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aboyant dans leur cour. M. Rondot se levant aperçut un renard qui se trouvait aux prises avec les chiens sous un hangar. Il abattit alors l’animal.
À l’autopsie pratiquée par M. Lombard, l'estomac se montra rempli d'herbe sèche et de feuilles mortes. La tête du renard expédiée au Laboratoire national des recherches d’Alfort fut examinée par le Service des diagnostics qui signala avoir constaté sur celle-ci des «lésions rabiques typiques ».
Observation n° &
M. Fournier, vétérinaire sanitaire à Montigny-sur-Aube, nous adressait le 14 juin 1927, le très suggestif rapport suivant, que nous croyons devoir transcrire in-extenso :
« Le 13 juin 1927, vers onze heures, Mme Senet Onésime, de Lachaume (canton de Montigny-sur-Aube) rentrait au village par la route de Lucey à Lachaume, en conduisant un troupeau de deux bœufs et de quatre vaches. Ces animaux revenaient de pâture et marchaient paisiblement les uns derrière les autres. Deux chiens de berger suivaient le troupeau à côté de la vachère.
«Chemin faisant, Mme Senel voit, à une vingtaine de mètres en avant du troupeau, un renard tranquillement couché sur le côté de la route. Elle avance avec ses bêtes.
«A l'instant où le bœuf de tête passe à proximité du renard, celuici saute au nez du bœuf et s’y accroche par ses dents. Le renard ne lâche pas, mais le bœuf, par de violents balancements de tête finit par se débarrasser du renard, qui, projeté en l’air, fait plusieurs tours et tombe dans un buisson bordant le chemin.
« Grand émoi dans tout le convoi, provoquant l’arrivée des deux chiens qui entrent dans le buisson, sautent sur le renard qu'ils terrassent après une lutte acharnée.
«Un jeune homme, armé d’une fourche, témoin de cette scène tragique, achève le renard et dégage les chiens.
«Ce renard infernal est un grand animal maigre, qui paraissait vigoureux pendant la lutte.
«Cette scène s’est déroulée à Lachaume (canton de Montigny-sur- Aube), le 13 juin 1927, en présence de Mme Senet, cultivatrice à Lachaume, et de M. André Pitois, de Boudreville.
« La tête et le cou du renard ont été envoyés, le 1? juin au Laboratoire des recherches à Alfort ». 1
Ce rapport nous apparut d'autant plus intéressant qu'aucun cas de rage du renard n'avait jusqu'alors été constaté dans cette région nord-est du département, éloignée de plus de trente kilomètres à
vol d'oiseau du point le plus septentrional où cette maladie s'était révélée.
Aussi demandions-nous à M. le professeur Vallée de vouloir bien faire procéder exceptionnellement en la circonstance à des inoculations critères.
Celui-ci nous répondait quelques jours plus tard ainsi qu’il suit :
«La tête du renard qui nous était destinée nous est parvenue avec un retard marqué et en très piteux état. Ce sera miracle si les inoculations pratiquées, qui, par prudence, l’ont été dans les muscles de la nuque, n’aboutissent pas à la production de phénomènes gênants pour l'interprétation des résultats.
«En tout cas le ganglion plexiforme se montre porteur de lésions magnifiques, mille fois typiques de la rage et une fois encore, l'on ne peut douter que cette infection soit bien en cause.
«L'histoire du renard incriminé est d’ailleurs telle, qu’elle suffit à prouver, la maladie ayant été identifiée d’autre part, qu'il s agi là encore d’un nouveau cas de rage ».
Fort heureusement toutefois, grâce à la technique employée, les deux lapins inoculés traduisaient la rage paralytique en moins d’un mois, des passages en série étant ensuite effectués.
Observation n° 9
M. Guenin Lucien, maire de Gurgy-le-Château, fait à la gendarmerie la déclaration suivante :
« Le 9 décembre 1927, vers 11 heures, en rentrant de mon travail, et me trouvant au lieu dil « Vallon du Moulin, » territoire de ma commune, j'aientendu des hurlements paraissant provenir des bords de la rivière « l’Aubette ». Accompagné d’un chien de chasse, je me suis dirigé à l'endroit précité. À mon arrivée, j'ai aperçu un renard qui suivait le cours de la rivière. A ce moment, mon chien a aboyé le renard en question, lequel a pris mon chien en chasse. Me rendant compte du danger, j'ai tiré un premier coup de fusil pour épouvanter le renard, c’est à ce moment que ce dernier a rejoint mon chien et l’a mordu. Voulant préserver mon animal, je me suis dirigé à toute vitesse dans la direction du renard qui, m'ayant aperçu a lâché le chien pour me charger. À ce moment, je l'ai abattu d’un coup de fusil, Le soir même, j'ai présenté le cadavre de cet animal à M. Fournier, vétérinaire à Montigny-sur-Aube, lequel me conseilla dsenvoyer ce cadavre, dans une caisse, au Laboratoire des recherches à Alfort, pour y être aulopsié... »
L'examen pratiqué montra que les ganglions plexiformes offraient des lésions de «rage typique ».
