‹ Les sources de l'histoire du Montanisme, textes grecs, latins, syriaquesChapitre 84 sur 339 · INTRODUCTION LXXXV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION LXXXV

Rome, laissent tomber le nom de la plupart des notoriétés hérétiques qui faisaient parler d’elles au début du 1118 siècle. Et l’on voudrait qu'un auteur venu quatre-vingts ans plus tard ait vu clair dans des souvenirs si vite brouillés ἢ Il aurait fallu pour cela qu'il eût trouvé ses points de repère dans les écrits de Tertullien : or Tertullien ne parle ni de Blastus, ni d'Eschine, ni de Théodote, et s’il mentionne Proclus (adu. Val., v), ce n’est nullement à titre d’hérétique. Il n’est qu'un contemporain de Tertullien pour avoir réalisé avec cette information et cet éclectisme le remaniement du Synlagma.

Lipsius fait également remarquer que les additions introduites par l’auteur de l’Aduersus Haereses se rapportent à des hérétiques dont l’activité s'était déployée de préférence à Rome même, à la fin du Ie siècle et au début du IIIe ΤΠ en concluait que l'opuscule avait dû être écrit dans cette ville. Harnack considère maintenant cette opinion comme vraisemblable, et donne à peu près gain de cause à Lipsius 3.

On rencontre dans les Philosophoumena deux notices sur le Montanisme : l’une au livre VIII, l’autre au livre X $. Cette dualité s'explique, si l’on se rappelle que le X€ livre donne, selon un ordre qui n’est pas toujours le même que celui qui se trouve observé dans les neuf premiers livres, une récapitulation sommaire des fausses doctrines déjà traitées par l’auteur.

Hippolyte a donc rangé le Montanisme parmi les « erreurs » qu'il énumère et stigmatise. Il ne pouvait cependant le rattacher à celles dont il avait annoncé dans son Pyrooemium qu'il s’occuperait spécialement à savoir les doctrines dérivées de la prétendue sagesse grecque, mère de sophismes et nourricière d’hérésies. Mais ce n’est là qu’une inconséquence parmi plusieurs autres : Hippolyte se montre peu exact à suivre son programme, puisqu 1l parle aussi des sectes judéo-chrétiennes, des Encratites, des Quartodécimans, etc.

Une quinzaine d’années auparavant, dans son Syntagma, — à une époque où beaucoup hésitaient encore sur le compte du Montanisme —,

1 Quellenkr. Epiph., p. 33-34; cf. Quellen ält. Ketz., p. 140. 2 Chron., II, 431.

# Sources, n° 58-59.

Page 1