ACTION DES AGENTS CHIMIQUES
Nombre de savants ont étudié l’action d’une foule de substances chimiques sur le virus rabique en dépit de la difficulté qui se présente pour ce genre d'expérience, par suile de l'extrême sensibilité du cerveau aux antiseptiques, alors que la seule voie d'introduction pour donner la rage à coup sûr est la voie cérébrale.
Il faut remarquer, de plus, que les résultats obtenus par les diftérents auteurs, opérant avec les mêmes agents chimiques, ont été souvent très variables et ne sont que bien difficilement comparables du fait, en grande partie, de la multiplicité des procédés mis en œuvre et des dilutions employées.
Certains expérimentateurs (de Blasi el Russo TFravali, Cell) se sont bornés à déterminer en combien de temps une solution titrée d’un acide, d’une base ou d’un sel déterminés était capable in vitro de détruire le virus.
Dans une première série d'expériences, ces savants italiens mélangeaient à 1 c.c. d’une émulsion de bulbe rabique 2 c.c. du liquide
antiseptique et pratiquaient l’inoculation du mélange dans la cavité péritonéale de lapins et de cobayes. Ceux-ci prénaient d'autant moins la rage que le virus rabique est incapable, comme nous le verrons plus loin, introduit par cette voie, de donner la rage sauf à des doses énormes, car il se trouve dans le péritoine très rapidement détruil.
Aussi les auteurs ont-ils repris leurs recherches en inoculant cette fois les mélanges virus-substance chimique dans le cerveau.
Des constatations de de Blasi et Russo Travali, il résulte que l’acide phénique et l’azotate d'argent sont de mauvais antiseptiques pour le virus rabique, le jus de citron manifestant au contraire un pouvoir rabicide accusé.
Celli montre que l'alcool à 709 qui détruit la virulence de la partie filtrée, conserve pendant 24 heures la virulence de l'émulsion non filtrée. Ÿ
Sertolli et Stefanelli étudiant l’action désinfectante de la formaline sur le virus rabique ont vu qu'une solution de formaline à 5 pour 100 mélangée à parties égales avec une émulsion de virus fixe neutralisait complètement celui-ci soit in vitro, soit dans la cornée.
Claudio Fermi utilise la grande réceptivité des souris et des rats à l’inoculation sous-cutanée de virus rabique. Il possédait un virus fixe donnant la rage aux souris par injection sous-cutanée dans 100 pour 100 des cas. Ainsi il a pu étudier méthodiquement l'action sur ce virus de nombreux agents chimiques qui n'auraient pu être inoculés par la voie du cerveau. Il a recherché dans ces conditions pour quelles doses minima el maxima d’une substance chimique une émulsion à 1/10€ de virus fixe pouvait être détruite en 15° de contact avec elles.
En opérant par Comparaison avec un grand nombre de Corps, il a pu établir que l’action des acides organiques : acétique, lactique, citrique étail toujours sensiblement identique et que si la destrucüon du virus rabique s’exerçait dans des solutions de ces acides titrant 1/675, le virus fixe résistail en revanche à une solution à 1 /1.300.
L'acide salicylique s'est montré un peu plus actif, mais il est des acides minéraux, tels que l'acide chlorhydrique et l'acide sulfurique qui sont beaucoup plus énergiques puisque, pour ce dernier, il suffit d'une dilution à 17/20.200 pour détruire le virus qui ne peut résister que lorsque la dilution de l'acide est étendue à 1 /40.200.
Fermi a vu de même que le fluorure de sodium est plus actif que le permanganale de polasse el que de toutes les substances essayées c'est le chlorure de sodium qui s’est révélé comme ayant le plus faible
pouvoir rabicide (1/8) plus faible encore que l’eau oxygénée pourtant peu agissante (active à 1 /20, inactive à 1 /25). Le chloroforme exerce également une action assez faible (actif
à 1/67, inactif à 1/130).
Au contraire, le sublimé est le corps qui atténue le plus fortement le virus rabique. Dans les essais de Fermi, il s'est montré actif à 1/135.000 et inactif à 1 /260.000,
Babès et Talaseseu ont vérifié le faible pouvoir rabicide de l'acide phénigue, des moelles immergées dans de l'eau ou dé la glycérine additionnée de 0,5 pour 100 d'acide phénique conservant leur virulence. De même, un mélange de moelle filtrée sur papier .Fnseph avec 1 pour 100 d'acide phénique conserve sa virulence pendant plusieurs heures et pendant 15° à 30° lorsque la proportion d'acide phénique passe à 5 pour 100.
