XL INTRODUCTION
29 Harnack signalait aussi certaines divergences entre le Syntagma, hypothétiquement reconstitué, et les Philosophoumena, et il se demandait s'il n'y avait pas quelque hardiesse à attribuer ces deux ouvrages à un même auteur, en l'espèce Hippolyte. — Lipsius, par un coup hardi qui ressemble quelque peu à un paradoxe, insiste sur le caractère conjectural de l'attribution des Phlosophoumena à Hippolyte, et 1l paraît tout prêt d’envier à celui-ci cet ouvrage, — avec quelle conviction, on se le demande, si l’on observe qu'un peu plus loin (p. 138) 1] tire parti pour un calcul chronologique relatif au Syntagma d'une donnée des Phulosophoumena eux-mêmes !
3° Harnack ne savait également comment concilier l’image que l’on peut se former du Syntagma, d’après les écrits qui en dérivent, avec le mot βιβλιδάοιον par lequel Photius le désigne.
Sur ce point, Lipsius corrige légèrement son impression première. Il suppose que le Syntagma devait avoir à peu près une étendue double du Xe livre des Phulosophoumena, (il lui avait assigné dans son premier ouvrage des dimensions plus modestes) ; et 1] admet que Photius ait connu, non pas l'ouvrage lui-même, mais un sommaire qui y était sans doute annexé, et qui se trouverait reproduit dans l’Aduersus omnes Haereses de Pseudo-Tertullien.
4° Enfin, en dépit de Harnack qui ne voulait voir dans l’Homélie contre Noétos que la conclusion d’un traité de polémique dirigé par Hippolyte contre « tous les monarchiens », Lipsius maintient que le morceau devait appartenir au Syntagma, et clore l'ouvrage. Il maintient également la date de 195 environ pour la composition du Syntagma (Harnack préférait rapporter l’ouvrage au pontificat de Zéphyrin). En revanche, 1] reconnaît (p. 138-139) que rien ne prouve que le Syntagma ait été rédigé en Asie, et il ne paraît pas loin de préférer à sa première conjecture celle de Harnack qui en plaçait à Rome la rédaction.
Les dissentiments de Harnack et de Lipsius ne portaient, à tout prendre, que sur des points secondaires. Ils s’accordaient sur l'essentiel, à savoir sur l'existence d’une source commune à Ps.-Tertullien, Épiphane et Philastre, source qu’une série de données concordantes — titre, nombre des hérésies y incluses, notice initiale et notice finale, lieu probable de composition — obligeraient à identifier avec le Syntagma d’'Hippolyte.
Soutenue par la pénétrante érudition d’un Lipsius, victorieuse de l'enquête approfondie d’un Harnack, on comprend que l’hypothèse se