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Le 18 décembre 1927, vers midi, un renard parcourait le village de Thenissey. Il était agressif et se précipita en particulier dans la cour de M. Quanquin, cultivateur, où il mordit un chien appartenant à ce propriétaire.
Le renard fut abattu par un voisin, M. Charpentier, qui déclara l'avoir tué à l’aide d’une fourche, {e renard ne pouvant presque pas “ourir (rapport de la gendarmerie).
La tête fut envoyée par les soins de M. Ligeron, vétérinaire sanitaire au Laboratoire des recherches, où l'examen qui en fut fait confirma le diagnostic de rage.
Observation n° 11
Le 28 avril 1928, vers 22 heures, au hameau de Munois, commune de Darcev, l'attention de M. Bertrand, fermier audit lieu, était attirée par les cris de ses poules à l’abri sous un hangar.
Avant lâché ses chiens, ceux-ci s’élancèrent à la poursuite d’un renard qui s’enfuyait avec une proie. Aussitôt arrivé sur la route, le renard se retourna contre les chiens, puis se blottit sous un aqueduc se trouvant à proximité.
Tué par le propriétaire, le fauve fut examiné par M. Ligeron, vétérinaire à Alise-Sainte-Reine, qui déclara ne pouvoir se prononcer sur son état en le déclarant toutefois suspect de rage «étant donné qu'il s’est lancé sur les chiens qui le poursuivaient ».
La tête ayant été adressée à Alfort, le résultat de l'examen pratiqué au Laboratoire des recherches fut « positif ».
B. Observations dans lesquelles le diagnostic a été porté par les vétérinaires
sur les seuls commémoratifs et symptômes
Le samedi 29 septembre 1925, vers 5 heures, la famille Mermoz, de Messignv, était éveillée par les aboïements inusités de son chien qui était attaché dans une cabane située dans un pré attenant à l’habitation. M. Mermoz père se leva et vit un renard qui mordait le chien et qui, malgré l’arrivée du propriétaire, s’obstinait à ne pas le lâcher, se retournant contre M. Mermoz en cherchant à le mordre. L’animal fut abattu d’un coup de fusil.
Le vétérinaire sanitaire alors appelé, M. Pommier de Dijon, dans le rapport qu'il nous adressait à ce sujet, nous faisait connaître que l’autopsie lui avait permis de constater peu de matière alimentaire et beaucoup d’herbe et de feuilles dans l’estomac, aucune lésion visible et, — alors qu’à cette époque aucun cas de rage n’avait été encore constaté sur le renard — il ajoutait, très judicieusement, que le changement dans les habitudes du fauve pouvait faire porter le diagnostic de rage.
Malheureusement, la tête du renard n'avait pu être envoyée au Laboratoire des Recherches et cette première constatation d'un cas de rage sur cette espèce par un vétérinaire sanitaire, considérée comme isolée, ne provoqua pas à ce moment, en pleine période de chasse, la prise des mesures qui auraient dû autrement s'imposer.
Observation n° 13
Le 15 janvier 1926, vers 17 heures, M. Perron, garde-chassè à Francheville, suivait un sentier allant de la ferme de la Casquette à Francheville, accompagné de son chien. Sur le territoire de cette dernière commune, l’animal s’élança sur un renard qui était arrêté ; le propriétaire s’approcha aussitôt du renard qu'il tua à coups de pied. ;
À l’autopsie effectuée par M. Renault, vétérinaire sanitaire à Saint-Seine-l’'Abbaye, — lequel conclua à la rage — l’estomac du cadavre se montra vide et congestionné, de même que les muqueuses des premières voies respiratoires.
Observation n° 14
Le 12 février 1926, vers 7 heures du matin, un renard était réfugié dans la cour de M. Fournier Alexandre, à Plombières-les-Dijon et était aux prises avec les deux chiens de ce propriétaire.
L'arrivée de plusieurs personnes ne déterminait aucune frayeur chez cet animal qui ne manifestait pas la moindre tendance à fuir et restait agressif.
M. Fournier abattit le renard d’un coup de fusil et l’autopsie du cadavre, pratiquée par M. Baudoin, vétérinaire sanitaire à Dijon, permit de constater la présence dans l'estomac d’onglons de marcassin, de poils de sanglier, de débris de bois, de pierre, etc.
Observation n° 15
Le 2 mars 1926, M. Renner, vannier ambulant de passage à Villecomte, arrête sa voiture à l’entrée du village ; vers 23 h. 30, ses deux