INTRODUCTION LXXIII
11 en va de même d’une des objections de Caius contre l'Evangile de Jean. La teneur nous en a été conservée également par Bar Salibi dans son
Cosnmentaire sur le IVme Évangile 1.
« L’hérétique Gaius critique Jean parce qu'il n’est pas d'accord avec «les Évangélistes ses confrères quand 11] dit ? qu'après son baptême le « Christ partit en Galilée et fit le miracle du vin à Cana. — Saint Hippolyte « répond : « Après avoir été baptisé, le Christ se retira dans le désert. Les « disciples de Jean et le peuple se mirent en quête de lui. Ils le cherchaient «et ne le trouvaient pas, parce qu'il était dans le désert. Mais quand la « tentation fut finie, 1] revint et alla dans les lieux habités, non pour être « baptisé, car il avait été baptisé déjà, mais pour être désigné par Jean « qui, en le voyant, dit : « Voici l’Agneau de Dieu ». (cf. JEAN, 1, 29). Il fut « donc baptisé et 1] alla dans le désert tandis qu'ils le cherchaient... Pendant « ces quarante Jjours-là, 115 le cherchèrent sans le voir. Une fois achevés « les jours de la tentation, 1l vint, fut vu, et se rendit en Galilée. C’est pour- « quoi les Évangélistes sont d'accord entre eux, parce que, une fois que « Notre-Seigneur fut revenu du désert et que Jean l’eut désigné, comme « ceux qui l'avaient vu baptiser et avaient entendu le cri du Père (cf. MT., « III, 17) avaient cessé de le voir, étant donné qu'il était parti au désert, « Jean se vit obligé de rendre une fois de plus un témoignage de ce genre « Sur lui : « Voilà celui que vous cherchez, et qui est parti en Galilée par « la vertu de l'Esprit. DICREUC, 1V, 14)
La substance de ce développement ἃ passé dans plusieurs paragraphes du chapitre LI. La critique de Caius s’y trouve reproduite au ὃ 1V 3. Épiphane affirme, comme Hippolyte, le parfait accord des quatre Évangélistes, en dépit des divergences apparentes que grossissent artificiellement
1 Je dois la traduction du syriaque de Bar Salibi à l’obligeance de M. CHABOT, qui ἃ transposé en latin le morceau ci-dessus d’après le manuscrit de Paris, syr. 67, saec. XII, fol. 270, r°, col. 2. Déjà RENDEL HARRIS en avait donné une traduction anglaise dans Hermas in Ayrcadia, p. 48.
? Le texte syriaque porte « qui disent, etc. » M. CHABOT me fait remarquer qu'il y ἃ là manifestement une lacune causée par un bourdon. D’après le contexte, l'original devait porter qui dicunt quod post baptismum iuit [in desertum, dum ipse dicit quod statim iuit] in Galilaeam.…