‹ Les sources de l'histoire du Montanisme, textes grecs, latins, syriaquesChapitre 47 sur 339 · XLVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XLVIII INTRODUCTION

Syntagma aduersus omnes haereses d'Hippolyte ἃ été, soit transcrit, soit consulté par Pseudo-Tertullien, Épiphane et Philastre, pour leurs traités hérésiologiques. Ce Syntagma, je le conçois comme un ouvrage fort court — un peu plus ample pourtant que l’Aduersus omnes haereses, puisque les réfutations, exclues par Pseudo-Tertullien, y avaient leur place — et dont la dernière notice, dirigée contre le noétianisme que l’auteur considérait comme une hérésie particulièrement dangereuse, avait pris un développement hors de proportions avec les notices précédentes. Il est sage d’en placer la publication, comme le propose Harnack, à Rome même, dans les dix premières années du IIIme siècle 1, Pour le reconstituer (dans la mesure où semblable tâche est possible), 1l ne suffit pas de constater que sur tel point Épiphane et Philastre se rencontrent, et d’inférer de là qu’ils ont dû puiser ce détail dans le Syntagma : 11] n'est guère douteux, en effet, que Philastre ait lu et utilisé le Panarion. Il faut, pour être fondé à ramener une donnée au Syntagma, la rencontrer chez Pseudo-Tertullien et Épiphane, — ou chez Pseudo-Tertullien et Philastre, — ou chez tous trois simultanément.

C’est par la stricte application de cette règle que nous nous efforcerons d'éliminer d’une enquête si délicate la plus grande part possible du caprice et d’arbitraire. Revenons maintenant aux chapitres d’Épiphane relatifs au Montanisme.

Le chapitre XLVIIT, τ du Panarion.

C’est au Syntagma d'Hippolyte que, depuis Lipsius, on rapporte ordinairement la presque totalité du premier paragraphe du chapitre XLVIII.

Une observation préalable s'impose ici. Il paraît peu exact de considérer ce $ 1 comme formant un tout. A le lire attentivement, on s'aperçoit qu'il se compose de trois parties juxtaposées. — f'abord une phrase d'introduction où Épiphane indique la dénomination de l’hérésie qu’il va combattre et en marque le rapport chronologique avec celle des Encratites 2 : cette transition est évidemment d’'Épiphane lui-même, qui a toujours grand souci d'établir un lien entre les divers chapitres de son Panarion. — Vient ensuite une affirmation de l’orthodoxie des Phrygiens

2 Chron., II, 223.

2 Sources, p. 114, 16 à 115, 6.

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