INTRODUCTION XCVII
τοῦ εἰδώλου 1 Jérôme n'aura fait que transposer cette donnée, en l’exprimant d’une façon plus mordante.
En ce qui concerne le N° ï, j'observe que, dans la Διάλεξις;: les textes tirés de JEAN, X, 30; XIV, 9 et 10, se réfèrent à la question trinitaire, et non pas à la promesse du Paraclet, objet principal de la démonstration que le montaniste avait tenté de faire accepter à Marcella (cf. Ép. xL1, 1). JEAN, XIV, 16-17 est mis dans la bouche de l’orthodoxe, et encore à propos de la question trinitaire. — Les analogies signalées aux N° 2, 3 et 4 s'expliquent aisément par l'argumentation traditionnelle de la polémique antimontaniste. Rien n’y est assez caractérisé pour imposer l'hypothèse d’une dépendance directe de Jérôme par rapport à la Διάλεξις. — La connexion indiquée au N° 5 est celle à quoi Ficker attache le plus de prix (besonders entscherdend, loc. cit., p. 460). Est-elle vraiment 51 probante ἢ Pas plus en Phrygie qu'ailleurs le culte d’Apollon ne comportait la castration du ἱερεύς (cf. Pauzy-WissowaA, l’art. Apollon, par WERNICKE, 1, 83). Je crois que le nom d’Apollon est mis là, non pas comme détermination précise, historique, mais seulement pour désigner le « paganisme » en général 2. En tous cas, cette mention n'était pas de nature à suggérer à Jérôme l’épithète flétrissante qu'il accole au nom de Montan.
Je remarque par surcroît que plusieurs des données qui se trouvent chez Jérôme manquent dans la Διάλεξις : par exemple, l’allusion à la condamnation des secondes noces ($ III), aux carêmes montanistes (1bid.), à la discipline pénitentielle (1bid.), au meurtre d’un enfant (δ IV), aux particularités de la hiérarchie montaniste ($ 111). La réciproque est vraie : Jérôme n’effleure ni la question de la légitimité de la prophétie féminine, n1 celle du drait des femmes à composer des livres, ni la promesse que, d’après
la Auxhetu 3, les Montanistes lisaient dans Mr., xxII1, 34. Et de tout
cela, je conclus que Jérôme n’a pas utilisé la Διάλεξις.
Mon impression est celle-ci. Jérôme s’est épargné la peine de faire des recherches spéciales pour une breuior epistula # où 1] ne se proposait que de fixer quelques jalons en vue d’aider Marcella à se former une opinion
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? Cf. les Acta disput. 5. Achatii, IL (O. VON GEBHARDT, Ausgew. Märtyreracten, Bechin; 1902, p: 116, L. 18).
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XCVIIL INTRODUCTION
motivée sur le compte de certains propagandistes indiscrets. Mais il a recueilli ses souvenirs livresques et s'est également remémoré les renseignements qui lui étaient venus par oui-dire. Il connaissait le Hbellus de Pseudo-Tertullien 1. Il connaissait aussi, et d’une façon bien plus complète que nous, les œuvres de Tertullien. Par ces documents de la tradition ecclésiastique, 1l était déjà au courant des tendances trinitaires des montanistes (1l englobe ceux-ci, sans distinction, dans le même reproche), de l'assimilation du second mariage à l’adultère, de la théorie relative à la révélation progressive, du rigorisme pénitentiel, — peut-être aussi du grief de meurtre rituel, si réellement Tertullien l’avait déjà discuté (mais cela est beaucoup plus douteux) ?. — Puis, au hasard de ses pérégrinations, il avait ramassé une documentation personnelle. On notera que, sur ces xowwvot dont 1l parle au ὃ 11, nous avons le contrôle d’un texte officiel (Code Justinien, 1, v, 20) 38 qui atteste sa véracité. Ce qu’il dit de la hiérarchie de la secte, des carêmes qu’elle observe, lui est venu sans doute aussi par la voie orale. Ce sont là des indications précieuses que nous devrons examiner de près.
Mal informé de ce qui concerne le Montanisme primitif, je dis le Montanisme ortental à ses débuts, Jérôme doit être regardé comme un témoin autorisé de certaines modalités du Montanisme de son temps.
Pacien était un contemporain de Jérôme ; il écrivait dans la seconde moitié du IVE siècle : d’après le de Vir. 111., CVI, 11 mourut « sub Theodosio principe », entre 379 et 392 (date de composition du de Vir. 11l.). Il était évêque de Barcelone. Il se produisit de son temps une recrudescence de Novatianisme, qui lui donna occasion d'échanger quelques lettres avec un certain Sympronianus à qui plaisait la rigueur novatienne. De cette correspondance trois lettres subsistent. Dans la première, Pacien revendique pour l’orthodoxe le privilège de s’appeler catholique, en face de la multiplicité des sectes. Dans la seconde, il riposte à Sympronianus, qui lui avait envoyé un traité relatif au Novatianisme, en critiquant la personne même
1 Voy. plus haut, p. LXXXIII.
? Voy. la uotice sur le Praedestinatus, p. cvi ets.