‹ Les Sources de la Virulence RabiqueChapitre 21 sur 53 · LA RAGE EN CÔTE D'OR · texte numérisé non relu

LA RAGE EN CÔTE D'OR

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De 1921 À 1928

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— Nombre lolal des cas de rage conslales dans le deparlen once Cas de rage rapporle's a l cpizoolie sur les renards.

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C'est ensuite à Plombières (canton de Dijon-Nord), le 11 mars, un Cas douteux diagnostiqué sur une chienne de berger errante = sans collier.

À Champagny (canton de Saint-Seine-l Abbaye), le 22 mars, un chien de berger, examiné par le vétérinaire sanitaire, présente des symptômes manifestes de rage paralytique et meurt paralysé. Le fermier qui l’a élevé expose à la gendarmerie que «ses chiens de berger sont constamment attachés et n'ont pas quitté la cour depuis le 15 novembre dernier, époque à laquelle les troupeaux ont cessé d'aller dans les champs. Je n'ai vu aucun chien venir dans la cour depuis cette époque et je ne puis dire par suite de quelle circonstance ce chien est devenu enragé ». Procédant nous-mêmes à l'enquête, nous ne pouvons que conclure que l'animal a été vraisemblablement contaminé par un congénère enragé errant dans la région.

A Velars-sur-Ouche (canton de Dijon-Ouest), le 28 mars, un cas douteux de rage est observé sur un chien pa@un vétérinaire sanitaire, lequel commet la grave erreur d'ordonner l’abatage de l’animal suspect, ce qui ne permet plus d'assurer le diagnostic avec toute la certitude voulue.

A Messigny (canton de Dijon-Nord), le 121 mai, un chien errant est abattu après avoir parcouru toute la vallée du Suzon, où ila mordu plusieurs de ses congénères.

A Ahuy, commune voisine de la précédente, le 30 mai, un second chien errant est abattu dans les mêmes conditions.

À Ruffey-les-Echirey (canton de Dijon-Est), un chien, élevé par son maître, contracte la rage le 2 juin, le diagnostic étant porté sur l'animal vivant.

A Ahuy encore, le 27 juillet, un chien, élevé par son propriétaire, manifeste les symptômes non équivoques de la maladie et doit être abattu.

Enfin, à Dijon même, le 12 août, la rage est constatée par le vétérinaire municipal sur ie cadavre d’un chien de chasse braque, d’origine inconnue.

En tout, au cours de la même année, neuf cas de rage non douteux ou presque certains ont donc été constatés dans la région qui nous occupe.

L’attention des Services vétérinaires du département était moins vivement sollicitée en 1924.

Toutefois, le 25 septembre 1924, à Avot, un chien de chasse égaré, appartenant à M. Richard de Dijon, et récemment acheté dans la région à Saussy, enfermé dans une écurie, se jetait sur un

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mulet s’y trouvant, le mordait à la patte. L'on constatait la mort du chien deux jours plus tard.

Vers la même date et au même endroit, à Vernot, le 29 septembre, la rage paralytique était diagnostiquée par M. Lombard, vétérinaire à Is-sur-Tille, sur un chien courant, élevé dans le chenil d’une Société de chasse de Dijon, avec quatre autres congénères, un autre chien de la même meute étant mort deux jours auparavant, complèment paralysé aussi.

Quoi qu’il en soit, en ce qui concerne le renard, les premières manifestations non douteuses de rage sur cette espèce furent observées vers le milieu de 1925.

Si les constatations auxquelles elles donnèrent lieu furent nombreuses, la valeur de celles-ci ne laisse pas que d’être inégale.

Nous n’avons retenu que celles qui nous sont apparues caractéristiques. Encore les avons-nous classées en quatre catégories distinctes.

La première, comporte onze observations et comprend toutes celles qui ont donné lieu à des recherches de laboratoire (examen histologique ou inoculations critères) venant confirmer les diagnostics portés par les vétérinaires.

Un second groupe, réunissant neuf observations différentes, a trait aux cas dans lesquels le diagnostic a été porté par des vétéripaires sur les seules données fournies par l’étude des commémoratifs, l'examen des symptômes et des lésions présentés par les animaux vivants ou leurs cadavres.

Sept autres observations, très démonstratives, concernent des contaminations en cascade fort nettement établies.

Enfin, six cas encore ont été retenus, parce que probants aussi, bien

que se rapportant seulement à des constatations faites en dehors de tout vétérinaire.

A. Observations

où le diagnostic a été confirmé par le laboratoire

Observation n° 1

Le 19 novembre 1925, à Vernot (canton d'Is-sur-Tille) vers 19 heures, sur les lieux mêmes où déjà, deux mois auparavant, la fille d’un garde-chasse avait été mordue par un renard suspect (voir “observation n° 29) un renard bondissait par-dessus le grillage d’un chenil clos de Loutes parts, attaquait les six chiens qui s’y trouvaient et était finalement étranglé par ceux-ci. Leur gardien, M. Seguin,

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piqueur d’une société de chasse, trouvait le corps de l’animal encore Chaud, étant accouru au bruit des aboiements répétés de ses chiens.

