‹ Les sources de l'histoire du Montanisme, textes grecs, latins, syriaquesChapitre 49 sur 339 · L INTRODUCTION · texte numérisé non relu

L INTRODUCTION

et la manière dont 1] les amorce indique que ce sont leurs propres paroles qu'il transcrit.

Une documentation aussi précise n’a pu lui être fournie que par une source écrite. Comment l’aurait-il recueillie telle, de l’incertaine et instable tradition orale ? Il ἃ donc eu sous les yeux une pièce quelconque où les dits des coryphées étaient allégués. On pense tout de suite à ces collections d'oracles que les tenants de la secte colportèrent dès les premiers temps, ou à tout autre des nombreux opuscules dont ils appuyaient leur propagande orale 1. Il n’est nullement impossible qu’à l’époque d’'Épiphane certains de ces recueils aient encore circulé dans les milieux montanistes : l'histoire arrivée à Marcella, la docte amie de saint Jérôme ?, le laisserait penser. Pourtant Épiphane ne se vante nulle part d’avoir eu en mains un florilège de ce genre. Or 1] est assez dans ses habitudes de faire valoir, quand il le peut, la conscience de ses enquêtes, et le soin qu'il a pris de lire de ses yeux les ouvrages hétérodoxes 3.

Nous sommes donc amenés à cette conclusion qu'il a dû puiser dans une réfutation catholique qui lui ἃ fourni tout ensemble de quoi déceler à ses lecteurs la nocuité du poison montaniste, et de quoi leur administrer aussitôt l’antidote destiné à en paralyser éventuellement l'effet.

C’est ici que la confrontation de son exposé avec ce que nous savons des origines et de la première forme de la polémique antimontaniste fait ressortir indubitablement la date fort ancienne de l'écrit où Épiphane se munissait ainsi de faits et d'arguments.

En face de la sommation notifiée aux catholiques de recevoir les charismes montanistes sous peine d’être soupçonnés d’une défiance impie à l’égard de toute prophétie, les catholiques — et cela dès les débuts de

1 Cf. Eusèbe, VI, xx, 3 (Sources, p. 84, 4); Philosoph., VIII, xix (Sources, Ρ- 57, 9).

2 Sources, p. 166, 1 ets.

3 Panarion, XXVI, xvir (P. G., XLI, 359), à propos de l’hérésie des « Gnostiques » : « Ταύτῃ γὰρ τῇ αἱρέσει, ἐπιπόθητοι, χαὶ αὐτὸς περιέτυχον. Ἔχ στόματος δὲ τῶν ταύτη ἐπιχειρούντων φύσει αὐτὰ αὐτοπροσώπως ἐνηχήθην ». Et plus bas : « … ὥστε μετὰ τὸ ἀναγνῶναι ἡμᾶς αὐτῶν τὰς βίβλους... ἐσπουδάσαμεν χαὶ τοῖς ἐπισχόποις τοῖς ἐν τῷ τόπῳ ἐχείνῳ αὐτοὺς ὑποδεῖξαι. » --- XXXVIII, 11 (Ρ. G., xL1, 656) à propos des Caïnites : Ἤδη δὲ διῆλθεν εἰς ἡμᾶς rai βιβλίον ἐν © ἐπλάσαντο, x. τ. À. » — XLII, x (P. G., xL1, 709) à propos de Marcion : «- ‘And ἐτῶν ἱχανῶν ἀνερευνῶν τὴν τούτου τοῦ Mapxiwvoc ἐπινενοημένην Ψψευδηγορίαν xai ληρώδη διδασχαλίαν, αὐτὰς δὲ τοῦ προειρημένου βίβλους, ἃς χέχτηται μετὰ χεῖρας λαβὼν, τό τε παρ᾽ αὐτῶν λεγόμενον Εὐαγγέλιον καὶ ἀποστολιχὸν

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