Cependant l'on observe que la même moelle rabique, en contact 15° avec la solution de Gram perd son activité.
Pour Fermi, l'acide phénique en dilution à 1/420 détruit en un quart d'heure le virus rabique et cette substance n’exerce aucune action en dilution à 1 /520.
D’après quelques chercheurs, l’activité de l’'émulsion non filtrée mélangée avec l’antiseptique s’est conservé plus longtemps. Mais les travaux de Babès et Bobès ont montré que le virus fixe n'était point détruit par une solution à 1 pour 100 d’acide phénique au rebours de ce qu’affirmait Fermi (1). Ces recherches ont été confirmées par les résultats obtenus en 1911 par Sawtschenko lequel a également constaté qu'une solution d'acide phénique, variant de 0,5 à 5 pour 100 ne tue pas le virus rabique, même après un contact prolongé.
Les faibles propriétés atténuantes de l'acide phénique à l'égard du virus rabique ont reçu une application pratique dans la préparation des vaccins phénolés utilisés pour la première fois en 1907 par Fermi dans la prévention de la rage. A la suite de Fermi qui utilisait un produit participant à la fois d’un séro-vaccin et d’un vaccin phénolé, plusieurs auteurs parmi lesquels l'on doit citer Umeno et Doi, Eichhorn et Lyon, Kondo, Puntoni, Finzi ont, avec des techniques diverses, employé des vaccins phénolés.
Ainsi qu'a pu l'écrire le professeur Vallée, aucune méthode de vaccination n’a fait jusqu'alors l’objet d'aussi larges applications aux animaux que celle fondée sur l’usage des vaccins phénolés, le
(1) Babès, Traïlé de la rage, p. 448.
procédé mis en œuvre par Umeno et Doi ayant fourni au Japon de très heureux et très probants résultats.
L'action atténuante du formol sur le virus rabique a été étudiée en particulier par Plantureux qui l'utilise pour l'obtention d’un vaccin antirabique de longue conservation et dépourvu de toute malfaisance.
Bokai el Szilagyi montrent qu'une dilution même faible de chlore est un neutralisant extrêmement puissant, 10 gouttes de la solution de chlore dans 10 grammes d’eau distillée détruisant en quelques instants le pouvoir nocif d’une émulsion nerveuse. La solution de Brome (20 gouttes d’eau bromée dans 10 grammes d’eau) a les mêmes effets.
Selon Bokai l'acide borique à 4 pour 100 neutralise en 15 minutes la virulence rabique, une dilution de permanganate à 1 pour 100 la neutralise en 20 minutes. +
L'action de l’éther éthylique sur le virus rabique a été étudiée par P. Remlinger. L’encéphale d’un lapin mort à la suite d’une inoculation de virus fixe est immergé dans l'éther sulfurique contenu dans un petit flacon pot ban. L'on voit que la perte de la nocivité de la substance nerveuse s'effectue lentément en allant de la périphérie vers le centre.
Après 60 heures de séjour dans l’éther, les couches superficielles des hémisphères cérébraux sont devenues complètement inoftensives pour la dure-mère du lapin et du cobaye et il est facile de suivre, dans l'épaisseur de la substance cérébrale, la disparition graduelle de la virulence, les parties les plus centrales perdant leur virulence pour la dure-mère en moyenne au bout de 120 heures pour un encéphale du poids moyen de 8 grammes.
Dès 1919, Remlinger utilisait ces propriétés atténuantes de l'éther vis-à-vis du virus rabique à la vaccination des herbivores. Ses recherches ont élé confirmées de divers côtés el appliquées en particulier par Finzi et Rondelli à la vaccinalion des herbivores domestiques, par J. Baïlly à la préservation, avec un succès complet, de 4 chevaux et de 2 mulets gravement mordus.
À. Marie s'est livré aussi à de nombreuses recherches sur l'action des agents chimiques sur le virus fixe en étudiant tout particulièrement l'influence de la glycérine, de l'alcool à 959, de la soude, de l'acide phénique neigeux, du bichlorure de mercure, de l'acide chlorhydrique, de l'acide acétique, du bleu de méthylène, de la lécithine, de la cholestérine et de la papaïne,
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