Le corps du renard ayant été porté à l’abattoir de Dijon, le vétérinaire municipal, directeur de celui-ci, M. Carreau, adressait la tête de l'animal au Laboratoire des recherches du ministère de l’Agriculture.

- Les recherches histologiques, comme les inoculations critères du bulbe à deux lapins, pratiquées sous le contrôle de M.Vallée, Directeur du laboratoire, établissaient la certitude scientifique absolue de l'infection, les deux lapins inoculés étant morts de rage le 4 janvier 1926 et l’inoculation en série ayant été ensuite réalisée.

Ainsi se trouvait confirmée sans appel ce que la succession des faits déjà observés antérieurement permettait de prévoir : l'existence incontestable de la rage sur un certain nombre de renards peuplant les bois situés au nord de la ville de Dijon.

Observation n° 2

A Vantoux (canton de Dijon-Nord), le 14 janvier 1926, un renard présentant des signes probables d'hydrophobie venait périr dans la niche de deux chiens appartenant à M. Michel, fermier dans cette commune,

La tête était envoyée au Laboratoire des recherches du ministère de l'Agriculture et, selon les termes employés par le chef du service des diagnostics, les seules recherches histologiques effectuées, permettaient d'établir l'existence de «lésions rabiques indubitables ».

Observation n° 3

A Tarsul, un cultivateur, M. Jules Naudet, fair à :a gendarmerie, la déclaration suivante :

« Dans la nuit du 3 au 4 février 1926, vers 4 heures, j'étais couché lorsque j'ai entendu mes chiens qui aboyaient avec fureur aux environs de chez moi. Je me suis levé aussitôt et étant sur la porte de

ma Cour, j'ai aperçu mes deux chiens de berger qui se battaient avec un renard à dix mètres environ de moi. Presque aussitôt, ils ont tué cet animal ; je m'en suis emparé et craignant qu'il ne soit atteint de rage, je l’ai porté ce même jour à M. Lombard, vétérinaire à Is-sur-Tille, qui, au cours de l'autopsie, n’a rien découvert de suspect. Néanmoins, il a aussitôt envoyé la tête du renard au Laboratoire des recherches, à Alfort ».

L'examen histologique du ganglion plexiforme qui était pratiqué

dans ce Laboratoire révélait «l'existence de lésions /ypiques de rage ».

Observation n° 4

Le 9 février 1926, à 5 heures, M. Boiteux Ernest, à Ahuy, en allant soigner son bétail, trouvait un renard mort dans une grange, à côté d’une niche où un chien était enfermé et attaché.

La tête du renard envoyée au Laboratoire des recherches, par le vétérinaire sanitaire, M. Tillier de Dijon, y était examinée, les gan* glions plexiformes présentant des « lésions typiques de rage ».

Observalion n° 5

Le 17 avril 1926, à l’aube, M. Hector, cultivateur à Frôlois, découvrait un renard réfugié dans une chambre à four, située dans sa cour ; l’animal avait pénétré dans le village pendant la nuit. Il fut abattu par ce propriétaire qui prévint de suite le vétérinaire sanitaire, M. Ligeron.

Celui-ci nous signalait que «les renseignements recueillis sur l’allure et les accès furieux du renard et ceux fournis par l’autopsie ne permettaient aucun doute sur l’existence de la maladie »,

La tête était expédiée au Laboratoire des recherches d’Alfort et l'examen histologique de ces ganglions révélait, d’après le chef du Service des diagnostics «l’une des plus belles lésions rabiques qu'il soit possible de voir et certaiiement la plus formidable de toutes celles enregistrées au cours de l’épizootie vulpine en cours».

« Après un examen aussi précis, ajoutait M. Rinjard, je n’ai pas cru utile de procéder à une inoculation au lapin ».

Observalion n° 6

Dans la journée du lundi 3 mai 1926, un renard parcourait les rues du village d’Asnières-les-Dijon, en se jetant sur les volailles. Il en dévora une à moilié ; mais, peu vigoureux et paraissant malade, poursuivi à coups de bâton, il se réfugia dans le poulailler de Mme Chaussenot, où il fut abattu à coups de fourche.

L’autopsie pratiquée par M. Carreau, vétérinaire, directeur des abattoirs de Dijon, permit de constater que l'estomac était rempli de feuilles, de brindilles et de poils ; constatations en somme banales, mais l'examen des ganglions de la Lète envoyée au Laboratoire des recherches mit en évidence «des lésions histologiques typiques ».

Le 14 janvier 1927, vers 3 heures du matin, M. et Mme Rondot, cultivaleurs à Foncegrive, étaient éveillés par leurs deux chiens

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