INTRODUCTION EVA
les remarques désobligeantes qu'il formule çà et là sur Montan, « pitoyable homuncule » 1, sur les Phrygiens, dignes héritiers des antiques adversaires de l’Hellade ?, sur le nom « étrange », « effrayant » de Max:imilla 3, etc. : ce sont là plaisanteries de son goût, et 1] aime à en émailler ses réfutations. Les remontrances, homélies, paraphrases moralisantes qu'il mêle aux arguments tirés de l’Écriture doivent lui appartenir pour la plus grande part : en de telles gronderies se délecte sa manie didactique. Certaines sutures maladroites feraient supposer aussi qu'il ἃ Hé à un développement emprunté à sa source un autre développement de son cru, sans prendre soin de ménager les transitions de l’un à l’autre ou de résoudre ce qu'ils offrent d’apparemment contradictoire. Ainsi au ὃ XIII, dans son commentaire sur l’oracle de Maximilla, 1] applique d’abord à Maximilla elle-même les mots θέλοντα χαὶ μιὴ θέλοντα, et s’indigne que la prophétesse se déclare obligée de subir sa vocation divine # ; puis 1] les applique aux auditeurs de Maximilla, comme si elle eût prétendu les forcer, bon gré malprévanl'écouter, Tout cela’.est peu. cohérent et, peu net..Il\est probable que cette disconvenance .procède d’une fusion inhabile entre sa pensée personnelle et la pensée de son auteur. — Voigt remarque ὅ qu'au ὃ VIII, après avoir annoncé qu'il va montrer comment la prophétie du Nouveau Testament n’a rien à voir avec l’extase, Épiphane cite tout d'un coup Agabus, les prophètes d’Antioche et saint Paul, non pas pour dire qu'ils ne parlèrent point en extase, mais pour affirmer que leurs prophéties se réalisèrent effectivement, ce qui est un autre point de vue 7. Voigt suppose assez ingénieusement que ces personnages étaient cités à deux reprises dans la source d’Épiphane, une première fois en tant qu'ayant ignoré les obnubilations de l’extase, une seconde fois en tant qu'annonciateurs d'événements plus tard réalisés. Épiphane aura sauté de la première mention à la seconde. Peut-être songeait-il à ne pas trop alourdir d'exemples son résumé.
Le style, et çà et là la mise en œuvre, trahissent donc l'empreinte ‘ épiphanienne. Mais nous pouvons être assurés que, pour l’ensemble, le
1 Sources, p. 133, 1.