ARE
Alors que les virus fixes des instituts de Kiew, d' Odessa, de Cracovie se sont montrés extrêmement actifs en injection sous-cutanée, le virus fixe de Paris ne donne la rage aux souris que vingt ou trente fois sur cent.
Le virus fixe de Sassari possède au surplus une autre propriété, celle de n'avoir aucun effet sur l'organisme des oies qu’il est possible au contraire d'infecler aisément avec nombre d’autres virus fixes.
Ainsi, les constatations des effets différents produits sur les organismes par les virus rabiques de diverses origines, {ant virus des rues naturel que virus fixe en provenant, aboutissent en matière de rage à la notion de la variabilité démontrée de son agent pathogène. Comme pour quelques autres espèces microbiennes visibles ou invisibles, comme en matière de fièvre aphteuse par exemple, l’on est obligé d'admettre la conception de la pluralité des virus !
60 Or, il y a plus encore et Marie rapporte qu’il a été observé, en étudiant attentivement certains virus rabiques, d’évidentes transformations de leurs propriétés se caractérisant notamment par une diminution spontanée de leur nocivité.
C’est ainsi qu’au Sénégal et au Soudan, Heckenroth à pu voir que le virus des rues présentait des variations dans sa virulence pour le lapin et qu’il n'avait, de plus, aucune tendance à se transformer en virus fixe.
Dans la même région, l'inoculation intra-cérébrale au lapin du virus de Paris est toujours suivie par l'apparition de la maladie, mais avec un retard variant de cinq à quarante-trois jours.
Remlinger, Léger et Teppaz, opérant à Tanger avec du virus des rues sénégalien et à Dakar avec du virus des rues de Tanger et du virus fixe de Tanger, sont arrivés à des constatations de même ordre.
Enfin, Puntoni a étudié la perte partielle de la virulence d’un virus fixe de l’Institut de Rome, lequel, fourni en 1889 par l’Institut de Naples qui l'avait reçu de Paris, avait conservé durant trente ans toute son activité mais n’était plus resté virulent que par trépanation.
Cependant, à côté des différences marquées plus ou moins selon les cas, et dont beaucoup sont d'adaptation, existant entre les virus fixes et le virus des rues, il est des analogies très grandes, dont Remlinger a souligné l'importance, telle que la possibilité pour le virus fixe de déterminer dans quelques cas chez les animaux des symptômes de rage furieuse, cependant qu'inversement le virus des rues peut - déterminer uniquement la rage paralytique.
Toutefois, le caractère essentiel qui sépare les virus fixes .des virus des rues est l’adaptation des premiers à l'organisme du.lapin,
adaptation conjuguée avec une atténuation pour les autres mammifères, en particulier pour l’homme et pour le chien.
Pour conclure, l’on peut dire que l’agent pathogène de la rage présente des variétés de même nature que celles que l’on observe dans beaucoup d’autres maladies microbiennes en ce qui concerne les germes spécifiques visibles au microscope ou les virus filtrables qui les provoquent.
Ces variétés n’ont pas seulement entre elles d’étroits rapports, elles sont encore capables d’apparenter, intimement parfois, telle entité morbide avec telle autre.
Ainsi Doerr a-t-il pu établir les relations existant entre le virus de l’encéphalite léthargique et le virus herpétique. Aïnsi en ce qui concerne la peste aviaire, Kraus et O. Lüwy ont-ils pu mettre en évidence des variétés de virus agissant DES chez la poule et chez l’oie.
Le virus rabique obéit donc à une loi générale et se comporte en cette matière de la même façon que nombre d’autres agents des diver“ ses contagions.
Avant d'examiner maintenant l'étude des éléments figurés auxquels on a cru successivement devoir attribuer un rôle spécifique dans l’étiologie de la rage, envisageons brièvement ce que peut être la toxine rabique et par quoi elle semble manifester sa présence bien que non identifiée exactement.