‹ Les sources de l'histoire du Montanisme, textes grecs, latins, syriaquesChapitre 39 sur 339 · INTRODUCTION XLI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XLI

soit imposée à la critique, et qu'elle ait pris les airs d’une vérité désormais acquise 1.

Cependant on aurait tort de s’imaginer qu’elle ne soit pas assujettie à quelques incertitudes et qu’elle n’ait pas subi, en ces dernières années, quelques retouches ou quelques déficits.

19 Un premier point sur lequel on ne s'entend guère, ce sont les dimensions que devait avoir le Syntagma. Chacun se jugeant libre de l’imaginer comme 1] lui convient, les opinions les plus divergentes se font jour. Ainsi tandis que Κα. A. Lipsius le considérait comme « eine summarische Ketzerbestreitung ? »; que J. Kunze le réduisait aux proportions modestes de l’Aduersus omnes haereses de Pseudo-Tertullien 3%, A. Harnack appelle l'ouvrage « ein ziemlich umfangreiches » 4 et croit que les réfutations y prenaient un assez large développement.

Il est évident que ces fantaisies individuelles trouvent leur limite ou leur contrôle dans le témoignage des écrivains anciens qui ont pu lire de leurs yeux ce livre, pour nous énigmatique, et surtout dans la description qu'en donne l’auteur lui-même.

Or, Photius, qui ἃ compulsé le Syntagma, l'appelle (on l’a vu) un βιβλιδάριον, autrement dit un Æbellus, un opuscule. M. J. Draeseke ἃ essayé fort ingénieusement d’atténuer la portée du mot 5. Il fait observer que 1 ᾿Απόδειξις περὶ τῆς θείας σαρκώσεως d’Apollinaire de Laodicée, telle qu'on peut la reconstituer d’après la réfutation de Grégoire de Nysse, ne comprenait pas moins de douze pages de trente-cinq lignes, et devait être environ quatre fois plus longue — il est légitime de le conjecturer — dans sa teneur primitive. Or, Théodoret, qui a eu l’œuvre originale en main, la désigne par ces mots : Περὶ σαρχώσεως λογίδιον. — M. Rolffs, d'autre part, a montré par des exemples tirés de Photius lui-même qu'il arrive à celui-ci d'employer le mot βιβλίδαριον à propos de traités assez volumineux 6.

1 Cf. N. BoNwEetscH, GM., p. 38 et s.; A. HILGENFELD, Ketzergeschichte poitet sole: Zn, GK 1 ΡΟ Θ᾽ Vorer, Versch. Urk., p. 1 et s:: KUNZE, de Historiae Gnosticismi fontibus, Lipsiae, 1894, p. 45; BATIFFOL, Lattér grecque chrét., p.150, BARDENHEWER, AKL., II, 512 et Patrol., 3me éd., p. 187; A. d’'ALÈS, la Théol. de saint Hippolyte, Paris, 1906, p. 71, etc.

2 Quellenkr. Épiph., Ῥ. 38. — Dans Quellen ält. Ketz., Lipsius corrige un peu, je l’ai dit, son opinion. Il estime que l’ouvrage devait être au moins deux fois aussi étendu que le Xe livre des Philosophoumena.

3. De Historiae Gnosticismi fontibus, cf. TLZ., 1894, col. 340.

4 Chron., II, 222.

SAZNZ.; XEVI (1903); p. 72:

6. Urkunden, p. 156. Cf. Photius, Biblioth., LXXXI ; CLXXXV ; CXXVI ; CLXXXWVI,

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