INTRODUCTION XLVII
outre le Syntagma, plusieurs autres traités d’Hippolyte. Il tient à ce qu'Épiphane ait trouvé dans le Synfagma même de quoi s'approvisionner largement. D'autre part, il constate que, parallèlement aux amples développements d’Épiphane, Philastre et Pseudo-Tertullien se ressemblent pour le contenu et aussi pour la brièveté de leurs notices. Une seule hypothèse, selon lui, peut expliquer toutes ces énigmes : à côté du Syntagma, aurait été rédigé (sans doute par Hippolyte lui-même) un Épitome du Syntagma ; Épiphane aurait exploité le Syntagma ; Pseudo- Tertullien serait une traduction de l'Épitome ; Philastre aurait travaillé d'après Épiphane et d’après l’Épitome.
Le tableau suivant, où je trace les linéaments de cette combinaison, la rend sensible aux yeux.
Syntagma
Épitome du Syntagma Panarion
Pseudo-Tertullien
Liber de Haeresibus.
Le problème dont je viens d'indiquer les données et d’énumérer les solutions diverses, est un des plus malaisés parmi ceux que nous offre l’ancienne littérature chrétienne. Je n'oserais dire que le grand effort de la critique, depuis Lipsius, ait abouti à nous donner des certitudes : un tel problème n’en comporte guère, au surplus. Quand on s’aventure sur le sol fuyant des hypothèses (ce qui est le droit de tout historien), on ne peut que combiner des vraisemblances, en essayant de les rendre aussi spécieuses que possible par la convenance des rapprochements et l'ingéniosité des soudures. Un point paraît probable ou même acquis : le