LXIV INTRODUCTION
le Montanisme 1. Épiphane laisse tomber la discussion sur le jeûne : il l’'entame sur la licéité du mariage en général ; ce n’est que vers le milieu du ὃ ΙΧ qu'il la restreint au seul article opportun, je veux dire à la juste tolérance de l’Église sur le point de la réitération du mariage. Les principes qu'il indique étaient des lieux communs de la polémique chrétienne : ils n’ont rien d’ésotérique ni d’original. Épiphane était assez documenté en un tel sujet pour marcher seul, et 1] est inutile de lui supposer une source particulière pour une page qu'il lui était si aisé de tirer de son propre fonds.
Les ὃ xiv-xv.
A partir du ὃ x1v, l'exposé d’Épiphane change d’allure. Au lieu d’une discussion de détail et d’une exégèse de textes, le premier paragraphe nous offre des renseignements positifs sur le rôle attribué par la foi montaniste à la ville de Pépuze et sur la diffusion du Montanisme en Orient.
Lipsius 2? pense qu’'Épiphane revient ici au Syntagma d’'Hippolyte qu'il aurait utilisé au début de son étude, puis abandonné ensuite pour une source plus abondante dans sa discussion sur l’extase prophétique. La raison qu'il invoque est la même qu'au chapitre Ier : à savoir l’analogie des indications fournies par Épiphane avec celles que donne Philastre, analogies qui impliquent, selon lui, l'exploitation d'un même modèle.
Que l’on compare les deux morceaux 3, et l'on constatera que, s'ils renferment des données communes, 115 présentent aussi certaines divergences. Prestige spécial de Pépuze, identification de cette ville avec la cité de Jérusalem, mystères propres aux montanistes, voilà sur quoi ils s'accordent. — D'autre part, Philastre mentionne l'usage du « baptême des morts », dont Épiphane ne souffle mot. — Il semble vouloir expliquer le caractère sacré de Pépuze, par le séjour qu'y firent jadis les protagonistes de la prophétie nouvelle. Épiphane l’attribue à la croyance, répandue
1 Ce qui excuse Épiphane, c’est que, dès longtemps, on avait un peu abusivement appliqué 1 Tim., IV, 3, aux montanistes. Cf. de Mon., xv (Sources, n° 384) ; et aussi Origène, de Princ., II, vix, 3 (n° 52), texte où, selon toutes les vraisemblances, il vise le Montanisme ; cf. A. RiTscHL, Entstehung 5, p. 507, note.
? Quellenkr. des Epiph., p. 223.
3 Sources, p. 137, L. 4 et 150, 1. 20.
| ds tt