recueillies par ouï-dire (ἐξ ἀκοῆς) ; enfin de son expérience directe et person-

nelle (ἰδίοις ὠσὶ xai ὀφθαλμοῖς #). Cette méthode, EÉpiphane en rappelle

les principes vers la fin du chapitre qu'il ἃ consacré à l’hérésie montaniste : « Nous avons promis, écrit-1l, de communiquer ce que nous aurions appris, soit par oui-dire, soit par les livres, soit par le rapport de témoins véritablement dignes de foi »4.

Voyons comment 1] l’a appliquée.

1 Cf. p. 116, 19 et 5. Il annonce deux alternatives, défavorables toutes deux à ses adversaires, et en fait il n’en formule qu’une seule. Son interprétation des « oracles » montanistes porte la marque d’une inintelligence voulue : νου. p. 134, 8 ets. ; p. 136, Get 5: ; et la Crise montaniste, p. 71 ets.

? Photius (Biblioth., dans P. G., cXxII1, 404) a noté la faiblesse du style de saint Épiphane : « … Εἰ ai τῶν ρημάτων αὐτῷ nai τῆς συντάξεως οὐδὲν τὸ ἰδίωυα συμβελτιοῦται. » Les répétitions verbales reviennent chez lui à satiété. Voy. p. 115, 17 et 116, 3, et notez la monotonie des formules par lesquelles il essaie d'établir la « solidité » de la raison du prophète authentique, dans l’acte même de la prophétie : ΘΕ NE NÉ O EMEA TIGE 20; ri21 MODO TION ASIE 12-57) 24132005, 20"; 12628 "etc: δἰ:

Pan; Lt 2 (Corp: Huer: -Il,.1, p. 28}: « Toy ὃ

; ë ὑφ’ ἡμῶν μελλόντων εἰς γνῶσιν τῶν ἐντυγχανόντων ἥχειν αἱρέσεών TE χαὶ τῶν ἀνωτάτω τὰ μὲν ἐχ φιλομαθείας ἴσμεν, τὰ δὲ ἐξ ἀχοῆς χατειλήφαμεν, τοῖς δέ τισιν ἰδίοις ὠσὶ χαὶ ὀφθαλμοῖς παρετύχομεν. » Et un peu plus bas «... ἐξ ὧν τοῦτο μὲν διὰ συνταγμάτων παλαιῶν συγγραφέων, τοῦτο δὲ

S 9 , -» Η LA 3, .. ΄ e … ΄ # δι' -αποῆς ανθρωπων αχριβῶς πιστωσαμενων τὴν ἡμῶν ἔννοιαν ἔγνωμεν. » 4 Sources, p. 138, 20.

Page 1