‹ Les sources de l'histoire du Montanisme, textes grecs, latins, syriaquesChapitre 61 sur 339 · EX II INTRODUCTION · texte numérisé non relu

EX II INTRODUCTION

prescriptions de saint Paul (Cf. 7 Tim., 11, 2 ; Tate, 1, 6), où 1] lit le témoignage significatif de l'amour du « Verbe » pour la monogamie. Du même coup, le rapport entre Tertullien et Épiphane (ou plutôt entre Tertullien et la source d’'Épiphane) s’évanouit.

Volontiers croirais-je aussi que les mots « τούτεστι τὸν un ἔντα ἱερέα 1 » sont une réserve d’Épiphane lui-même, et non pas seulement une réminiscence de Z Tom., II, 2, etc., extraite de la source qu'on lui suppose. Épiphane prend parti dans la question des clercs « digames », dont son époque se préoccupait 2. Il y ἃ là exception consciente, plutôt que transcription mécanique.

Reste un certain nombre de textes communs à Tertullien et à Épiphane. En ces temps où toute discussion d'ordre moral ou théologique se ramenait à épiloguer sur les affirmations de la Bible, 1] est évident qu’on doit s'attendre à trouver chez deux auteurs traitant le même sujet les mêmes points d'appui scripturaires. Les Épiîtres de saint Paul étaient l’arsenal où s’approvisionnaient les plaidoiries pour et contre l’ascétisme 3. Ces rencontres ne décèlent nullement une filiation, et il faut à Rolffs 4 un goût singulier de paradoxe pour soutenir, comme 1l le fait, que le plan du de Monogamia, si net, si fort, si bien articulé, ne se comprend qu’à la lumière de l'exposé d’'Épiphane, dans le Panarion XLVIIT, virt-Ix.

Il n’y ἃ pas lieu, je pense, d’insister davantage sur la démonstration de Rolffs, non plus que sur certains points de contact hautement fantaisistes qu'il croit discerner entre le de Monogamia et d’autres parties du Panarion, XLVIII : — il ramène ce chapitre tout entier à Hippolyte ὃ. — Ma conclusion sera celle-ci :

1 Sources, p. 129, 22.

2 Cf. VACANDARD, Ét. de critique et d'hist. relig. 17e série (1905), p. 75 et 5. Peu d’années après la rédaction du Panarion, le pape Innocent Ier (407-417) la tranchait dans le sens absolu préconisé par Épiphane. Cf. Ep., xn, 2 (P. L., xx, 604).

3 Voy. par exemple les passages de saint Jérôme cités ACL, p. 491, et plus loin, p. LXIII, la note 2.

5 Ibid., p. 66 εἰ 5. Pour soutenir l'attribution à Hippolyte de l’ouvrage catholique qu’il imaginait, ROLFFS rencontrait une grosse difficulté. Au ὃ x1 du de Monogamia (Œ., 1, 780), Tertullien écrit à propos de 1 Cor., VI, 39 : « Sciamus plane non sic esse in Graeco authentico, quomodo in usum exiit per duarum syllabarum aut callidam aut simplicem euersionem : Si autem dormierit ὉΠ eius, quasi de futuro sonet... »

J'ai examiné longuement ce texte dans La Crise montaniste, p. 385 et s., et j'ai abouti à cette conclusion que l’usus critiqué par Tertullien est un wsus graecus, une correction erronée de la Bible grecque. — RoLFrs, lui, croyait, comme beaucoup

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