‹ Les sources de l'histoire du Montanisme, textes grecs, latins, syriaquesChapitre 65 sur 339 · LXVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LXVI INTRODUCTION

Ce qui achève de démontrer qu’Épiphane s'était mis en quête d’indications sur l’état de la secte au moment où il écrivait, ce sont les termes par lesquels 1] en décrit la diffusion à travers l'Orient. Les repères qu'il marque sont ceux de la « diaspora » actuelle du Montanisme, et non point

ceux de la répartition primitive.

On a, somme toute, l'impression qu’Épiphane consigne dans ce paragraphe le résultat d’investigations personnelles, que Philastre reproduit en y ajoutant quelques données ou interprétations nouvelles. Rien n’oblige ni même n'autorise à y discerner une influence quelconque du Syntagma

Le paragraphe suivant, relatif aux « Tascodrugites » 1 se réfère probablement à la tradition orale : 1] est assez difficile d'expliquer autrement l'incertitude d’Épiphane sur la parenté de cette espèce hérétique avec celle des Phrygiens ou avec celle des Quintillistes. Le rapport de son exposé à celui de Philastre ? est assez énigmatique. Épiphane identifie les « Tascodrugites » et les « Passalorynchites » pour des raisons de sémantique, le second nom n'étant autre chose, selon lui, que l'équivalent grec du premier. Philastre différencie ces deux variétés. C’est à lui plus encore qu'à Épiphane que s’appliquerait la qualification décernée à Épiphane par Ernest Renan 5: «.. rigoureux inquisiteur qui cherche tous les moyens d'enrichir son catalogue d’hérésies en faisant deux ou trois sectes avec une seule. » Philastre explique le caractère des Passalorynchites à peu près de la même manière qu'Épiphane, mais il ne les rattache ni aux Tascodrugites ni même aux Phrygiens, et 1] donne des Ascodrugites (telle est la forme qu'il adopte) une étymologie et une description personnelles.

Ces divergences paraissent déceler, tant chez Épiphane que chez Philastre, l'exploitation de renseignements oraux.

Épiphane lui-même rapporte explicitement à la fama (notez le mot φασι) 5 les bruits relatifs au meurtre rituel qu'on attribuait à l’une ou l’autre de ces sectes et sous-sectes. Il ne sait s’il doit faire peser l'accusation

VII [1671], p. 792). Dans Maxs1, Conc., XIII, 154, est mentionné en marge un Euthymius hegumenus Pepuzentium, avec cette mention « in ms Jol. additus » : 1] s’agit sans doute d’un manuscrit de Joly, chanoiïine-chantre de l’Eglise de Paris.

1 Sources, p. 137, 1 16.

? Sources, n° 101.

3 L'Église chrétienne, Ὁ. 136.

4 Sources, p. 138, 14.

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