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L'ÉPIZOOTIE DE LA RÉGION DIJONNAISE

L'épizootie de rage sur le renard et le blaireau que nous allons décrire a pris naissance et s’est développée dans l'important massif boisé qui couvre la partie nord de l'arrondissement de Dijon.

C'est un assez vaste pays, compris entre la vallée de l’Ouche à louest, la route nationale de Chalon à Sarreguemines par Dijon- Langres à l’est, et que limite au nord un plateau uni et froid de calcaire oolithique qui, sans transition, se continue vers le nord-est avec le plateau de Langres dont il n’est que le prolongement.

Partagée entre les cantons de Dijon-Nord, d’Is-sur-Tille, de Saint-Seine-l’'Abbaye, de Grancev-le-Château, de l'arrondissement de Dijon et le sud des cantons de Recey-sur-Ource, Aignay-le-Duc, Baigneux-les-Juifs et Venarey-les-Laumes, des arrondissements voisins de Châtillon-sur-Seine et de Semur-en-Auxois, cette région pittoresque, qui culmine à la cote de 606 mètres, se caractérise par des planures sèches et pierreuses élevées de 500 à 600 mètres en moyenne et où alternent fréquemment les bois touffus et les chaumes presque incultes.

Les eaux ont entaillé l'épaisseur de cette pénéplaine de nature jurassique en la découpant en tous sens, en se creusant des vallées étroites et pénétrantes, «des combes », «des creux » ourlés à leur sommet par des hautes roches blanches ou grises de calcaire bathonien et dont les pentes raides et boisées sont souvent brusquement terminées par de petits cirques étroitement resserrés au pied de falaises rocheuses qui les surplombent à pic. Ces vaux ont leurs flancs recouverts de taillis et de futaies presque impénétrables : assurant une sauvegarde quasi-absolue aux animaux qu'ils abritent :

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renards, chats-sauvages, martres, fouines, putois, hermines, belettes, biaireaux, sangliers, chevreuils, ete...

Citons ici, à titre indicatif, d'après la Revue des forêts et l'Allgemeine Forst und Jagd Zeitung (1), le nombre des animaux sauvages abattus en Côte-d'Or et en Haute-Marne en l’année 1866-1867.

\ Loups Renards Blaireaux Chats Putois Martres sauvages

Côte-d'Or .... 22 78 y 15 S 16

Haute-Marne . 49 926 ol 36 10 11

C'est en 1925 que furent constalées les premières manifestations de la rage sur des renards, manifestations qui devaient se multi-

plier et atteindre leur maximum au cours de l’année suivante pour

diminuer sensiblement en 1927 et ne plus se révéler en 1928 que par deux cas dont un n'aurait même pas été considéré comme certain, si le diagnostic histologique n’avait pas été porté par le laboratoire.

A vrai dire, certains événements troublants s'étaient déjà produits au cours des années précédentes, mais les faits isolés auxquels ils se rapportaient n'avaient pas semblé procéder d’une même cause générale et ce n'est qu'à la lumière des incidents ultérieurs, en étudiant la genèse de l'épizootie, que leur importance s’est trouvée révélée.

Ainsi, dès 1923 (Voir plus loin,les observations 21 el 22), un cas de rage certain sur le blaireau — cas de rage vérifié naturellement par deux conlaminations en cascade non douteuses — était constaté en Haute-Marne dans le canton de Prauthoy, limitrophe de la région de la Côte-d'Or où la rage du renard devait, deux ans plus tard, manifester ses ravages.

Vers la même époque et dans cette même région, les cas de rage du chien se faisaient plus nombreux.

A Villotte-Saint-Seine, trois cas sont successivement observés, chez le même propriétaire, un premier cas le 13 décembre 1922 sur un chien de chasse, deux autres cas le 15 janvier 1923 sur deux autres chiens de chasse rigoureusement enfermés depuis le 13 décembre, le diagnostic étant porté sur les animaux vivants par le vétérinaire sanilaire.

Selon les dires de l'intéressé, ces chiens n'auraient pas été mordus par leur voisin de chenil antérieurement abattu et la maladie devrait être rapportée à la même cause pour les trois animaux, la période d’incubation ayant seule varié pour chacun d'eux.

(1) Max. Schmidt. Loc. cit., p. 370.

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