INTRODUCTION XI
uelle submergere lectionem non est deos defendere, sed ueritatis testificationem timere. » Tel est le principe qu'au début du IVme siècle, Arnobe avait arboré fièrement 1, à l'encontre de certains païens qui auraient voulu faire supprimer par décret du Sénat les livres favorables à la religion chrétienne. Le point de vue changea dès que l’État romain, ayant mis sa force au service de l'Église et lié partie avec elle, eut été amené par là même à traiter tout dissident en sujet rebelle, en ennemi de la santé publique. Contre ces « entêtés 2 », ces « déments 3», ces « pervers 4 », contre cette «cohorte sacrilège 5 » de « perfides $ » — tel est, au IVe et au Ve siècles, le ton habituel des constitutions impériales relatives aux hérétiques —, toutes les mesures de coercition furent jugées légitimes 7, y compris la destruction de leurs ouvrages. Déjà Constantin n'avait pas hésité à faire brûler les livres d’Arius, et à menacer de mort quiconque les conserverait chez ϑοὲ 5: ἘΠ. 331, il prescrivit -éncore de rechercher. les ouvrages des Novatiens, Valentiniens, Marcionistes, Pauliens, Cataphrygiens 9, Plus tard, quand l’orthodoxie fut devenue loi d’État 1, quelques proscriptions ou exécutions analogues — en très petit nombre d’ailleurs, il convient de le reconnaître 1 — furent officiellement édictées. C’est ainsi
Adu. Nat., III, vit (REIFFERSCHEID, P. 116, 1. 12).
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