‹ Les Sources de la Virulence RabiqueChapitre 35 sur 53 · PT ET MR TRS EN EEE EE ES SE TT · texte numérisé non relu

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même technique de préparation que pour l'utilisation des portions d’intestins.

L'on peut également prendre des figues sèches, très petites, car si elles sont trop grosses l’animal les mâchera et morcellera l’appât qu'il risquera de rejeter s’il perçoit le goût amer de la strychnine.

L'on introduit dans chaque figue une pilule de poison et l’on brosse le fruit refermé avec un pinceau trempé dans une mixture d’essence de vanille, de musc et d'huile d'anis. L'on compte aussi les figues soigneusement et on les place dans un bon sac. Parvenu sur les lieux où l’on placera la gobbe, l’on s’enduit d’abord les mains d’un peu de la mixture d’huile d’anis et de vanille. Puis à l’aide de bâtonnets de 10 centimètres environ de longueur taillés en pointe à leurs deux extrémités, l'on pique une figue par un bout du bâtonnet et l’on enfonce l’autre bout en terre, dans le terrier, aussi loin qu’il se peut en évitant qu'elle touche le sol ou les parois et en la plaçant dans’ l'obscurité le plus possible.

Dans la confection des appâts empoisonnés, l'essentiel est que ceux-ci soient des plus réduits en volume de manière à être avalés d'un seul coup, « gobés » par l’animal. Aïnsi celui-ci n’aura pas été alarmé par la perception d’une sensation gustative anormale et la strychnine pourra produire ses effets meurtriers. L'idéal est de se servir d'une composition qui éloigne les animaux domestiques et le gihier tout en attirant les fauves que l’on se propose de détruire (renards, blaireaux, martres, putois, etc...).

Obtenues dans ces conditions, les gobbes furent déposées à l’entrée ou à proximité des terriers. L'arrêté préfectoral réglementant leur emploi précisait qu’elles ne pourraient être placées qu’à l’intésieur des bois et forêts, à 30 mètres au moins des chemins ou sentiers fréquentés et à 300 mètres au minimum des maisons habitées.

Elles devaient être-enlevées avant le 15 juin 1926.

Le maire de la commune sur le territoire de laquelle le poison était déposé avait charge de faire connaître en temps utile, par publication à son de caisse et par affiches, le mode d’empoisonnement employé, la période pendant laquelle il aurait lieu et les bois et les forêts où il serait mis en œuvre.

Vingt mille amorces furent ainsi utilisées dans l’arrondissement de Dijon, un nombre au moins égal dans l’arrondissement de Châtillonsur-Seine où la pose des appâts s’opéra dans des conditions pleinement satisfaisantes. Dans l’arrondissement de Beaune, situé au sud du département et moins directement menacé, treize mille gobbes cependant furent aussi demandées, Trop longtemps, les habitants

de l'arrondissement de Semur semblèrent se désintéresser de la destruction recommandée.

Au total cinq kilogs de sulfate de strychnine, correspondant à cinquante mille doses d’un décigramme, furent employés, le personnel des brigadiers et gardes des Eaux et Forêts prêtant tout son coucours à cette opération.

C’est ainsi que pendant le printemps de 1926, la destruction des renards par le poison si elle ne fut pas aussi généralisée dans le Département qu'il aurait été souhaïtable, fut néanmoins assez activement poursuivie.

Le Conservateur des Eaux et Forêts du Département, en en rendant compte dans un rapport spécial, estimait que pratiquement le but recherché avait été atteint. Les amorces ayant été laissées deux mois en place, le nombre de celles qui furent retrouvées au bout de ce laps de temps fut très minime par rapport à la quantité qui avait été posée (10 % à peine). È

Sans doute, toutes ne furent pas mangées par des renards. Beaucoup ont été dévorées ou grignotées par des souris, des oiseaux de proie, des limaces. D’autres sont demeurées cachées sous des feuilles ou se sont décomposées sur place.

Néanmoins et rien que dans les forèls soumises au régime forestier, on put relever, en deux mois, les cadavres de 119 renards, 11 blaireaux et 2 chats sauvages. Mais il est évident que le nombre des renards qui ont été empoisonnés fut de beaucoup supérieur aux chiffres donnés. A la fin de la période envisagée, la plupart des terriers semblaient abandonnés et l’on rencontrait beaucoup moins de coulées qu'auparavant.

L'on a eu à constater la mort de quelques chiens qui avaient erré en forêt, mais aucun accident d'aucune sorte n’a été signalé.

Malgré ces résultats probants, dans une première relation de l’épizootie que nous rédigions en 1926, nous réservions expressément l'avenir, écrivant que si la destruction des renards par le poison avait donné de bons résultats dans la lutte contre la contagion, il était excessif d'espérer qu'elle suflirait à la supprimer complètement. En fail, l’'empoisonnement des bêtes puantes n'ayant pas été à nouveau eflectué en 1927, l'épizootie s'est prolongée tout au long de cette année-là où huit cas furent signalés encore, pour n'être jugulée, définitivement cette fois, semble-t-il, qu’au printemps de 1928.

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